L’ALTERNATIVE À L’AUSTÉRITÉ PAR PATRICK LE HYARIC

PLACE AU PEUPLE 17 AVRIL 2014 
L’alternative à l’austérité par Patrick Le Hyaric

Par Patrick Le Hyaric
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Patrick_Le_HyaricDécidément, F. Hollande et M. Valls sont, non seulement sourds aux demandes populaires de justice sociale, exprimées lors des élections municipales, mais ils croient avoir raison contre une majeure partie de l’électorat de gauche, jusqu’à des secteurs importants du Parti socialiste et même de certains de ses élus. Dans sa déclaration de politique générale devant le Parlement, le Premier ministre a commencé son discours mêlant lyrisme et un semblant de lucidité sur la situation, pour mieux nous imposer l’austérité renforcée. C’est-à-dire la diminution des crédits sociaux et publics, le blocage des rémunérations du travail et des retraites, le maintien d’une fiscalité injuste et le torpillage de l’organisation territoriale du pays, avec la suppression des régions et des départements et celle de la plupart des communes rurales.

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Le Premier ministre fait valser les milliards, résultat du travail des salariés et des paysans, vers les caisses des grands magnats de l’industrie et de la finance. Un cadeau de près de cinquante milliards d’euros est offert au grand patronat, en réduisant les crédits pour la santé, les collectivités territoriales et la protection sociale. Et le Premier ministre, avec mépris, fait semblant de lancer aux travailleurs une petite portion de brioche, en leur disant qu’ils vont avoir dans l’année, 500 euros de plus, sous forme d’une baisse des cotisations sociales. Mais cet argent, qu’il prétend donner aux travailleurs, leur appartient déjà et c’est celui qui sert à financer le bien commun que constituent la protection sociale et les retraites. Ainsi, sous couvert de répondre à une demande d’amélioration du pouvoir d’achat, il vous redonne l’argent que vous avez déjà, tout en portant un coup sévère au financement de la sécurité sociale en abaissant le niveau des rémunérations brutes et en exonérant les entreprises du financement de la branche famille de la sécurité sociale. Derrière ce rideau se cache le projet de privatisation de toute la protection sociale pour l’offrir aux assurances privées qui en rêvent depuis si longtemps. C’est ce que réclame désormais le Medef qui donne une bonne note au Premier ministre, tout en lui demandant d’aller plus vite. Son responsable des enjeux de protection sociale, qui est par ailleurs le Président du groupe Générali France, critique violemment le principe de solidarité en ces termes : « Le vrai sujet, c’est la lame de fond insidieuse pour nous qui nous entraîne vers toujours plus de solidarité dans l’entonnoir d’un système obligatoire », ajoutant pour l’immédiat « dix milliards d’euros pourraient sortir de la sphère publique afin de revenir dans le secteur libre ». Décidément, les rapaces de la finance sont de sortie et ils ont les dents de plus en plus longues !

C’est une toute autre logique qui est indispensable pour sortir de la crise. Celle qui fait du travail, de l’environnement, de la justice sociale et écologique, sa priorité dans le cadre d’un nouveau partage des richesses créées en faveur des êtres humains et non plus de la spéculation. C’est ce que disent en force les populations en Grèce, en Espagne, en Italie et au Portugal qui manifestent contre l’austérité.

C’est ce qu’ont dit samedi dernier, dans les rues de Paris, plus de cent mille marcheurs contre l’austérité et pour un nouveau partage des richesses. Cette mobilisation doit se poursuivre jusque dans les urnes, le 25 mai prochain à l’occasion des élections européennes. Ce sera l’occasion pour toute personne attachée aux idéaux de gauche et à la justice, d’utiliser le bulletin des listes du Front de Gauche qui sont les listes d’alternative à l’austérité, au chômage et à la mal vie en France et en Europe.