Tsipras: « La Grèce a servi de cobaye à la théorie du choc »

Dans un entretien à un quotidien allemand ce samedi, le candidat du Parti de la gauche européenne (PGE) à la présidence de la Commission européenne dénonce les cures d’austérité imposées à la Grèce par l’Union européenne qui ont eu pour résultat de faire exploser la dette du pays.

« La Grèce a servi de cobaye », affirme le chef du principal parti d’opposition Syriza (gauche radicale) dans un entretien au quotidien Süddeutsche Zeitung. « Avec cette thérapie de choc (imposée à la Grèce par ses créanciers), on a voulu tester ce qu’un peuple pouvait endurer ».

Des programmes d’économies qui créent… de la dette

Alexis Tsipras, dont le parti est en tête des intentions de vote en vue des prochaines élections locales et européennes, explique ainsi froidement que lorsque le premier plan d’aide à la Grèce a été adopté en 2010, « le déficit public de la Grèce atteignait 120% du Produit intérieur brut (PIB). Aujourd’hui il a grimpé à 175% »! « C’est absurde. Nous devions épargner afin de ne pas avoir besoin de nouveaux crédits mais les programmes d’économie n’ont fait que créer de nouveaux besoins de crédits », selon lui.

La Grèce a été placé en 2010 sous assistance financière de la Troïka UE-BCE-FMI qui lui a accordé deux programmes de prêts d’un montant total de 240 milliards d’euros pour éviter la faillite. En échange, des mesures draconiennes d’économie qui pèsent lourdement sur le quotidien de la population lui ont été imposées.

Depuis la forte percée de son parti aux élections grecques en 2012, Alexis Tsipras a vivement critiqué la chancelière allemande Angela Merkel, accusée d’avoir privilégié la rigueur en Europe aux dépens des populations. De passage à Paris fin janvier, le leader de Syriza avait affirmé: « Nous serons la surprise lors des prochaines élections européennes ».

Comment les consciences évoluent-elles en Europe? Avec Elisabeth Gauthier (PCF), Christoforos Vernadakis (directeur de l’institut de sondage grec VPRC), François Miquet-Marty (Viavoice), Yann Le Lann et Jean-Vincent Koster (IDHE) et Joachim Bischoff et Richard Detje (Sozialismus).

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