La lutte au sein des universités grecques a besoin de tout le soutien possible!

La lutte au sein des universités grecques a besoin de tout le soutien possible

De Panagiotis Sotiris

SOURCE http://www.thepressproject.net/article/51653

 

Depuis le début du Septembre une lutte importante a été menée dans les universités grecques contre les licenciements massifs du personnel administratif.

En tant qu’élément des termes draconiens d’austérité des accords de renflouement avec la troïka des prêteurs (la Banque Centrale Européenne, le Fonds Monétaire International et la Commission Européenne), le gouvernement grec a été contraint de réduire le nombre d’employés du secteur public. Une partie de ce processus de réduction sont les soi-disant plans de « suspension » et de « mobilité », selon lesquels les fonctionnaires et les employés du secteur public sont suspendus, recevant le 75 % du salaire de base pendant quelques mois, puis soit être déplacé vers un autre poste ou simplement mis à pied. La poursuite des paiements de prêt par la troïka dépend de l’accomplissement de nombres spécifiques de suspensions et de licenciements.

Les Universités grecques ont été incluses dans ce processus, en dépit d’être notoirement sous-effectif. Plus de 1300 employés de l’Université (personnel administratif, gardes, etc ) vont être suspendus . Plus de la moitié d’entre eux est face à un certain licenciement. Deux universités, les plus anciennes de la Grèce, l’Université Nationale et Kapodistrienne  d’Athènes et l’Ecole Polytechnique d’ Athènes ont reçu les coups les plus lourds. Par exemple, l’Université d’Athènes va perdre 498 de ses 1337 employés dans des postes techniques et administratifs. Des départements entiers tels que le département de physique,  le département de chimie,  les départements d’informatique et de communication seront laissés sans personnel administratif.

Ces suspensions et ces licenciements seront totalement paralyser la capacité des universités de fonctionner correctement. Les bibliothèques seront laissées sans bibliothécaires. Les campus universitaires seront laissés sans protection à leurs entrées. Le financement de la recherche sera perdu à cause de l’absence de personnel pour traiter les demandes.

Ces licenciements arrivent après trois ans de réduction du budget universitaire( certaines universités le trouvent difficile même à payer leurs factures d’électricité ) , de réduction du financement des membres auxiliaires du corps professoral , de retards prolongés ( plus de 3 ans en moyenne ) pour  la nomination des membres du corps professoral élus , et de fermetures forcés de département. L’attaque en cours suit les réformes néolibérales agressives qui ont rigoureusement réduit la participation des étudiants et miné les procédures démocratiques au sein des universités grecques, toujours en conformité avec le «processus de Bologne».

En réaction, les syndicats du personnel administratif ont réclamé des grèves de masse. L’Université d’Athènes et l’École Polytechnique d’Athènes ont été fermées depuis le début Septembre, et il n’y a pas eu d’examens, ni de classes ni d’inscriptions.

À d’autres universités qui ont été affectées par les suspensions/licenciements il y a eu des grèves prolongées.

Le gouvernement grec a tenté d’employer les étudiants comme  moyen de pression sur les syndicats. Cependant, les syndicats des étudiants ont réclamé des occupations massives de bâtiments universitaires à l’appui des employés en grève et contre ce qui est perçu comme démontage et privatisation potentielle de l’enseignement supérieur. Les syndicats des enseignants universitaires ont également participé à des grèves prolongées.

Le ministère de l’Éducation a adopté une attitude extrême, autoritaire et disciplinaire. Il a lancé le processus disciplinaire qui pourrait entraîner le licenciement de 278 employés qui ont refusé de prendre part au  processus de sélection des suspensions, invoquant leur droit de ne pas participer au processus administratif étant en grève. Cette question a été  rendue au tribunal exigeant que la grève soit déclarée illégale. Cependant, les syndicats défient l’ordre judiciaire. En réponse, le gouvernement a annoncé qu’il va même utiliser- si elle en a besoin- la police anti-émeute pour ouvrir les universités.

Les seuls alliés du gouvernement ont été d’une part  les étudiants qui sont proche du parti de la Nouvelle Démocratie qui a tenté – sans succès – d’initier un mouvement « universités ouvertes » et de l’autre part les conseils universitaires, des nouveaux organes administratifs oligarchiques introduits en tant qu’élément essentiel dans le cadre de la dernière vague de réformes néolibérales.

L’annonce de la liste préliminaire des salariés suspendus engage tout le monde à réaliser qu’il serait pratiquement impossible pour les universités, si elle est mise en œuvre, de fonctionner correctement.  Les Sénats de l’Université d’Athènes et l’Université de Thessalonique ont démissionné en signe de protestation. Les étudiants insistent à leurs occupations.

En ce moment, la lutte est  à une étape cruciale. C’est non seulement une lutte contre les licenciements. Il s’agit d’une lutte pour défendre l’enseignement supérieur public comme un droit social contre la privatisation et la commercialisation. Il s’agit d’une lutte pour défendre l’enseignement supérieur comme espace social, politique et démocratique,  contre l’autoritarisme néolibéral. Cette lutte a besoin tout le soutien et la solidarité qui peut éprendre.

Traduction : Alexandros Ballas