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Le Manifeste de SY.RIZ.A .Les objectifs de notre programme

Le Manifeste de SY.RIZ.A . Les objectifs de notre programme

traduction : Manolis Makridakis , Emmanuel Kosadinos et Frederique BouvierSans titre

Le programme que nous constituons est le résultat d’un processus continu qui implique tous les secteurs d’action de SYRIZA-FSU ainsi que tous ceux et celles qui y participent. Des sections de notre organisme politique, des commissions parlementaires de contrôle de l’action gouvernementale, des acteurs sociaux, des spécialistes et chercheurs, mais aussi chaque personne intéressée, contribuent, par leurs connaissances et leur labeur, à repérer des questions restées ouvertes ainsi que des problèmes réels pour lesquels nous ne disposons pas encore de réponses prêtes, tout en menant sur ces mêmes sujets des enquêtes de fond qui alimentent de façon constante les organes de SYRIZA-EKM par des idées et propositions élaborées

.

Ces élaborations ont abouti à la configuration d’un ensemble d’objectifs pour le combat, intrinsèquement liés. Ces objectifs peuvent être formulés succinctement sous forme d’intitulés, en tant que devoirs, mais également en tant qu’engagements tactiques et stratégiques de SYRIZA-FSU et des forces politiques qui militent ensemble sur la même ligne.

Ainsi, nous, SYRIZA-FSU et les forces politiques qui militons ensemble, nous nous devons :

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1. Dresser le bouclier de protection sociale qui permettra d’éviter la catastrophe humanitaire. Qu’il n’y ait pas un seul citoyen sans revenu minimum vital, sans soins ou sans protection sociale, sans accès aux biens basiques. Qu’il n’y ait pas un seul enfant qui ait faim, qu’il n’y ait aucun ménage qui perde son domicile, qu’il n’y ait pas de chômeur sans indemnités de chômage.

2. Annuler les mémorandums ainsi que leurs lois d’application dans le Parlement même où ils ont été votés, pour les remplacer par un plan national de redressement économique et social et de reconstruction productive, par le renforcement de secteurs industriels sélectionnés ainsi que de l’agriculture scientifique, qui intègrera dans son cadre autant un équilibre budgétaire socialement juste que la renaissance culturelle du pays. La mise en œuvre de ce projet pansera les plaies infligées aux travailleurs et aux couches populaires et rétablira progressivement les conditions de la sécurité de l’emploi et de décentes conditions de vie, avec des salaires et des pensions de retraite correspondants.

3. Renégocier les accords de prêt, en acceptant comme donne fondamentale que la question de la dette publique est un problème paneuropéen et non pas strictement grec. En rajoutant comme donne supplémentaire, que nous ne permettrons jamais que le pays se transforme en colonie de la dette, le but de la renégociation se doit être l’effacement de sa majeure partie alors que la partie restante doit être remboursée, après une période de grâce, en termes plus justes et avec une clause associant le taux de remboursement au taux de croissance de l’économie. Il existe l’éventualité qu’au cours de la renégociation des menaces soient prononcées ou même des chantages, concernant la cessation des financements, la sortie de l’euro, ou d’autres. Mais, comme nous avons bien voulu le résumer par le mot d’ordre que nous avons lancé – qu’il n’y aurait « aucun sacrifice pour l’euro » – pour nous la priorité absolue est l’évitement de la catastrophe humanitaire et la satisfaction des besoins sociaux, non pas l’assujettissement à des obligations contractées par d’autres qui ont placé le pays sous hypothèque. Par conséquent, nous nous engageons de faire face à de telles menaces ou chantages avec toutes sans exception les armes que nous pourrons mobiliser, tout en étant prêts à affronter jusqu’au pire des dénouements. Nous sommes certains qu’en tel indésirable cas de figure le peuple grec nous soutiendra sans réserves.

4. Parvenir à traiter de manière efficace et socialement juste les déficits budgétaires et à instaurer l’équilibre, en favorisant le développement sécure pour l’environnement et la redistribution. En ce sens, il est nécessaire que les salaires et les dépenses sociales, plutôt que de baisser, augmentent progressivement, tandis que les recettes de l’Etat parallèlement augmentent. L’objectif peut être atteint à travers l’imposition – il est grand temps – de la richesse, des bénéfices nets, des hauts revenus, du grand patrimoine immobilier et du patrimoine de l’Eglise et, bien sûr, à travers la croissance de la production primaire. Il est de ce fait nécessaire de rédiger un registre exhaustif des patrimoines privés qui concernera les biens mobiliers et immobiliers de chaque contribuable [de l’Etat grec], domiciliés en Grèce et à l’étranger, d’établir le cadastre national et de mettre en place un système fiscal stable, favorable à la classe des travailleurs, redistributif et juste, dans lequel chaque citoyen sera imposable selon son revenu réel total et sa capacité de contribuer à l’impôt. La réduction étudiée de dépenses militaires et la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale, contre la fraude aux contributions sociales, contre la corruption et la contrebande de toutes sortes, conjointement aux résultats des efforts pour le rapatriement des dépôts bancaires selon des règles claires et justes apporteront d’importantes ressources supplémentaires.

5. Créer les conditions pour le redressement productif et écologique du pays avec comme critères de mesure l’emploi et la couverture des besoins sociaux. Le programme détaillé correspondant devra concerner l’ensemble du pays, mais également se spécialiser par secteurs d’activité et par région. Les formes autogérées et coopérativistes, les petites et moyennes entreprises et les activités entrepreneuriales innovantes qui contribuent au bénéfice public seront aidées, selon des règles stables et socialement justes, de sorte à ce qu’elles puissent prospérer. Les ressources nécessaires au développement seront obtenues, comme nous l’avons expliqué, grâce à un nouveau système fiscal, radical et juste, grâce à la lutte contre l’économie parallèle dans son ensemble et, bien entendu, grâce à l’exploitation, écologiquement responsable, des richesses de la nature et du sous-sol du pays ainsi que par la croissance de la production primaire. En définitive, un peuple uni, qui ressent que les efforts qu’il fournit ne sont pas perdus, qui bénéficie d’un nouveau système de redistribution primaire des revenus, et qui constate que les impôts qu’il paye sont utilisés à bon compte et de façon transparente, pour sa propre prospérité, peut accomplir de grandes choses : le moral collectif devient lui-même une très puissante force de production.

6. Placer le système bancaire sous propriété et contrôle publics, et introduire des changements radicaux de son mode de fonctionnement et des objectifs qu’il sert aujourd’hui, en renforçant le rôle des employés et des déposants. Nous devons créer des banques publiques à buts spécifiques : crédit rural, petites et moyennes entreprises, logement social.

7. Suspendre les privatisations et le pillage de la richesse publique, ramener sous contrôle public les entreprises stratégiques privatisées ou en voie de l’être, tout en les réorganisant entièrement, de sorte à façonner un secteur public d’un genre nouveau, fort, productif, efficace et ouvert aux partenariats, en toute transparence et sous contrôle populaire prenant une forme adaptée, loin de la logique de l’étatisme et du clientélisme.

8. Restaurer et renforcer l’Etat social et contribuer à la démocratisation de toutes ses actions et fonctions : protection de l’emploi, des chômeurs, de la sécurité sociale, des soins de santé, de la protection sociale. Nous devons garantir totalement le fonctionnement des hôpitaux publics et dès lors, conserver et développer un système de santé public de grande qualité, accessible à tous, au centre et à la périphérie du pays. Nous devons garantir totalement le fonctionnement des écoles et des universités publiques et dès lors, consolider et développer l’enseignement public et gratuit à tous les niveaux, de la crèche aux études de troisième cycle.

9. Abolir toutes les règlementations et structures étatiques d’exception mises en place au nom de la dette, en accordant priorité à la politique face à l’économie et à la légalité face à la finalité. Nous devons abolir les actes législatifs autoritaires et répressifs et remodeler en profondeur le système politique en éliminant systématiquement tout foyer de corruption et de collusion d’intérêts, en respectant scrupuleusement le principe de séparation des pouvoirs ainsi que la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et en rétablissant un fonctionnement intègre et efficace des institutions qui s’y rattachent. Nous devons rehausser la structure démocratique et le fonctionnement des institutions représentatives, tant au niveau de l’administration centrale que de l’administration locale, en y introduisant des formes de démocratie directe et des instances de contrôle ouvrier et social, à tous les échelons. Les points d’articulation entre le mouvement social, les objectifs du programme politique, les institutions particulières et le gouvernement, sont sous tension permanente, qui doit se résoudre à travers l’exercice systématique de la démocratie véritable et en termes d’objectifs stratégiques. La révision de la Constitution vers plus de démocratie et la refondation cohérente de la République font partie de nos objectifs.

10. Transformer radicalement le fonctionnement de l’administration publique et de l’administration locale en établissant la démocratie, la transparence et la méritocratie, indépendamment d’idéologies et d’opinions politiques, en réprimant sans relâche la collusion d’intérêts, la corruption, le clientélisme partidaire, les passe-droits qui sont endémiques aux sommets de l’Etat, dans certains secteurs de l’administration locale, divers foyers au sein du service public, tout en introduisant en parallèle le concept et la pratique de planification démocratique et de contrôle social à tous les niveaux de l’administration centrale et locale. Aujourd’hui, la majorité des fonctionnaires et des agents des services publics et des collectivités locales sont asphyxiés. L’instauration de ce nouveau cadre revitalisera le potentiel latent, catalysera les initiatives, générera des innovations et consacrera le pouvoir public comme le véritable levier de la reconstruction démocratique du pays.

11. Soutenir par tous les moyens adéquats l’enseignement, l’éducation populaire, la recherche scientifique, toutes les formes d’art et la culture en général. Ces domaines constituent par eux-mêmes des forces de production, particulièrement dans un pays avec notre histoire, et, en même temps, ils font germer la pensée libre et critique, ils contribuent à la connaissance de soi et font naître les idées innovantes dont a besoin une société pour avancer. La culture, au sens plus large, doit constituer un axe majeur de la politique d’un gouvernement de la Gauche.

12. Lutter contre les discriminations fondées sur l’origine ethnique, la religion, la couleur, le handicap, l’âge, l’orientation sexuelle ou le sexe qui se répandent dans de nombreux domaines de la vie sociale – l’emploi, l’éducation, le logement, la santé, la protection sociale – et garantir la modification du cadre législatif qui légitime, directement ou indirectement, ces discriminations. La lutte contre l’exclusion sociale des Rom, victimes de discriminations raciales quotidiennes et qui constituent peut-être le groupe social le plus en proie à l’injustice et l’exclusion en Grèce, s’inscrit dans cette même ligne. La reconnaissance légale concomitante des droits sociaux politiques et humains est un point essentiel pour l’organisation démocratique de notre société. Elle contribue à combattre l’homophobie, les stéréotypes sexistes, les relations patriarcales et le conservatisme social, tandis qu’elle constitue un front de lutte contre les idées et les comportements nazis. Allant dans le même sens, la séparation entre Eglise et Etat peut assurer l’impartialité envers toutes les religions et l’exercice, égalitaire pour tous, de la liberté du culte, comme droit humain fondamental.

13. Faire face à la question de l’immigration dans sa complexité et ses dimensions multiples. Les grands flux migratoires sont le résultat de la mondialisation néolibérale capitaliste qui déracine les êtres humains de leurs foyers, soit parce qu’ils sont victimes des guerres qu’elle provoque, soit parce qu’elle les prive des moyens essentiels de survie. Les immigrés économiques et les réfugiés politiques sont les nouveaux Damnés de la Terre. Notre peuple connait bien ce phénomène car il l’a vécu au cours des décennies qui ont suivi la guerre civile, mais également aujourd’hui, à travers les vagues d’immigration causées par les mémorandums. De plus, du fait de son emplacement géographique et de la frilosité servile avec laquelle les gouvernements du bipartisme ont signé le règlement « Dublin II », notre pays se trouve à l’épicentre des nouvelles grandes vagues d’immigration, et le paye par un coût disproportionné. Tout cela signifie que cette question est essentiellement internationale et qu’elle devrait être traitée comme telle. Nous exigeons le changement immédiat de la politique migratoire européenne, par l’abolition du règlement « Dublin II » et du Pacte Européen sur l’Immigration et l’Asile pour que les migrants et les réfugiés piégés dans notre pays puissent repartir s’ils ne souhaitent pas y demeurer. Il est en outre nécessaire de rendre humain le cadre juridique pour la régularisation des séjours, l’obtention du droit d’asile et de documents de voyage aux migrants et aux réfugiés, le juste traitement pour ceux qui travaillent, il est nécessaire de démanteler les réseaux criminels, dont les sommets sont généralement occupés, non par des migrants ou des réfugiés, mais par le crime organisé autochtone, parfois appuyé par des relations « haut placées ». Le trafic d’armes et de drogue, la prostitution, le trafic d’êtres humains, le travail sous conditions d’esclavage, les marchands de sommeil, constituent des questions à traiter par les services de l’état et les forces de sécurité, lesquelles, formées selon les principes démocratiques et exclusivement dédiées à leur domaine de compétence, pourront enfin jouer le rôle qui donnera une réelle consistance à leur appellation, rôle qui assurera également un rythme de vie serein pour tous, surtout au sein des quartiers aujourd’hui dévalorisés des grandes villes.

Promouvoir la nécessité et revendiquer, par tous moyens adéquats, la subversion de la forme actuelle d’intégration européenne, de la construction actuelle de l’euro et de la logique néolibérale qui régit la monnaie unique, de sorte à refonder globalement le devenir Européen dans la voie de la justice sociale et du socialisme. A travers le parti de la Gauche Européenne, notre action au Parlement Européen et les forums européens et internationaux, nous collaborons avec d’autres forces de gauche et nous développons des relations chaleureuses de solidarité combative avec ces forces politiques et mouvements sociaux qui, dans différents pays d’Europe et d’ailleurs, abordent les choses d’une manière analogue à la nôtre. Nous avançons déjà dans le sens de la coordination des luttes. Ces relations doivent être renforcées, et il est nécessaire que soient prises de nouvelles initiatives et que les avancées soient coordonnées de façon plus efficace.

14. Restructurer sur de nouvelles bases la défense et la sécurité du pays, des résidents et des citoyens, en acceptant comme donne que les peuples n’ont rien à séparer, et selon une acception qui identifie le national et le patriotique à l’authentiquement populaire. Libres de toutes menaces ou convoitises, actuelles ou futures, de la part d’autres Etats, et constamment prêts à faire face à d’éventuels périls, nous serons en mesure de déterminer pacifiquement et démocratiquement notre avenir et celui de nos enfants.

15. Développer une intégration d’un nouveau type au devenir mondial, à travers une politique étrangère indépendante, multidimensionnelle et pacifique, fondée sur notre souveraineté nationale et la protection de notre intégrité territoriale. Nous avons conscience que la Grèce, tout en étant un pays européen, est aussi un pays des Balkans et de la Méditerranée, en proximité étroite avec des sources de tension permanente que sont les pays du Proche-Orient. Cette réalité complexe présente des risques, mais offre également des opportunités. Les liens d’amitié et les relations de bon voisinage avec tous sans exception les pays, fondés sur le respect des frontières et des droits souverains, et les relations cordiales avec les mouvements et gouvernements progressistes partout dans le monde, peuvent constituer un bouclier de protection face à une situation mondiale extrêmement instable, mais également une force d’intervention pacifiste au niveau des tensions internationales qui se développent. Le soutient à la République de Chypre pour la résolution du problème chypriote, le respect des conventions internationales et des résolutions de l’ONU, le désengagement de l’OTAN, le démantèlement des bases militaires étrangères, l’annulation de la coopération militaire avec Israël, porteuse du danger immédiat d’impliquer le pays dans les conflits militaires du Proche Orient, ainsi que l’application du principe « aucun soldat grec présent sur des terrains de guerre hors des frontières du pays », constituent les axes de notre politique étrangèr.

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Question d’Alexis Tsipras au Parlement grec au sujet du retrait du projet de loi antiraciste.

Question d’Alexis Tsipras ,president de SY.RIZ.A FSU[1] au Parlement grec au sujet du retrait du projet de loi antiraciste.

Le leader de SYRIZA, Alexis Tsipras, a déposé une question d’actualité adressée au Ministre de la Justice au sujet du retrait du projet de loi antiraciste, par laquelle il invite Monsieur Roupakiotis à informer le Parlement s’il y a eu accord des trois partis soutenant le gouvernement dans cette action et qui sont ceux – et pour quelle raison – qui ont pris l’initiative du retrait du projet de loi.
Le texte intégral de la question d’actualité est le suivant :
Question d’actualité adressée à Monsieur le Ministre de la Justice

Sujet: «Retrait du projet de loi antiraciste»

Le retrait du projet de loi sur la lutte contre le racisme et la xénophobie marque un recul par rapport aux engagements internationaux du pays et par rapport à l’obligation de défense des droits démocratiques et humains. Le texte du projet de loi et l’exposé des motifs qui a été rendu public se rapportent explicitement à la Convention Internationale de l’ONU et à la décision du Conseil de l’Union européenne. Il devait  en plus être intégré à la législation du pays dès 2010. Parce qu’il n’y a pas de justification sérieuse à cette action contre un projet de loi qui concerne l’intolérance et la violence raciste,

nous adressons la question suivante à Monsieur le Ministre:

Tous les trois partis qui participent au gouvernement  ont donné leur accord à cette décision? Qui sont ceux – et pour quelle raison – qui ont pris l’initiative du retrait du projet de loi en passant outre le ministre concerné? Quand le ministère de la Justice soumettra-t-il à nouveau le projet de loi à un débat public? Quelles mesures le ministre concerné prendra-t-il afin de protéger de façon efficace, politiquement et juridiquement, le pays contre la violence raciste et la haine envers toute différence?

Le député auteur de la question, Alexis Tsipras.

Traduction Frédérique Bouvier et Nikos Graikos

http://left.gr/news/erotisi-al-tsipra-sti-voyli-gia-tin-aposyrsi-toy-antiratsistikoy-shedioy-nomoy


[1] Front Social Unitaire

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Combien de points de suture peuvent tenir sur un visage d’enfant ?, par Ada Psarra

Combien de points de suture peuvent tenir sur un visage d’enfant ? par Ada Psarra

publié  al’origine sur   http://initiativegrecqueaparis.wordpress.com

source : http://www.efsyn.gr/?p=49734, traduit et annoté par Vicky Skoumbi.

A peine un mois après l’agression des immigrés de Manolada, des travailleurs saisonniers dans le Péloponnèse, qui le 17 avril dernier se sont faits tirés dessus, à coups de fusil, parce qu’ils demandaient  le paiement de leurs salaires, impayés depuis 6 mois, avec comme résultat une trentaine de blessés, le 6 mai un jeune de quatorze ans se fait tailladé le visage une trentaine de fois par un escadron de l’Aube Dorée (les nazis grecs) à Athènes en plein jour. Le jeune Afghan, victime de cette agression terrifiante, s’est présenté au Bureau de traitements de violences racistes de la police grecque pour déposer plainte et il y a failli être arrêté et expulsé vers son pays par la police sous prétexte qu’il n’avait pas de papiers ; son expulsion n’a pu été évitée qu’in extremis grâce à l’intervention du Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU. L’expulsion de victimes d’agressions racistes est une pratique courante de la police grecque qui vise à protéger les agresseurs (nazis ou d’extrême droite), très souvent en connivence avec la police, et dont le procès  ne pourra pas avoir lieu faute de témoins. C’est aussi une mesure prohibitive qui interdit aux migrants sans-papiers de faire appel à la police lorsqu’ils subissent des agressions racistes. Le Réseau du recensement de violences racistes dans son rapport annuel de 2012 a constaté une escalade des violences avec 154 victimes d’agressions racistes recensés et au moins trois morts dans cette même année. Ces chiffres très inquiétants en soi, sont bien en deçà de la réalité. Car un nombre incalculable de victimes renoncent à se faire connaître par peur de représailles ; elles n’osent pas parler en craignant de perdre leur travail, ou de se trouver en camps  de détention administrative ou encore d’être expulsés.

C’est l’histoire d’un jeune Afghan de quatorze ans qui est venu en Grèce avec sa mère en vue d’une vie meilleure ; il a essayé de partir pour la Suisse où vit son frère mais il a été rattrapé par une Section d’Assaut qui l’a marqué à vie, qui a marqué sa vie.

Trente points de suture sur un visage d’enfant, résultat d’une violence raciste aveugle. Un garçon de quatorze ans qui n’avait rien fait, qui tout simplement existait, a été la cible de la sauvagerie nazie d’une énième section d’assaut.

Il était arrivé en Grèce avec sa mère et son rêve était de partir loin de l’horreur. Le jeune Afghan s’apprêtait de partir avec sa mère pour la Suisse où se trouve son frère. Puisque la légalité stricte ne laisse pas de place pour de tels rêves à un enfant du Tiers Monde, la seule voie possible est l’obtention moyennant argent d’une place tant convoitée sur un avion.

Le jeune avait été séparé de sa mère, dans la mesure où l’organisateur de leur fuite, pour de raisons évidentes,  les avait placés dans des groupes différents. Le groupe de la mère a embarqué et est parti, tandis qu’elle-même était convaincue que le jeune avait déjà embarqué auparavant. Finalement le jeune n’a pas eu cette chance et a été interpellé à l’aéroport où,  après avoir été retenu pendant une vingtaine de minutes au commissariat, il a été libéré à la suite de quoi il a pris le métro pour partir. Il est rentré à la maison où il habitait avec sa mère et d’autres familles afghanes réfugiées à Athènes.

Ce qui revient à dire que les policiers ont lâché dans la nature un enfant de quatorze ans sans défense, sans que personne ne daigne s’intéresser de savoir où il pouvait aller et comment se fait-il qu’il se trouve séparé de ses proches. Le jeune a essayé de se débrouiller tout seul et retrouver un point de contact et l’après-midi de lundi dernier vers 17h30 il est  sorti du métro Plateia Attikis pour rentrer à l’endroit où il logeait. A un certain moment il a compris qu’il était suivi et il a reçu un coup brusque à l’épaule. Il se retourné et il a vu trois hommes habillés en noir.

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« Les T-shirts portaient un sigle avec deux lauriers qui se rejoignaient vers le bas et au centre une autre figure [il s’agit de l’emblème de l’Aube Dorée composée d’une couronne de laurier qui entoure un méandre] » a dit le jeune. Ces hommes lui ont demandé en grec d’où il vient et ont réclamé ses papiers ; une fois que lui a dit qu’il vient d’Afghanistan un d’eux lui a donné un coup de pied et l’a fait tombé par terre. Ensuite les trois assaillants ont brisé une bouteille de bière sur son visage et ils l’ont tailladé. Le jeune perdant beaucoup de sang s’est évanoui et fut transporté à l’hôpital par un passant. Là on a cousu ses plaies, on lui donné une ordonnance et l’ont laissé partir.

Ce qui veut dire que même l’hôpital, les médecins qui l’ont soigné n’ont pas pris la peine de savoir où va aller un enfant portant trente points de suture au visage, blessé et terrorisé. Peut-être la surcharge de travail, peut-être la fatigue, voire l’indifférence ont fait que l’enfant a été délaissé tout seul (a été lâché dans la nature). Trois hôpitaux étaient de garde ce jour-là. Le jeune avec ce que lui restait comme argent  a acheté les médicaments prescrits à la pharmacie mais ne savaient pas comment s’en servir. Heureusement il avait entendu parler par un compatriote de Médecins du Monde et il savait qu’ils ont un dispensaire au centre-ville où il s’est rendu deux jours plus tard.

L’enfant était si marqué au visage et si terrorisé que même les médecins qui ont affaire à des cas pareils tout le temps sont restés sans voix. Ils l’ont immédiatement pris en charge, lui ont donné les médicaments nécessaires et se sont adressés au Procureur pour des enfants non-accompagnés ; ils ont aussi prévenus les siens pour qu’ils envoient tous les papiers nécessaires pour la procédure légale de la réunion familiale. L’enfant est actuellement sous la protection du Procureur et de Médecins du Monde [qui ont un foyer pour les refugiés mineurs] et le sourire qui s’esquisse sur son visage laisse apparaître un espoir renouvelé de pouvoir vivre un peu mieux. Il dit qu’il est très optimiste et il a bon espoir de pouvoir rejoindre bientôt sa mère et son frère.

Nous attendons la suite : le prochain enfant, femme ou homme qui se trouveront sur le chemin des anonymes assassins en noir, tandis que le gouvernement – et pas seulement lui- continuera de se poser de questions sur les clauses de la loi antiraciste[1] et de se demander si il va enfin appliquer les conventions internationales qu’il a signées. D’ici-là espérons que les Médecins du Monde continueront leurs efforts héroïques de prendre en charge les citoyens vulnérables malgré les menaces contre même leur propre intégrité physique.

PS. La seule raison de la publication de la photographie est de provoquer, même dans l’après-coup, la réaction des autorités mais aussi celle de tout homme civilisé contre ce phénomène de violence raciste extrême.


[1] Un projet de loi antiraciste qui avait pour but de rendre la législation grecque conforme aux Conventions Internationales que le pays a déjà signées ainsi qu’au cadre législatif de l’Union Européenne a été retiré à la dernière minute en vue d’un remaniement qui  vise à restreindre son champ d’application. Il est toujours objet de tractations entre les composantes du gouvernement triparti et plus particulièrement entre les diverses tendances de la droite grecque, la tendance dure, soutenue par des conseillers du premier ministre, ne souhaitant pas mécontenter l’Aube Dorée (les nazis grecs) avec qui ils envisageraient une coalition officieuse ou officielle. Notons que la perspective d’une telle loi avait en partie freiné  l’activité criminelle de l’Aube Dorée tandis que son retrait, ne serait-ce que provisoire, constitue un encouragement implicite à ces activités. Voirhttp://www.unhcr.gr/1againstracism/govt-freezes-anti-racism-bill-for-reassessment/

Ici le témoignage de la victime (en afghan sous-titré en grec) http://www.unhcr.gr/1againstracism/%CE%B4%CE%B5%CE%BA%CE%B1%CF%84%CE%B5%CF%84%CF%81%CE%AC%CF%87%CF%81%CE%BF%CE%BD%CE%BF%CF%82-%CE%B1%CE%BD%CE%AE%CE%BB%CE%B9%CE%BA%CE%BF%CF%82-%CE%B8%CF%8D%CE%BC%CE%B1-%CF%81%CE%B1%CF%84%CF%83%CE%B9/

 Article publié  a l’origine sur   http://initiativegrecqueaparis.wordpress.com

Grèce : Le PCF soutient les enseignants face à l’autoritarisme du gouvernement Samaras

Grèce : Le PCF soutient les enseignants face à l’autoritarisme du gouvernement Samaras

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Source:http://www.pcf.fr/40067

Une fois de plus, le gouvernement grec, dirigé par Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie, droite, soutenu par le Pasok et la gauche démocratique) veut criminaliser les protestations populaires qui s’expriment en Grèce. Cette fois, c’est aux enseignants qu’il s’en prend. Alors qu’ils ont déclenché, depuis le 13 mai, un mouvement mêlant grève particulièrement suivie, manifestations et actions d’explication, les enseignants ont reçu des ordres de réquisition. Le gouvernement argue qu’en période d’examen d’entrée à l’université, leurs actions seraient des « prises d’otage » des élèves. Il oublie toutefois que, cette année, des classes n’ont pas pu ouvrir, des cours n’ont pu avoir lieu faute d’enseignants et de moyens.

Cette casse de l’enseignement est la voie que poursuit le gouvernement, avec l’appui de la troïka. Afin d’atteindre les objectifs de déficits publics, il multiplie les coupes dans les dépenses publiques. Conséquences : hausse des heures travaillées pour les professeurs fonctionnaires, multiplication du nombre d’écoles dans lesquelles ils doivent exercer, mutation forcée de 4000 enseignants au mépris de leurs vies personnelles, et non-renouvellement de 10 000 temps partiels sous contrat.

Non content d’utiliser l’arme anti-démocratique de la réquisition, le gouvernement joue les briseurs de grève et veut criminaliser le mouvement en menaçant d’arrêter les enseignants qui participeraient à la grève prévue à partir de vendredi 17 mai. C’est une grave dérive autoritaire qui se produit, une fois de plus, en Grèce, basée sur une déformation du droit constitutionnel. En effet, selon la Constitution grecque, l’adoption de ce type de mesures ne peut avoir lieu qu’en cas de trouble à l’ordre public, de catastrophe naturelle ou de menace sanitaire.

Le PCF apporte son soutien aux enseignants qui se battent pour un avenir meilleur en Grèce, une éducation pour tous, et des conditions de travail décentes.

Gilles Garnier, responsable Europe du PCF

 

Η 5η Μάη με την γαλλική Αριστερά στην Βαστίλη .Με τις σκούπες να διώξουμε λιτότητα και τρόικες.

Η  5η Μάη με την γαλλική Αριστερά στην Βαστίλη .Με τις σκούπες να διώξουμε λιτότητα και τρόικες , του Βαγγέλη Γούλα

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Να διώξουμε τις πολιτικές λιτότητας και τους διεφθαρμένους  και αδίστακτους  εμπνευστές και εκτελεστές των οδηγιών της τρόικας ,με το σκουπόξυλο .Η 5η Δημοκρατία έκανε τον κύκλο της ,εμπρός για την 6η δημοκρατία ,να μπει ένα τέλος στον συγκεντρωτισμό των  προεδρικών εξουσιών στην  διαφθορά και στα προνομία των διαφόρων μικρών μοναρχών .

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Ναι ,καλά ακούσατε ,με τις σκούπες και με τα σκουπόξυλα επ’ ώμου  διαδήλωσαν πολλοί από τους 180000 χιλιάδες κόσμου που βρέθηκαν αυτήν την Κυριακή 5η Μάη  στο Παρίσι δίνοντας το πάρων στο ενωτικό κάλεσμα της γαλλικής αριστεράς και πρωτίστως του μετώπου της Αριστεράς μέρος του ποιου είναι το Κομμουνιστικό Κόμμα Γαλλίας και το Κόμμα της Αριστεράς του Ζαν Λυκ Μελανσόν.

Αξιοσημείωτη η παρουσία διαφόρων ηγετικών στελεχών  των Οικολόγων Πρασίνων-που συμμετέχουν στην κυβέρνηση Ολαντ – μεταξύ των όποιων και η υποψήφια στις προεδρικές εκλογές του 2012 Έβα Ζολί , ευχάριστη έκπληξη η παρουσία του  ΝΠΑ και του Ολιβιέ Μπεσανσνό.

Για πρώτη φόρα σε πολιτική διαδήλωση είδαμε την  παρουσία πολυάριθμων συνδικαλιστών, εργαζομένων  στις επιχειρήσεις που αγωνίζονται εναντία στις  απολύσεις , στις  επιχειρήσεις που απειλούνται με κλείσιμο και που μάχονται για να μην περάσουν οι νέες συλλογικές συμβάσεις εργασίας  που θα αποτελέσουν ταφόπλακα για τα εργασιακά δικαιώματα   τις  νέες συλλογικές συμβάσεις εργασίας  που ψήφισαν κάποια από τα μειοψηφούντα συνδικάτα με τις ευλογιές της κυβέρνησης και του Μεντέφ[i].

180 000 άνθρωποι στην επέτειο της 5ης Μάη 1789 ,επέτειο της πρώτης εθνοσυνέλευσης και της ανακήρυξης του πρώτου κοινοβουλίου του κυριάρχου Λαού ,και ουσιαστικά το άνοιγμα μιας προεπαναστατικής περιόδου προδρομος της επανάστασης της 14 Ιουλίου.

5η Μάη 2013 ο κυρίαρχος λαός ξαναπαίρνει την Βαστίλη ,

Εικόνες που σου έδιναν την εντύπωση μιας παλλαϊκής  ειρηνικής ,εξέγερσης . Ακριβώς περί αυτού επρόκειτο και η ανακοίνωση της Αστυνομίας του Παρισιού περί  παρουσίας 30.000 ατόμων στην πορεία την στιγμή που μονό η πλατειά της Βαστίλης χωρά 75000 άτομα και χωρίς να υπολογίσουν και τους γύρω δρόμους όπου κυριολεχτικά γινόταν το αδιαχώρητο ,μονό ειρωνικά σχόλια για το κομματικό κράτος που έχει εγκαταστήσει ο Ολαντ μπορούσε να αποφέρει. Πόσο μάλλον όταν παραδοσιακά η αστυνομία αρνείται να δώσει νούμερα για τις κομματικές συγκεντρώσεις .Τι άλλαξε άραγε και τι φοβούνται οι σύγχρονοι ολιγάρχες των διαπλεγμένων συμφερόντων και οι πολιτικοί που τους προσκύνησαν και έχουν γίνει υπηρέτες μιας οικονομικής ολιγαρχίας ;

Ο κυρίαρχος Λαός αποφάσισε να πάρει την κατάσταση στα χεριά του . Όταν η αδικία γίνεται νόμος ,Χρέος του κάθε πολίτη η Αντίσταση .Ο γαλλικός λαός την 6 Μάη 2012 έκανε την επιλογή του και καταδίκασε ξεκάθαρα τις πολιτικές που επί πέντε καταστροφικά χρονιά εφήρμοσε  ο Νικόλας Σαρκοζί   .Ψηφίζοντας Ολάντ ζήτησε την αλλαγή αυτής της πολίτικης ,Οι ψηφοφόροι της Αριστεράς , οι οικολόγοι πράσινοι ,οι βάση των σοσιαλιστών ,όλος αυτός ο κόσμος ψήφισε για την δημιουργία ενός ισχυρού αριστερού πόλου μιας πλειοψηφίας από τα αριστερά για να αλλάξει η πολιτική της λιτότητας  των Σαρκομερκελιστων.

Αντί αυτού εδώ και ένα χρόνο βιώνει την συνέχιση ακριβώς της ίδιας πολίτικης που επέβαλε με την Ευρωσυνθηκη για την δημοσιονομική σταθερότητα ο Σαρκοζύ και η Μερκελ, συνθήκη που επικύρωσε και προήγαγε σε Ευαγγέλιο ο Φρανσουά Ολάντ. Στην κεντρική προλογική του ομιλία ,Ένα χρόνο πριν διακήρυττε :Ο εχθρός μου δεν έχει ούτε πρόσωπο ούτε διεύθυνση ,ο εχθρός μου είναι το οικονομικό σύστημα των κερδοσκόπων και των φορολογικών παραδείσων ,…καμιά γαλλική τράπεζα δεν θα πρέπει να έχει παρουσία σε φορολογικούς παραδείσους  τα στόκ όψιονς θα πρέπει να απαγορευτούν.

Πρόσφατο παράδειγμα της συνέπειας των κολλητών του πρόεδρου στην μάχη κατά της διαφθοράς είναι η περίπτωση Κάουζακ , Υπουργού Προϋπολογισμού και η παραίτηση του έπειτα από τις κατηγορίες που απήγγειλε ο εισαγγελέας για φοροδιαφυγή και  ξέπλυμα μαύρου χρήματος από δραστηριότητες σε φορολογικούς παραδείσους.

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Από την άλλη οι τραπεζίτες συνεχίζουν  αδιάλειπτα το φαγοπότι χορηγώντας στους εαυτούς τους πλούσιες μισθολογικές αυξήσεις ,ακόμα κι όταν τα κέρδη των τραπεζών τους καταρρέουν .Γιορτάσουν μάλλον τις επιδόσεις σε άλλους τομείς ( off-shore), όπως το άνοιγμα παραρτημάτων στους φορολογικούς παραδείσους .Χαρακτηριστικό το παράδειγμα της τράπεζας Bnp Paribas όπου το αφεντικό της έδωσε στον εαυτό του 2,87 εκ Ευρώ μισθό ποσό που αντιστοιχεί σε μια αύξηση  42% ενώ τα κέρδη της τράπεζας είχαν αύξηση μόλις 8% ! H τράπεζα αυτή όμως άνοιξε πέρυσι 217 υποκαταστήματα σε φορολογικούς παραδείσους ανά τον κόσμο.

Οι ψηφοφόροι στις Προεδρικές εκλογές δεν ψήφισαν τον Ολαντ για να κυβερνήσει με την δεξιά πλευρά των «σοσιαλιστών». Δεν ψήφισαν για ακόμη περισσότερες φορολογικές ελαφρύνσεις στους πλούσιους ούτε για 10 εκατομμύρια ευρώ δώρο στις επιχειρήσεις χωρίς κανένα χειροπιαστό αντάλλαγμα . όλα αυτά ενώ οι τηλεόραση και τα παπαγαλάκια της ,οι Μιντιακράτες προσπαθούν με μια συντονισμένη επιχείρηση να μας πείσουν ότι είναι το κόστος εργασίας κόστος  του ανθρωπινού δυναμικού που είναι υπεύθυνο για  την μείωση της παραγωγής και τις μείωση των θέσεων εργασίας και όχι το κόστος του κεφαλαίου ,τα μερίσματα που καρπώνονται  οι μέτοχοι αντιπροσωπεύουν τώρα το 9% του πλούτου αντί για το 3% το 1992 .

Ο κόσμος της αριστεράς που ψήφισε -μην έχοντας άλλη επιλογή- τον Ολάντ στον δεύτερο γύρο των προεδρικών ζητούσε κοινωνική δικαιοσύνη .Ζητούσε την αμνήστευση των συνδικαλιστών που είχαν καταδικαστεί σε εξοντωτικά πρόστιμα και ποινές φυλάκισης . « Αγωνιστές και όχι κακοποιοί » το σύνθημα .Οι κοινωνικοί αγώνες δεν   ποινικοποιούνται . Με εξαίρεση τον Σαρκοζί όλοι μέχρι τώρα πρόεδροι της γαλλικής δημοκρατίας χορήγησαν αμνηστία στους διωκόμενους συνδικαλιστές. Ένας από αυτούς καταδικάστηκε σε  2000 χιλιάδες ευρώ πρόστιμο και 2 μήνες φυλάκιση με αναστολή γιατί πετώντας ένα αυγό κατάφερε να   τραυματίσει 9 αστυνομικούς . Κι ενώ ο Ολαντ είχε υποσχεθεί στην αρχή αμνηστία υπέκυψε στις πιέσεις των βιομηχάνων ως συνήθως δικαιώνοντας το παρατσούκλι Ολανδρέου  .

Με δεδομένη την επιτάχυνση της οικονομικής πολιτικής και κοινωνικής κρίσης το  Μέτωπο της Αριστεράs ανέλαβε την ευθύνη να διοχετεύσει σε μια δημιουργική αριστερή και προοδευτική  διέξοδο τον δικαιολογημένο θυμό του κόσμου .

Η μεγάλη επιτυχία της συγκέντρωσης της 5ης Μάη  φυσικά και δεν μπορεί να χρεωθεί μονό στο το Μέτωπο της Αριστεράs και τον Μελανσόν ,πιστώνεται  όμως και αυτός ένα μεγάλο μερίδιο .Κι ενώ τα διελεγχόμενα μίντια είχαν ήδη -σαν τα όρνεα πάνω από τις σάρκες της σοσιαλδημοκρατίας-αρχίσει να υφαίνουν σενάρια συγκατοίκησης Σοσιαλιστών και δεξιάς με ολίγο από Λεπέν σε μια κυβέρνηση εθνικής ενότητας –ρούχο πολυφορεμένο τελευταία στην Ευρώπη –η παρέμβαση του Μελανσόν ήταν καθοριστικής σημασίας. Βλέποντας το αδιέξοδο της πολίτικης του Ολάντ και του Πρωθυπουργού του Ζαν Μάρκ Ερό δηλώνει ότι ,  « αν δεν μπορείτε εσείς ,ναι μπορούμε εμείς » ,η χωρά έχει ήδη εκλεγμένη προοδευτική πλειοψηφία στο κοινοβούλιο και κανένας από τους σοσιαλιστές ,πράσινους και αριστερούς δεν έχει εκλέγει χωρίς την ψήφο του άλλου . Ο ίδιος λοιπόν δηλώνει πάρων και πρόθυμος να αναλάβει ως Πρωθυπουργός  σχηματίζοντας μια κυβέρνηση αριστερής ενότητας να βγάλει την χωρά από την κρίση με μια στροφή πολίτικης 180° προς τα αριστερά .Αν δεν μπορείτε εσείς ,μπορούμε εμείς και δεν έχουμε την πολυτέλεια να περιμένουμε μια τετραετία για τις Επόμενες προεδρικές εκλογές ».Το μπαλάκι στον Ολάντ που μέρα με την μέρα κατρακυλά στις δημοσκοπήσεις  να αποφασίσει αν διορίζοντας τον Ζαν Λυκ Μελανσον πρωθυπουργό θα πάει προς μια αριστερή διέξοδο από την κρίση σε ένα λαϊκό Μέτωπο ή θα βυθιστεί και ο ίδιος μασά σε μια συγκυβέρνηση εθνικής ενότητας με ακροδεξιά ατζέντα Λεπέν. Η απόφαση στον Ολαντ άλλα και στους χιλιάδες αριστερούς ψηφοφόρους του που κατεβαίνουν στους δρόμους για να του πουν …αρκετά δεν σε ψηφίσαμε γι αυτό.

Η απάντηση ήλθε από τον πρωθυπουργό του Ολαντ ,Ζαν Μάρκ Ορό, λίγες ώρες μετά την διαδήλωση Κυριακή βραδύ ο οποίος ούτε λίγο ούτε πολύ με μια προβοκατόρικη ανακοίνωση υποστήριξε ότι δεν υπάρχει λιτότητα, είναι κατασκεύασμα και προπαγάνδα των κομμουνιστών και του Μελανσόν. Ανακοίνωσε επίσης νέα μέτρα για την στήριξη της ανταγωνιστικότητας μεταξύ των όποιων την μείωση του ποσοστού των μετοχών που έχει το  κράτος σε μεγάλες επιχειρήσεις στρατηγικής σημασίας ,κοινώς ιδιωτικοποιήσεις και ξεπούλημα του δημόσιου. Τελικά την τελευταία λέξη θα την πει ο λαός . Όλοι στους δρόμους , η κινητοποίηση της 5ης Μάη ήταν χωρίς προηγούμενο ,άλλα όχι χωρίς συνέχεια .

Το Μέτωπο της Αριστεράς έχει πρόταση εξουσίας και πρόκειται για ένα πέρασμα στην 6η Γαλλική δημοκρατία μέσα από μια βαθιά  τομή ,εναντία στους θεσμούς  και στον συγκεντρωτισμό της 5ης δημοκρατίας που εγκαθίδρυσε ο  Στρατηγός Ντε Γκώλ το 1958 πριν από τον πόλεμο της Αλγερίας και που δίνει απεριόριστη  εξουσία σε έναν άνθρωπο απολυτή ασυλία κατά την διάρκεια της θητείας του  και απαλλάσσει των εύθηνων  τους πολλούς  επίσης συνεργάτες του που συμπεριφέρονται σαν μικροί μονάρχες. Ένα πέρασμα προς την 6η δημοκρατία με την δημιουργία ενός ξεχωριστού κοινοβουλίου του όποιου οι  εκλεγμένοι δεν θα έχουν  πότε εκλέγει σε οποιαδήποτε άλλη θέση με αποκλειστική αρμοδιότητα να νομοθετούν σε συνεργασία με τις λαϊκές συνελεύσεις με τον λαό να νομοθετεί , να εγκάλει να ακυρώνει οποιαδήποτε στιγμή  την θητεία των επιόρκων πολιτικών μέσα από δημοψήφισμα. Το σκάνδαλο Κάουζακ  και η αναστολή της κοινοβουλευτικής συζήτησης του σχεδίου νόμου που προσέβλεπε να θέσει όρια στην ασυδοσία των τραπεζών με δραστηριότητες σε φορολογικούς παραδείσους μας δείχνει ότι δεν ήταν μια προσωπική υπόθεση διαφθοράς άλλα πρόκειται περί  συνολικής αποτυχίας του συστήματος .

Για μια 6η δημοκρατία με νέα πρότυπα, με την προώθηση του  εθελοντισμού δημιουργώντας ενεργούς πολίτες μέσα από την ενασχόληση τους με τις συλλογικότητες   ,κατοχυρώνοντας το  δικαίωμα στην απασχόληση και την εργασία, στην υγεία, στην κατοικία, στην εκπαίδευση, την κοινωνική προστασία. Θεσπίζοντας ένα πράσινο κανόνα τις οικολογίας αντί του χρυσού κανόνα τις οικονομίας που η Γερμανική μπουρζουαζία θέλει να επιβάλει  στην Ευρώπη.Εναντία στις πολιτικές της  λιτότητας για να γίνει  η αρχή και το πρώτο βήμα για μια εξέγερση  των πολιτών  για μια 6ηΔημοκρατία που θα επιδιώξει να διευρύνει τη βάση των δικαιωμάτων για την επέκταση λαϊκής κυριαρχίας  και την προώθηση της κοινωνικής δημοκρατίας.  Με μια αριστερά που θα κινητοποιεί την κοινωνία βάζοντας μπροστά τον Άνθρωπο. Και  για να θυμηθούμε μια ρήση του Μακιαβέλι « Το καλύτερο φρούριο των τυράννων είναι η αδρανοποίηση του Λαού»

Για να ρίξουμε την δικτατορία των αγορών θα πρέπει οι λαϊκές μάζες να μπουν σε κίνηση. Το πρώτο βήμα έγινε με την συμμετοχή  180000 πολιτών την 5η Μάη στο πάρσιμο της Βαστίλης.

Οι φίλοι και τα μελή του Σύριζα Παρισιού άλλα και η βουλευτής του ΣΥΡΙΖΑ ΕΚΜ Βασιλική Κατριβάνου βρεθήκαμε  εκεί μαζί με την Ευρωπαϊκή Αριστερά συμμετέχοντας σ’ αυτήν την προσπάθεια και ζήσαμε από κοντά ιστορικές στιγμές.Η Τ.Ο ΣΥΡΙΖΑ Παρισιού θα συνεχίσει να παίρνει πρωτοβουλίες που συμβάλουν στην ενδυνάμωση των κοινών αγώνων για την ανατροπή των μνημονίων και των πολιτικών λιτότητας σε ολόκληρη την Ευρώπηκαι για να διώξουμε την κυβέρνηση των υποτακτικών τις τρόικας στην Ελλάδα ,η συνεχεία και το επόμενο ραντεβού την 1η Ιουνίου ήμερα πανευρωπαϊκών κινητοποιήσεων κατά τις λιτότητας .Κρατάμε λοιπόν τις σκούπες παρά-πόδα.

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[i] Ο σύνδεσμος βιομηχάνων και επιχειρήσεων που είναι εισηγμένες στο Χρηματιστήριο (CAC.40)

Appel de SYRIZA-PARIS à la manifestation du 5 mai

Appel de SYRIZA-PARIS à la manifestation du 5 mai

 

 

L’action de SYRIZA (coalition de la Gauche Radicale)-Front Social Unitaire ne se limite pas aux frontières de la Grèce. SYRIZA-FSU a déjà pris et continuera à prendre d’importantes initiatives internationales dans le cadre de l’Europe mais pas seulement. Ces initiatives n’ont pas pour seul but de faire connaître ses positions, sa politique et la situation en Grèce. Ces initiatives visent également à contribuer à la lutte commune des peuples contre le capital européen et international, à la coordination de ces luttes. Nous devons transformer la Gauche en facteur essentiel dans l’objectif d’un véritable changement.

SYRIZA vise à transformer radicalement le fonctionnement de l’administration publique et des collectivités locales par la démocratie, la transparence et la méritocratie, indépendamment de toute préoccupation idéologique ou politique, en réprimant sans relâche la collusion, la corruption, le clientélisme, les passe-droits endémiques au sommet de l’Etat, de certaines collectivités locales et de nombreux services publics, tout en introduisant à tous les niveaux la notion et la mise en pratique de la planification démocratique et du contrôle social.

SYRIZA met en avant la nécessité de revendiquer, par tous les moyens appropriés, une remise en question de la construction actuelle de l’Europe, de l’architecture de l’euro et de la logique néolibérale qui régit la monnaie unique, dans le dut d’une refonte globale du devenir européen vers la voie de la justice sociale et du socialisme. Par notre action dans le sein du Parti de la Gauche Européenne et au Parlement Européen et dans toutes les instances européennes et internationales, nous collaborons avec d’autres forces de gauche, notamment le Front de Gauche en France et nous développons des relations fraternelles avec les forces politiques et les mouvements sociaux de différents pays d’Europe et d’ailleurs pour coordonner les luttes communes. Ces relations doivent être renforcées, de nouvelles initiatives doivent être prises et des avancées doivent être accomplies afin que cette coordination soit réalisée de façon plus efficace.

C’est pourquoi SYRIZA-FSU appelle à manifester le dimanche le dimanche 5 mai pour une 6e République en France, pour un véritable changement, pour un pas décisif vers la fin des politiques Merkeliennes en Europe et du fardeau de l’austérité qui menace  la démocratie.

Nous, militants de SYRIZA-Paris, nous participerons à la manifestation du 5 mai et nous vous donnons rendez-vous  à 13H à la Bastille, (coté droit des escaliers de l’Opéra Bastille) 

Il est grand temps de mettre l’humain devant la finance en France, en  Grèce, en Europe. Nous y serons !

https://www.facebook.com/events/163419817152001/

Indymedia, la droite fascisante et Samaras, par Aris Chatzistefanou

Indymedia, la droite fascisante et Samaras, par Aris Chatzistefanou

Adonis Georgiades (ex LAOS) - Antonis Samaras - Makis "la hâche" Voridis (ex LAOS)

Adonis Georgiades (ex LAOS) – Antonis Samaras – Makis « la hâche » Voridis (ex LAOS)

Le site internet Athens Indymedia a été récemment fermé puis ré-ouvert, après un passage via la plateforme Tor. Régulièrement mise en cause et attaquée, depuis des années, notamment par l’extrême droite, la plateforme indépendante a fait l’objet d’une attention particulière ces dernières semaines. Le porte parole du groupe parlementaire du parti d’Antonis Samaras, sur twitter, avait d’ailleurs félicité le ministre de l’ordre public, N. Dendias, pour la fermeture du site. Et l’histoire montre que les tentatives de museler et décrédibiliser (voir infiltrer) Indymedia sont légion. Retour sur « Indymedia, la droite fascisante et Samaras », par Aris Chatzistefanou, auteur du site InfoWar et co-réalisateur de Debtocracy et Catastroïka.

Il semblerait que le gouvernement Kouvelis – Venizelos – Samaras ait décidé de donner une suite favorable à une revendication de longue date de la droite fascisante et néonazie, avec cette nouvelle tentative de museler Indymedia. Au moment où de grandes stations émettant sur des fréquences publiques sont transformées en porte-paroles d’Aube Dorée, le gouvernement s’attaque à toute voix s’opposant à la fascisation des médias grecs attachés au mémorandum.

Cela vaut la peine de rappeler un ancien article de l’équipe d’Ios qui révèle qui étaient les premiers à avoir demandé la fermeture de cette source d’information indépendante :

«Une première campagne contre Athens Indymedia a été lancée par les médias électroniques à l’automne 2002, dans le cadre de la campagne « antiterroriste » coordonnée qui accompagna le démantèlement de l’organisation « 17Ν ». Le site, qui se démarquait de la « lubricité terroriste » hystérique qui prévalait alors, a conduit à des vociférations demandant sa fermeture, notamment après la manifestation massive du 1er octobre. »

À cette même période, l’on nota également la tentative d’ « infiltration » menée par la police, dans Indymedia : prétendant être un admirateur qui « souhaitait proposer quelques idées », le chef du service de lutte contre le crime électronique de la police hellénique, Manos Sfakianakis, a tenté d’entrer en contact avec les membres de l’équipe de rédaction. Malheureusement, l’agent (pas tellement expérimenté, à l’époque) oublié de « supprimer » les traces de sa véritable identité des courriels sous pseudonyme qu’il envoyait. Ainsi, l’on se rendit compte de ce qui se passait et, évidemment, il fut au cœur des commentaires peu flatteurs sur internet.

La campagne actuelle a commencé dès l’assassinat du jeune Grigoropoulos. Le 8 décembre, alors que toute la Grèce était sous le coup des manifestations particulièrement dynamiques contre la violence policière et le gouvernement Karamanlis, le site d’extrême droite de l’ « Association patriotique Thermopyles » révéla que le serveur d’Indymedia était accueilli dans le système de l’EMP (Université technique d’Athènes). Le lendemain, parut le site « spécialisé » « Stop-Indymedia » qui fut suivi du groupe du même nom, sur Facebook. Le 10 décembre, l’association « Thermopyles » publia les noms, numéros de téléphone et courriels de professeurs et employés de l’EMP, invitant le public à « protester » et à exiger la fermeture du « site des anarchistes ». Ensuite, la relève fut prise par les députés du LAOS.

Le rapport entre l’entreprise de censure et la répression policière du soulèvement des jeunes est évident. « Les administrateurs et les usagers [sic] d’Athens Indymedia ont violé les dispositions de la Constitution hellénique relatives à l’incitation à la violence et aux incidents contre leurs concitoyens » prétend la déclaration de création de Stop-Indymedia, tandis que le texte en langue étrangère du même site (en anglais, français, espagnol, italien et….serbe) proclame que les « troubles marqués en Grèce, en décembre dernier, ont révélé le véritable visage de l’extrême Gauche, un visage fait de violence, de terrorisme et de vandalisme».

Pour arguments auxiliaires, l’on mobilise le « caractère antinational » de l’ennemi (qui « souhaite l’abolition totale de l’armée, parce que quelques-uns de leur compagnons évitent le service militaire et sont des lâches » et « prétend qu’il existerait des soi-disant ‘minorités ethniques’ en Grèce »), ainsi que l’artillerie lourde : Indymedia, apprenons-nous, « est accusé par les USA, l’Italie et la Grande-Bretagne de soutenir des actes terroristes et l’antisémitisme »!

Une logique de col blanc, visible à l’œil nu, parcourt enfin ces arguments. Il n’y pas que Panagiotis Doumas qui cite, comme preuve incontestable, l’information selon laquelle « pour la direction de la police, Indymedia est le KEPIK (Centre des communications) de l’anarchie et du terrorisme, en Grèce » (journal « Eleftheros Kosmos» -Monde libre- du 5 juillet 2009). L’accueil réservé par Stop-Indymedia au mouvement de Taliadouros n’est pas moins explicite : « Si le vice-ministre de l’éducation nationale estime bon de demander des explications auprès du Recteur de l’EMP, il est évident qu’il y a une raison, qu’elle soit juridique ou constitutionnelle. À moins que d’aucuns ne contestent les intentions du Ministre lui-même » (10.2).

De l’ «infiltration» au «réseau»

Le caractère d’extrême droite de tout ce mouvement est incontestable. Les bureaux de l’association « Thermopyles » furent inaugurés en 2004 par Kostas Plevris qui était l’intervenant de 7 sur 46 évènements qui y eurent lieu. (Suivent : Voridis, avec 4 participations, et Adonis Georgiads, avec 3 participations. Le fils Plevris, Georgalas, Karathanos, Kalenteridis, Thymios Papanikolaou et l’attaché de presse de Meimarakis, Nikos Hidiroglou, comptent 1 participation, chacun). Ainsi que révéla dans l’édition numérique d’«Ε» le collègue Babis Polychroniadis (6 février 2009), l’adresse et le numéro de téléphone de l’association « Thermopyles » sont les mêmes que ceux de LAOS dans le quartier de Peristeri, à Athènes, tandis que Stop-Indymedia publie les textes écrits par la même personne qui rédige ceux de l’ « Observatoire des accords de merde » («Παρατηρητήριο των Συμφωνιών του Κώλου»), un site « humoristique » nauséabond, révélateur du niveau intellectuel du camp.

L’ (auto)présentation de la dernière conférence de Plevris est révélatrice des orientations idéologico-politiques des persécuteurs d’Indymedia (31 mai 2009) : « Dans la salle pleine à craquer de l’association », lisons-nous, l’intervenant « tempétueux [sic], une fois n’est pas coutume, fit impression à l’audience » en proclamant que « le peuple Grec sera appelé, un jour, à choisir entre une Grèce sans Démocratie ou une Démocratie sans Grèce ». Et, bien entendu, « fut applaudi avec enthousiasme par le public ».

Outre le fait d’être adeptes d’une « Grèce sans Démocratie », les persécuteurs d’Indymedia se distinguent également pour cette « incitation à la violence » dont ils accusent leur cible. Les sites dont Stop-Indymedia fait la publicité débordent, p.ex., d’incitation à l’élimination physique des « traitres anti-hellènes », des « fascistes de gauche», et ainsi de suite.

Enfin, la reproduction et la promotion de certains textes extrémistes ou provocateurs (p.ex., l’éloge de meurtres de policiers) que des utilisateurs anonymes ont « poussés » dans Indymedia mais qui ont été très rapidement retirés par les administrateurs) relève de la blague. Le « KEPIK de l’anarchie » est ainsi accusé au titre de textes publiés non pas sur son site mais sur ceux qui en demandent la fermeture !

L’ «exploitation » de l’anonymat d’Indymedia par l’extrême droite locale, à ses propres fins sombres, est de l’histoire ancienne. La preuve ? La « dispute de catins » historique entre (entre autres) des cadres dirigeants du « domaine », qui fut lancée sur une page de discussion d’Indymedia, en 2003, et qui se poursuit jusqu’à nos jours (http://athens.indymedia.org/front.php3?lang=el&article_id=149283).

Il semble que le récent développement de la « blogosphère » marque le tournant pour l’abandon (partiel) du site anti-pouvoir par ses fans d’extrême droite. Le président des jeunes du LAOS se targuait ainsi, récemment, dans le journal « A1 » (du 27 septembre 2008) que le « secteur création » de son organisation « coordonne un réseau de bloggeurs à cause desquels le journal Eleftherotypia et d’autres médias ‘amis’ en voient de toutes les couleurs, du fait de la présence des ‘méchants’ sur la toile grecque».

Bien entendu, le parti de Karatzaferis ne fait absolument pas preuve d’originalité dans la mobilisation de ses formes « spontanées d’expression personnelle » pour faire passer sa propagande grise. La même approche est adoptée par des instances de l’état officiel. Rappelons simplement la célèbre rencontre entre Dora Bakoyiannis et un groupe de bloggeurs au ministère des affaires étrangères au sujet de la promotion plus efficace de « nos thèses nationales » (16 avril 2008). [...]

L’immunité pour cible

Mais, revenons-en à Indymedia. L’approche adoptée par ses persécuteurs, une approche procédurière qui consiste à focaliser sur l’utilisation « extra-universitaire » du réseau de l’EMP, ne peut pas occulter le contenu profondément politique du conflit. D’ailleurs, ce même réseau sert également les sites internet des groupes politiques d’étudiants ou d’autres instances, sans que personne n’en soit dérangé.

De commun aveu, la présence du site par l’intermédiaire de l’EMP ne vise pas à éviter le coût financier (environ 80 euros par mois, somme ridicule pour un site dont les utilisateurs permanents se comptent par milliers et qui reçoit plusieurs dizaines de milliers de visites par jour), mais à la protection accrue que l’immunité (« asile ») académique assure au serveur.

«Qu’Indymedia paie pour un serveur, pour que les autorités puissent le fermer sans se cacher derrière le Recteur et l’ « asile » de l’EMP», précise, par exemple, sans détours, le site de « Thermopyles »  » (8 février 2009). « L’existence de l’asile rend possible l’impunité, même si des actes criminels sont perpétrés, tels que l’offre de données personnelles », explique Polatidis pour sa part (12 juillet). Le même raisonnement est développé par le compagnon de pensée Greek Alert (9 juillet 2009),dans un texte qui, le jour-même, est reproduit sur le site de « Resalto».

D’ailleurs, après le « KEPIK des anarchistes », c’est le tour d’autres sites internet, indésirables pour les défenseurs autoproclamés de la nation et de la (ô, combien, démocratique ?) « légitimité ».

Dès les premiers appels extrajudiciaires d’OTE (organisme des télécommunications de Grèce), l’association « Thermopyles » expliquait, par exemple, que « les établissements universitaires sont pleins de serveurs illégaux de sites anarchistes-gauchistes» (12 juillet). Qui plus est, elle cite des noms, des courriels et des numéros de téléphone des professeurs compétents et des employés, de toute évidence, pour les « rappeler à l’ordre » (8 juillet). Polatidis, quant à lui, du LAOS, déclarait clairement dans le journal « Eleftheros Kosmos » (12 juillet) que « tous les sites qui » (de son avis) « violent les clauses du contrat » conclu entre OTE et le Réseau national pour la recherche et la technologie « doivent être éloignés » et qu’il ne doit pas y avoir des « façons procédurières » visant à les remettre en route.

L’objectif final, précise le journal d’extrême droite qui a accueilli l’entretien, est l’élimination de la « présence dégoutante des sales types (NdT : littéralement « des types qui ne se lavent pas »…) et du pouvoir souterrain de la gauche dans les établissements universitaires». Si nécessaire, comme dirait le premier führer du domaine, dans une « Grèce sans Démocratie »…

Le profil du censeur en devenir

Quel genre de personnes sont celles qui exigent la fermeture d’Indymedia Athènes ? Éloignons-nous quelque peu des cadres connus de l’extrême droite locale et du « cercle patriotique » plus large, explorons le profil des ressources humaines de grade inférieur de ce mouvement contemporain pour la censure. Là-même, dans le « cyberespace » où circulent également les adeptes de l’horrible « KEPIK de l’anarchie».

Le groupe « Cadenas, maintenant, à Indymedia », créé sur Facebook, en tant que branche du site du même nom, dispose de 29 « responsables », au total. La quasi-totalité d’entre eux se sert de pseudonymes, mes les renseignements qu’ils donnent sur eux-mêmes sont révélateurs. L’on pourrait tirer des conclusions aussi intéressantes de l’étude de l’identité des 2.707 simples « membres » du groupe, mais pareille entreprise dépasse largement le cadre de cet article.

Un certain « Vassilis Makedonas » (Basile Macédonien) est l’« administrateur » du groupe. Il se déclare fan de personnalités telles que Nikos Galis (célèbre joueur de basket, dans les années 80) et le moine du Mont Athos Géron Païsios (« célèbre » pour ses prophéties…). Les sous-chefs seraient « Citoyen Hellène » et « Mihalis Giorgakis », dont les intérêts évoluent entre la zoophilie et Playboy. Parmi les trois autres « administrateurs », les deux ( « Le Grand administrateur » et « Basile Macédonien » – dont nous présumons qu’il s’agit d’une personne autre que le « Basile » précité) évitent de donner la moindre coordonnée quant à leur personnalité et leurs intérêts. Seul sont consultables les caractéristiques du troisième, qui signe en tant que « ADN hellénique » : également « adepte » du Géron Païsios mais aussi de Monica Belucci, de chantres populaires (Gonidis, Sfakianakis, Terzis), du site « Salonique et ça me plaît » et « ami » de l’organisation estudiantine du LAOS de l’Université de Crète.

Pour obtenir des versions plus politiques, il nous faut passer aux simples « responsables » (ou « officiers »). « Molon labè » a placer, à la place de sa photo, le sigle de l’Aube Dorée, tandis que «Ellinas Greek Antifasistas» donne, pour seul renseignement, son amitié avec « ADN hellénique». « Hellas Makedonia », quant à lui, se déclare simplement être fan du FC PAOK, tandis que « Périclès Patriote » cite, parmi ses « amis », « Giorgos Papadopoulos » (nom du chef des colonels de la junte/Avec photo du dictateur) et d’autres fascistes connus. Πνευματικότερες ανησυχίες προβάλλει ο «Rbn Hellas RadioAntistasi» met en avant des préoccupations plus intellectuelles en tant que « fan » de Nietzsche, de Yuko Mishima et d’une radio néonazie.

Par ailleurs, «Dexi extrême », qui affiche le sigle de la Nouvelle Démocratie à la place de sa photo, hésite entre les nombreuses versions du « champ du centre » : il se déclare « fan » tout autant de la ND que de l’Aube Dorée, de Berlusconi et de Putin. « Ethnikistis Kritikos » (« Crétois nationaliste »), de Rochester – New York, est aux prises avec des dilemmes similaires : « fan » de la DAP-NDFK (organisation estudiantine proche de la Nea Dimokratia), il n’hésite pas à utiliser pour photo le slogan de base de l’Aube Dorée («Ή Ελλάς ή Τέφρα» : La Grèce ou la Cendre). En outre, il a un « ami » de la jeunesse du LAOS à l’université Panteio d’Athènes, et adore le site « Ben, oui, nous sommes nés et mourrons Grecs ». «Greek Nationalist» semble plus posé quant à ses choix (il déclare clairement être pour l’Aube Dorée) tandis que «FOS PAPEI», proclame son adoration pour Karatzaferis, LAOS et les médias du parti ou qui soutiennent le parti.

« Sénon Kitieus », Chypriote Grec, soutient le DRASIS-KES d’extrême droite et, au lieu de sa tronche, place dans son profil la célèbre photo du jeune Palestinien qui lance des pierres contre un tank israélien. Fantasme quelque peu étrange pour un des « responsables » du groupe qui exige la sanction de tous ceux qui ayant commis le crime de « l’incitation à la violence et au vandalisme ». Toutefois, l’identité ethno-religieuse du tank semble autoriser quelque dérogation aux principes de « non violence ».

Toutefois, la star du spectacle c’est le « Loup Solitaire (Macédoine) » («Μοναχικός Λύκος (Macedonia)») et sa photo : un homme en cagoule, un M-16 automatique et un lanceur de grenades Μ-203 en mains, le drapeau grec et le célèbre « oiseau » (le phénix, « symbole » de la junte des colonels), à l’arrière-plan. De toute évidence, son âme sensible ne put point supporter la violence diffuse des évènements de décembre, et c’est pourquoi il est parti à la chasse sur la Toile…»

traduction : Christine Cooreman

sources : en français, http://www.okeanews.fr/20130427-indymedia-la-droite-fascisante-et-samaras-par-aris-chatzistefanou#axzz2Rec8uQRj

en grec, http://info-war.gr/2013/04/%CF%84%CE%BF-indymedia-%CE%B7-%CF%86%CE%B1%CF%83%CE%AF%CE%B6%CE%BF%CF%85%CF%83%CE%B1-%CE%B4%CE%B5%CE%BE%CE%B9%CE%AC-%CE%BA%CE%B1%CE%B9-%CE%BF-%CF%83%CE%B1%CE%BC%CE%B1%CF%81%CE%AC%CF%82/