Le Manifeste de SY.RIZ.A .Les objectifs de notre programme

Le Manifeste de SY.RIZ.A . Les objectifs de notre programme

traduction : Manolis Makridakis , Emmanuel Kosadinos et Frederique BouvierSans titre

Le programme que nous constituons est le résultat d’un processus continu qui implique tous les secteurs d’action de SYRIZA-FSU ainsi que tous ceux et celles qui y participent. Des sections de notre organisme politique, des commissions parlementaires de contrôle de l’action gouvernementale, des acteurs sociaux, des spécialistes et chercheurs, mais aussi chaque personne intéressée, contribuent, par leurs connaissances et leur labeur, à repérer des questions restées ouvertes ainsi que des problèmes réels pour lesquels nous ne disposons pas encore de réponses prêtes, tout en menant sur ces mêmes sujets des enquêtes de fond qui alimentent de façon constante les organes de SYRIZA-EKM par des idées et propositions élaborées

.

Ces élaborations ont abouti à la configuration d’un ensemble d’objectifs pour le combat, intrinsèquement liés. Ces objectifs peuvent être formulés succinctement sous forme d’intitulés, en tant que devoirs, mais également en tant qu’engagements tactiques et stratégiques de SYRIZA-FSU et des forces politiques qui militent ensemble sur la même ligne.

Ainsi, nous, SYRIZA-FSU et les forces politiques qui militons ensemble, nous nous devons :

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1. Dresser le bouclier de protection sociale qui permettra d’éviter la catastrophe humanitaire. Qu’il n’y ait pas un seul citoyen sans revenu minimum vital, sans soins ou sans protection sociale, sans accès aux biens basiques. Qu’il n’y ait pas un seul enfant qui ait faim, qu’il n’y ait aucun ménage qui perde son domicile, qu’il n’y ait pas de chômeur sans indemnités de chômage.

2. Annuler les mémorandums ainsi que leurs lois d’application dans le Parlement même où ils ont été votés, pour les remplacer par un plan national de redressement économique et social et de reconstruction productive, par le renforcement de secteurs industriels sélectionnés ainsi que de l’agriculture scientifique, qui intègrera dans son cadre autant un équilibre budgétaire socialement juste que la renaissance culturelle du pays. La mise en œuvre de ce projet pansera les plaies infligées aux travailleurs et aux couches populaires et rétablira progressivement les conditions de la sécurité de l’emploi et de décentes conditions de vie, avec des salaires et des pensions de retraite correspondants.

3. Renégocier les accords de prêt, en acceptant comme donne fondamentale que la question de la dette publique est un problème paneuropéen et non pas strictement grec. En rajoutant comme donne supplémentaire, que nous ne permettrons jamais que le pays se transforme en colonie de la dette, le but de la renégociation se doit être l’effacement de sa majeure partie alors que la partie restante doit être remboursée, après une période de grâce, en termes plus justes et avec une clause associant le taux de remboursement au taux de croissance de l’économie. Il existe l’éventualité qu’au cours de la renégociation des menaces soient prononcées ou même des chantages, concernant la cessation des financements, la sortie de l’euro, ou d’autres. Mais, comme nous avons bien voulu le résumer par le mot d’ordre que nous avons lancé – qu’il n’y aurait « aucun sacrifice pour l’euro » – pour nous la priorité absolue est l’évitement de la catastrophe humanitaire et la satisfaction des besoins sociaux, non pas l’assujettissement à des obligations contractées par d’autres qui ont placé le pays sous hypothèque. Par conséquent, nous nous engageons de faire face à de telles menaces ou chantages avec toutes sans exception les armes que nous pourrons mobiliser, tout en étant prêts à affronter jusqu’au pire des dénouements. Nous sommes certains qu’en tel indésirable cas de figure le peuple grec nous soutiendra sans réserves.

4. Parvenir à traiter de manière efficace et socialement juste les déficits budgétaires et à instaurer l’équilibre, en favorisant le développement sécure pour l’environnement et la redistribution. En ce sens, il est nécessaire que les salaires et les dépenses sociales, plutôt que de baisser, augmentent progressivement, tandis que les recettes de l’Etat parallèlement augmentent. L’objectif peut être atteint à travers l’imposition – il est grand temps – de la richesse, des bénéfices nets, des hauts revenus, du grand patrimoine immobilier et du patrimoine de l’Eglise et, bien sûr, à travers la croissance de la production primaire. Il est de ce fait nécessaire de rédiger un registre exhaustif des patrimoines privés qui concernera les biens mobiliers et immobiliers de chaque contribuable [de l’Etat grec], domiciliés en Grèce et à l’étranger, d’établir le cadastre national et de mettre en place un système fiscal stable, favorable à la classe des travailleurs, redistributif et juste, dans lequel chaque citoyen sera imposable selon son revenu réel total et sa capacité de contribuer à l’impôt. La réduction étudiée de dépenses militaires et la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale, contre la fraude aux contributions sociales, contre la corruption et la contrebande de toutes sortes, conjointement aux résultats des efforts pour le rapatriement des dépôts bancaires selon des règles claires et justes apporteront d’importantes ressources supplémentaires.

5. Créer les conditions pour le redressement productif et écologique du pays avec comme critères de mesure l’emploi et la couverture des besoins sociaux. Le programme détaillé correspondant devra concerner l’ensemble du pays, mais également se spécialiser par secteurs d’activité et par région. Les formes autogérées et coopérativistes, les petites et moyennes entreprises et les activités entrepreneuriales innovantes qui contribuent au bénéfice public seront aidées, selon des règles stables et socialement justes, de sorte à ce qu’elles puissent prospérer. Les ressources nécessaires au développement seront obtenues, comme nous l’avons expliqué, grâce à un nouveau système fiscal, radical et juste, grâce à la lutte contre l’économie parallèle dans son ensemble et, bien entendu, grâce à l’exploitation, écologiquement responsable, des richesses de la nature et du sous-sol du pays ainsi que par la croissance de la production primaire. En définitive, un peuple uni, qui ressent que les efforts qu’il fournit ne sont pas perdus, qui bénéficie d’un nouveau système de redistribution primaire des revenus, et qui constate que les impôts qu’il paye sont utilisés à bon compte et de façon transparente, pour sa propre prospérité, peut accomplir de grandes choses : le moral collectif devient lui-même une très puissante force de production.

6. Placer le système bancaire sous propriété et contrôle publics, et introduire des changements radicaux de son mode de fonctionnement et des objectifs qu’il sert aujourd’hui, en renforçant le rôle des employés et des déposants. Nous devons créer des banques publiques à buts spécifiques : crédit rural, petites et moyennes entreprises, logement social.

7. Suspendre les privatisations et le pillage de la richesse publique, ramener sous contrôle public les entreprises stratégiques privatisées ou en voie de l’être, tout en les réorganisant entièrement, de sorte à façonner un secteur public d’un genre nouveau, fort, productif, efficace et ouvert aux partenariats, en toute transparence et sous contrôle populaire prenant une forme adaptée, loin de la logique de l’étatisme et du clientélisme.

8. Restaurer et renforcer l’Etat social et contribuer à la démocratisation de toutes ses actions et fonctions : protection de l’emploi, des chômeurs, de la sécurité sociale, des soins de santé, de la protection sociale. Nous devons garantir totalement le fonctionnement des hôpitaux publics et dès lors, conserver et développer un système de santé public de grande qualité, accessible à tous, au centre et à la périphérie du pays. Nous devons garantir totalement le fonctionnement des écoles et des universités publiques et dès lors, consolider et développer l’enseignement public et gratuit à tous les niveaux, de la crèche aux études de troisième cycle.

9. Abolir toutes les règlementations et structures étatiques d’exception mises en place au nom de la dette, en accordant priorité à la politique face à l’économie et à la légalité face à la finalité. Nous devons abolir les actes législatifs autoritaires et répressifs et remodeler en profondeur le système politique en éliminant systématiquement tout foyer de corruption et de collusion d’intérêts, en respectant scrupuleusement le principe de séparation des pouvoirs ainsi que la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et en rétablissant un fonctionnement intègre et efficace des institutions qui s’y rattachent. Nous devons rehausser la structure démocratique et le fonctionnement des institutions représentatives, tant au niveau de l’administration centrale que de l’administration locale, en y introduisant des formes de démocratie directe et des instances de contrôle ouvrier et social, à tous les échelons. Les points d’articulation entre le mouvement social, les objectifs du programme politique, les institutions particulières et le gouvernement, sont sous tension permanente, qui doit se résoudre à travers l’exercice systématique de la démocratie véritable et en termes d’objectifs stratégiques. La révision de la Constitution vers plus de démocratie et la refondation cohérente de la République font partie de nos objectifs.

10. Transformer radicalement le fonctionnement de l’administration publique et de l’administration locale en établissant la démocratie, la transparence et la méritocratie, indépendamment d’idéologies et d’opinions politiques, en réprimant sans relâche la collusion d’intérêts, la corruption, le clientélisme partidaire, les passe-droits qui sont endémiques aux sommets de l’Etat, dans certains secteurs de l’administration locale, divers foyers au sein du service public, tout en introduisant en parallèle le concept et la pratique de planification démocratique et de contrôle social à tous les niveaux de l’administration centrale et locale. Aujourd’hui, la majorité des fonctionnaires et des agents des services publics et des collectivités locales sont asphyxiés. L’instauration de ce nouveau cadre revitalisera le potentiel latent, catalysera les initiatives, générera des innovations et consacrera le pouvoir public comme le véritable levier de la reconstruction démocratique du pays.

11. Soutenir par tous les moyens adéquats l’enseignement, l’éducation populaire, la recherche scientifique, toutes les formes d’art et la culture en général. Ces domaines constituent par eux-mêmes des forces de production, particulièrement dans un pays avec notre histoire, et, en même temps, ils font germer la pensée libre et critique, ils contribuent à la connaissance de soi et font naître les idées innovantes dont a besoin une société pour avancer. La culture, au sens plus large, doit constituer un axe majeur de la politique d’un gouvernement de la Gauche.

12. Lutter contre les discriminations fondées sur l’origine ethnique, la religion, la couleur, le handicap, l’âge, l’orientation sexuelle ou le sexe qui se répandent dans de nombreux domaines de la vie sociale – l’emploi, l’éducation, le logement, la santé, la protection sociale – et garantir la modification du cadre législatif qui légitime, directement ou indirectement, ces discriminations. La lutte contre l’exclusion sociale des Rom, victimes de discriminations raciales quotidiennes et qui constituent peut-être le groupe social le plus en proie à l’injustice et l’exclusion en Grèce, s’inscrit dans cette même ligne. La reconnaissance légale concomitante des droits sociaux politiques et humains est un point essentiel pour l’organisation démocratique de notre société. Elle contribue à combattre l’homophobie, les stéréotypes sexistes, les relations patriarcales et le conservatisme social, tandis qu’elle constitue un front de lutte contre les idées et les comportements nazis. Allant dans le même sens, la séparation entre Eglise et Etat peut assurer l’impartialité envers toutes les religions et l’exercice, égalitaire pour tous, de la liberté du culte, comme droit humain fondamental.

13. Faire face à la question de l’immigration dans sa complexité et ses dimensions multiples. Les grands flux migratoires sont le résultat de la mondialisation néolibérale capitaliste qui déracine les êtres humains de leurs foyers, soit parce qu’ils sont victimes des guerres qu’elle provoque, soit parce qu’elle les prive des moyens essentiels de survie. Les immigrés économiques et les réfugiés politiques sont les nouveaux Damnés de la Terre. Notre peuple connait bien ce phénomène car il l’a vécu au cours des décennies qui ont suivi la guerre civile, mais également aujourd’hui, à travers les vagues d’immigration causées par les mémorandums. De plus, du fait de son emplacement géographique et de la frilosité servile avec laquelle les gouvernements du bipartisme ont signé le règlement « Dublin II », notre pays se trouve à l’épicentre des nouvelles grandes vagues d’immigration, et le paye par un coût disproportionné. Tout cela signifie que cette question est essentiellement internationale et qu’elle devrait être traitée comme telle. Nous exigeons le changement immédiat de la politique migratoire européenne, par l’abolition du règlement « Dublin II » et du Pacte Européen sur l’Immigration et l’Asile pour que les migrants et les réfugiés piégés dans notre pays puissent repartir s’ils ne souhaitent pas y demeurer. Il est en outre nécessaire de rendre humain le cadre juridique pour la régularisation des séjours, l’obtention du droit d’asile et de documents de voyage aux migrants et aux réfugiés, le juste traitement pour ceux qui travaillent, il est nécessaire de démanteler les réseaux criminels, dont les sommets sont généralement occupés, non par des migrants ou des réfugiés, mais par le crime organisé autochtone, parfois appuyé par des relations « haut placées ». Le trafic d’armes et de drogue, la prostitution, le trafic d’êtres humains, le travail sous conditions d’esclavage, les marchands de sommeil, constituent des questions à traiter par les services de l’état et les forces de sécurité, lesquelles, formées selon les principes démocratiques et exclusivement dédiées à leur domaine de compétence, pourront enfin jouer le rôle qui donnera une réelle consistance à leur appellation, rôle qui assurera également un rythme de vie serein pour tous, surtout au sein des quartiers aujourd’hui dévalorisés des grandes villes.

Promouvoir la nécessité et revendiquer, par tous moyens adéquats, la subversion de la forme actuelle d’intégration européenne, de la construction actuelle de l’euro et de la logique néolibérale qui régit la monnaie unique, de sorte à refonder globalement le devenir Européen dans la voie de la justice sociale et du socialisme. A travers le parti de la Gauche Européenne, notre action au Parlement Européen et les forums européens et internationaux, nous collaborons avec d’autres forces de gauche et nous développons des relations chaleureuses de solidarité combative avec ces forces politiques et mouvements sociaux qui, dans différents pays d’Europe et d’ailleurs, abordent les choses d’une manière analogue à la nôtre. Nous avançons déjà dans le sens de la coordination des luttes. Ces relations doivent être renforcées, et il est nécessaire que soient prises de nouvelles initiatives et que les avancées soient coordonnées de façon plus efficace.

14. Restructurer sur de nouvelles bases la défense et la sécurité du pays, des résidents et des citoyens, en acceptant comme donne que les peuples n’ont rien à séparer, et selon une acception qui identifie le national et le patriotique à l’authentiquement populaire. Libres de toutes menaces ou convoitises, actuelles ou futures, de la part d’autres Etats, et constamment prêts à faire face à d’éventuels périls, nous serons en mesure de déterminer pacifiquement et démocratiquement notre avenir et celui de nos enfants.

15. Développer une intégration d’un nouveau type au devenir mondial, à travers une politique étrangère indépendante, multidimensionnelle et pacifique, fondée sur notre souveraineté nationale et la protection de notre intégrité territoriale. Nous avons conscience que la Grèce, tout en étant un pays européen, est aussi un pays des Balkans et de la Méditerranée, en proximité étroite avec des sources de tension permanente que sont les pays du Proche-Orient. Cette réalité complexe présente des risques, mais offre également des opportunités. Les liens d’amitié et les relations de bon voisinage avec tous sans exception les pays, fondés sur le respect des frontières et des droits souverains, et les relations cordiales avec les mouvements et gouvernements progressistes partout dans le monde, peuvent constituer un bouclier de protection face à une situation mondiale extrêmement instable, mais également une force d’intervention pacifiste au niveau des tensions internationales qui se développent. Le soutient à la République de Chypre pour la résolution du problème chypriote, le respect des conventions internationales et des résolutions de l’ONU, le désengagement de l’OTAN, le démantèlement des bases militaires étrangères, l’annulation de la coopération militaire avec Israël, porteuse du danger immédiat d’impliquer le pays dans les conflits militaires du Proche Orient, ainsi que l’application du principe « aucun soldat grec présent sur des terrains de guerre hors des frontières du pays », constituent les axes de notre politique étrangèr.

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2 réflexions sur “Le Manifeste de SY.RIZ.A .Les objectifs de notre programme

  1. A reblogué ceci sur Socio-Scop and commented:
    Parfois à l’heure grecque, aujourd’hui, nous vous proposons le manifeste de SIRIZA, un des partis qui monte en Grèce. S’il fallait trouver un équivalent français, nous pourrions dire qu’il se trouve entre le Parti de Gauche et le Front de Gauche dans son ensemble. Bonne Lecture.

  2. Pingback: Les murs | Le Triptyque Economique

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