Solidarité active depuis Nancy, France avec 2 dispensaires autogérés grecs

            Solidarité active depuis la France avec 2 dispensaires autogérés grecs 

 

Il est urgent d’engager des actions de solidarité entre citoyens pour permettre au peuple grec de résister à la faillite du pays, de revendiquer ce qui lui appartient et de créer des services sociaux préludes d’une démocratie participative.

Le 31 janvier 2014 à la Maison du Peuple de Nancy, les membres du CAC54 (Collectif pour un Audit Citoyen de la dette publique) et de la Maison Franco-Hellénique Lorraine ont lancé une campagne de solidarité avec la Grèce en direction de deux dispensaires autogérés, l’un à Athènes, l’autre à Patras. 70 personnes ont répondu à l’invitation.

La projection du documentaire « Des canaris dans la mine » (http://www.fgtb-wallonne.be/regards/2013/11/08/des-canaris-dans-la-mine) réalisé en octobre 2013 par Yannick Bovy pour la Fédération Générale du Travail de Belgique (FGTB), a d’abord permis de rendre compte de la réalité sociale tragique en Grèce et d’apporter des images et des informations sur les grèves et les mouvements de résistance organisés par des citoyens combatifs. Tout au long du débat, Orthodoxie Salomon a assuré la liaison entre la France et la Grèce et apporté les précisions indispensables à la compréhension de la situation du pays.

Sophia Tzitzikou, pharmacienne bénévole au K.I.F.A, dispensaire autogéré d’Athènes, a expliqué les raisons qui ont amené des professionnels de la santé tous bénévoles (médecins, pharmaciens, dentistes etc.) à organiser des dispensaires autogérés dans plusieurs villes grecques pour apporter des soins médicaux de base aux nombreuses personnes les plus démunies : chômeurs de longue durée qui ont épuisé leur allocation chômage et perdu leurs droits à la sécurité sociale, jeunes, retraités, salariés à temps partiel, artisans qui n’ont plus les moyens financiers de se soigner en raison de la baisse dramatique de leurs revenus, étrangers et migrants.

Puis Vangélis Goulas, responsable de Syriza à Paris, a exposé les conséquences désastreuses des 4 programmes d’austérité consécutifs mis en œuvre par le gouvernement grec, sous la haute autorité de la troïka (commission européenne, Banque Centrale Européenne, FMI), et le démantèlement de l’état qui en résulte : faillites d’entreprises et licenciements, pauvreté et exclusion sociale des jeunes, chute des salaires et des retraites, liquidation des conventions collectives, effondrement du système de sécurité sociale, récession économique et hausse des prix, augmentation des impôts les plus injustes, effondrement de la santé publique, offensive contre le système scolaire public (notamment l’université), migration de la population active diplômée.

Les questions des participants ont permis à Vangélis Goulas d’apporter des éclairages historiques à propos des atteintes aux libertés politiques et syndicales, des politiques de fragmentation du corps social, des agressions racistes et des meurtres perpétrés par le mouvement fasciste de « l’aube dorée » parfois couverts par la police et les autorités judiciaires. Sophia Tzitzikou a expliqué que le but des dispensaires autogérés est de répondre aux besoins élémentaires de survie. Il ne s’agit pas de se substituer à l’état en faillite, mais d’organiser l’assistance médicale avec les patients, de revendiquer une vie digne pour tous et de promouvoir une médecine sociale. Elle souligne la dimension politique du combat des dispensaires qui en rétablissant les patients dans leur dignité, les conduit à affirmer leurs aspirations démocratiques.

Christian Zanne a présenté les modalités du compte bancaire « Solidarité-Grèce »(christian.zanne@wanadoo.fr) : La solidarité active entre Français et Grecs prend dès aujourd’hui la forme d’un soutien financier à l’achat de médicaments pour les dispensaires de Patras et d’Athènes ainsi qu’au loyer du dispensaire d’Athènes. Des échanges d’expériences sont envisagés.

Des informations régulières sur les échanges réalisés ainsi que l’engagement actif et continu d’un nombre croissant de citoyens à nos côtés, de vous lectrice et lecteur, sont maintenant nécessaires pour permettre aux Grecs engagés dans ces luttes quotidiennes pour la santé, de résister aux mesures d’austérité redoublées.

Elisabeth Tsagouris