La police grecque camoufle avec Photoshop des traces de torture sur des personnes arrêtées.

La police grecque camoufle avec Photoshop les traces des coups violents sur des personnes arrêtées

Publié sur left.gr

Traduction E.Marcou


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La police grecque a publié dimanche 3 février les photos de quatre personnes arrêtées pour vol à main armée. Les photos ont été clairement retouchées afin de couvrir les marques des coups violents. Tous les quatre semblent blessés au visage, tandis que la mère d’un des arrêtées accuse la police grecque de tortures style Guantanamo.

Pendant leur garde à vue, les quatre personnes arrêtées, âgées de 19 à 24 ans, les yeux bandés, ont été rouées de coups pendant quatre heures, selon les déclarations de leurs parents. Lorsque les parents ont réussi à les voir, ils étaient attachés mains et pieds sur leurs chaises, alors qu’aucun médecin n’a été autorisé à leur rendre visite. La police accuse trois des quatre arrêtés de faire partie de l’organisation armée «Synomosia Pyrinon tis Fotias» (Conspiration des cellules du feu).

Les photos ont été publiées sur le site de la police grecque, astynomia.gr, et la première chose que l’on observe sont les visages meurtris de tous les quatre arrêtés. Les traces des coups sont sur les mêmes parties du visage, ce qui permet de supposer que tous ont été battus de la même manière. La police a retouché les photos avec Photoshop afin de masquer les marques et les contusions (en particulier une marque dans l’œil de l’une des personnes arrêtées) ; dans un autre cas, il a été supprimée la main d’un policier relevant la tête d’un arrêté.

 

 

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Une autre photo avec les traces évidentes de la modification numérique

 

SYRIZA / EKM, le principal parti d’opposition, dès que les photos ont été rendues publiques, dimanche, a demandé une enquête indépendante sur l’incident présumé. Le Département des droits de l’homme de SYRIZA a déclaré que « les marques des coups violents sont évidents sur les photos publiées par la police. Ils sont si évidents, en fait, que même la tentative de modifier les photos n’a pas réussi à les couvrir. C’est extrêmement difficile (…) de croire qu’il s’agit juste d’un encore « incident isolé » de la brutalité policière. (…) Torturer les personnes arrêtées, c’est une honte pour l’Etat grec ».

Après la vague de réactions négatives suscitées par les visages meurtris des personnes arrêtées, Nikos Dendias, le ministre de l’Ordre public (maintenant appelé ministre de la Protection du citoyen) a été forcé de commenter l’événement. Il a tenté de justifier la modification des images en disant, lundi, qu’il a fallu « rendre les visages reconnaissables par le citoyen moyen »!

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Lundi, le procureur a enfin demandé une enquête sur l’événement.

SYRIZA : LES EXPLICATIONS DU MINISTERE SONT « ENFANTINES ET PROVOCATRICES »

SYRIZA / EKM, le principal parti d’opposition, a rejeté les « explications » de M. Dendias comme « enfantines et provocatrices », ajoutant que son ministère «n’a jamais publié de telles images des meurtriers d’un immigrant pakistanais[1], et il n’a jamais montré une telle sensibilité concernant les membres armés de l’Aube Dorée. Il est certain que ces déclarations de M. Dendias illustrent de façon claire la dérive vers l’extrême droite de l’actuel gouvernement, qui vise les luttes sociales, les libertés et, finalement, la démocratie elle-même ».

Il s’agit de la seconde accusation, largement connue, de brutalité policière durant les derniers quatre mois. Le tabassage de quinze personnes en garde à vue au siège de la police grecque, arrêtées lors d’une manifestation antifasciste, a également reçu une grande publicité. M. Dendias avait alors menacé de poursuivre le journal britannique The Guardian parce qu’il a divulgué les accusations. (Antifascistes grecs manifestants torturés par la police »après un affrontement Golden Dawn)voir aussi:

Dépôt des plaintes pour les tortures commises dans les locaux de la Direction Générale de la Police

Et voici les vrais photos choquantes sans Photoshop, sans maquillage ,publiés sur

 http://xronika05.blogspot.fr/2013/02/blog-post_9.html?spref=fb

 

[1] La police rend régulièrement publiques les photos des personnes arrêtées proches à l’extrême gauche ou appartenant à certaines catégories de personnes, comme les prostitués, portant ainsi atteinte à leur droits liés à la présomption d’innocence, mais sans faire autant pour les personnes appartenant à l’extrême droite et accusés de crimes, souvent graves [NdT]

 

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