Communiqué du secrétariat politique de SYRIZA pour l’Ukraine / 27.2.2014

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Danger pour la paix mondiale , l’éventuel démembrement de l’Ukraine

 

L’Ukraine est en train d’être dissoute en tant qu’entité d’Etat. Le peuple vit depuis des années dans une constante pauverisation et  misère, résultat des politiques du régime corrompu et autoritaire de Ianoukovitch. En même temps,  l’attitude de l’Union Européenne et de Washington encouragent toute action qui vise à déstabiliser le pays, en soutenant – directement ou indirectement – les groupes néo-nazis et extrémistes les plus dangereux lesquels négocient actuellement de positions fortes dans le soi-disant «  gouvernement d’union nationale ». L’encouragement des forces néo-fascistes en Ukraine et la tolérance du renversement violent des droits politiques rudimentaires ainsi que des droits des minorités qui existent dans le pays, de la part des pouvoirs dominants au sein de l’Union européenne, consiste une préoccupante et extrême escalade vers le pire de l’attitude actuelle de ces mêmes  forces dominantes de l’UE, face à de décisions  anti- démocratiques de ses Etats membres ( Pays Baltes, Hongrie, etc ) , décisions qui interdisent la libre action des partis communistes et favorisent l’élimination des droits des minorités .

Suite aux derniers développements en Ukraine, le pays s’offre plus  encore au pillage des forces impérialistes et des intérêts financiers voraces, tandis que les contrastes géopolitiques et géostratégiques créent d’énormes risques pour la paix dans le cœur même de l’Europe .

Le Secrétariat Politique de SYRIZA condamne les attentats néo- nazis  brutaux et meurtriers au détriment de citoyens communistes, démocrates et juifs dans le pays , la destruction des écoles des minorités , la destruction des monuments anti-fascistes et historiques , l’interdiction explicite et sans équivoque des langues minoritaires ainsi que de droits de l’homme par le biais de projets de loi récemment adoptés, la suppression de droits constitutionnels fondamentaux des Grecs de la diaspora qui vivent en Ukraine ainsi que de citoyens ukrainiens d’origine grecque.

Nous dénonçons l’aberration antidémocratique interdisant le Parti Communiste en Ukraine, l’incendie de ses bureaux à Kiev et dans d’autres villes , ainsi que les pogroms et le dénigrement qui ont été déclenchés contre ses membres et amis . Nous exprimons notre solidarité authentique, avec les forces de gauche en Europe, et nous prendrons toutes les mesures nécessaires en Grèce et en Europe pour assurer l’intégrité territoriale et la paix en Ukraine, sur la base des principes de la Charte des Nations Unies . Nous allons travailler activement pour l’isolement du néo- nazisme et des éléments criminels en Ukraine, en Grèce et en Europe.

 

Après la dissolution de la Yougoslavie, une seconde tragédie frappe le cœur de l’Europe.

 

En tant que pays-membre assurant actuellement la présidence de l’UE, la Grèce, au lieu de procéder à l’adoption de mesures qui pourraient emmener la justice sociale et économique, assurer l’intégrité  territoriale de l’Ukraine et la sécurité de tous ses citoyens  – y compris les 100.000  membres de diaspora grecque- elle agit en sorte que les seuls« remèdes » possibles pour l’Ukraine soient  l’OTAN et le FMI, qui dicteront une nouvelle  » recette de misère  » à son peuple.  En effet, on se demande : quelle est le degré de la dépendance, voire de la soumission politique et de l’interaction malsaine du gouvernement grec avec ses prêteurs ?

Le  gouvernement grec des mémorandums a joué  un rôle de pionnier dans la légitimation du récent status quo en Ukraine. Or, le ministre des Affaires étrangères, M. Venizelos, doit écouter les craintes raisonnables et les angoisses de l’hellénisme d’Ukraine, agir en conséquence et cesser d’accuser SYRIZA de politique politicienne. Nous appelons le gouvernement grec à agir selon le bon sens et à faire ce qui va de soi, à savoir :

 

1.       Ne pas tolérer en Ukraine un gouvernement qui joue avec le feu, la dissolution des lois et de la constitution, la violence et le néo-nazisme.

2.       Révoquer l’ambassadeur grec à Kiev pour consultation et obtenir toutes les mesures diplomatiques, juridiques et institutionnelles nécessaires à protéger la minorité grecque en Ukraine, laquelle n’est plus protégée depuis la suppression récente de la constitution du pays.

3.       Faire tout ce qui est possible sur les plans juridique, diplomatique et institutionnel  en sorte que, le peuple souverain de l’Ukraine, sans patrons « protecteurs » et sans interventions étrangères, dans de conditions de paix et de démocratie, puisse décider de son propre avenir. La paix est la condition fondamentale (sine quoi non) afin que les peuples de l’Europe puissent construire un avenir différent, sans zones d’influence et d’affrontements militaires.

 

 

Traduction : Anastassia Politi