Aux urnes citoyenn(e)s , pour nous la victoire ,pour eux le début de la fin.

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19.05.2014

Source Avgi.gr 

C’est un message politique que les citoyens ont envoyé avec leur vote d’hier. Malgré la spécificité des élections locales, où des problèmes locaux, des rapprochements et des notables influent sur l’opinion des citoyens, il est clair que les élections municipales et régionales d’hier ont envoyé un message politique local mais aussi central. Sa valeur est plus grande qu’à d’autres époques, puisqu’elle constitue une plus large conscience populaire que la manière de faire face aux problèmes locaux est, dans une large mesure, limitée par l’austérité et les mémorandums. Par conséquent, il faut impérativement dépasser les politiques d’austérité

Il est donc naturel de rechercher dans le scrutin d’hier, le message politique central qui, au moins dans la région de l’Attique et dans la municipalité d’Athènes, a pris un caractère de désapprobation ouverte de la politique gouvernementale, avec pour résultat, pour la première fois depuis le retour à la démocratie en 1974, de mettre KO les candidats du parti de la Nouvelle Démocratie.

Les élections d’hier confirment la marche vers le renversement, qui a débuté avec les élections de mai et juin 2012. A l’époque c’est le PASOK qui en a fait les frais, aujourd’hui c’est la Nouvelle Démocratie qui commence à en faire les frais. Il est évident qu’une crise couve dans la base sociale et dans l’influence électorale traditionnelle du camp conservateur. Bon nombre d’ électeurs qui ont choisi, par exemple, Tsitsikostas ou Th. Giannopoulos ou N. Kaklamanis, n’ont plus l’impression d’appartenir à la même famille, eux qui ont, simplement et occasionnellement, fait un choix de personnes différent. Pas plus, naturellement, que ceux qui ont choisi d’autres partis, et notamment aussi dans un large pourcentage SYRIZA, n’appartiennent à une communauté imaginaire du camp néo démocrate. La Nouvelle Démocratie, au rythme dicté par une bipolarisation sociale et politique en développement, traverse sa propre crise. Dimanche prochain, le second tour des élections locales, mais surtout les élections européennes, confirmerons que le vote d’ hier n’a pas une date de péremption d’une semaine, comme la propagande du gouvernement tente de présenter le vote des électeurs conservateurs qui ont quitté les rangs du parti.

La crise de l’espace conservateur constitue l’épilogue de la faillite politique du bloc de pouvoir pro-mémorandum. L’attachement dogmatique au mémorandum qui entraîne une catastrophe sociale, a créé les conditions pour que s’étende l’influence d’Aube Dorée, qui devient encore plus grande lorsque Samaras adopte l’agenda d’extrême-droite. L’unique contrepoids à ce phénomène dangereux pour la démocratie et la cohésion sociale c’est le développement de l’influence de gauche et populaire, c’est la présence dynamique de Syriza. L’influence croissante de SYRIZA constitue une spécificité grecque, alors que dans le reste de l’Europe l’extrême droite semble avoir pris la tête, sous la bannière d’un vote prétendument anti-système.

Aux élections d’hier se sont présentés des candidats,membres patentés de la Nouvelle Démocratie et du PASOK, qui se prétendaient indépendants. Il s’agit généralement de notables des formations locales clientélistes du bipartisme, qui tentent de conserver leur pouvoir politique en prenant, soi-disant, leurs distances par rapport à leurs patrons politiques traditionnels. Dans pas mal de régions, ils ont tenu, profitant de la collusion(locale), mais aussi du manque de préparation de Syriza à former de solides alliances sociales, capables de renverser le système corrompu de l’administration locale. Tous ces « élus » du bipartisme qui s’effondre et de la collusion, Vénizelos les appelle les « racines du camp démocrate »! Malgré l’apparent renforcement significatif des positions de SYRIZA, l’administration locale semble rester captive des rapprochements sur le déclin de la corruption bipartite et du système immoral.

En règle générale, ces candidats qui se présentent eux-mêmes comme blancs (neutres) sont en réalité bleus ciel (Nouvelle Démocratie) ou verts (PASOK) ou, plus exactement, bleus-verts. Cette collaboration Samaras-Venizelos apparaîtra plus clairement au second tour. Déjà la rue Rigillis (où se trouvent les bureaux de la Nouvelle Démocratie) soutient ouvertement Sgouros et Kaminis. C’est la répétition générale avant l’assimilation organique du PASOK de Venizelos par le « nouveau camp européen » de Samaras. Toutefois, comme les élections l’ont montré, ces démarches sont considérées par les citoyens comme des mouvements hasardeux, qui font de ce qui reste du PASOK un satellite de la Nouvelle Démocratie. C’est une autre preuve qui montre comment l’establishment pro-mémorandum conçoit « l’autonomie de l’administration locale ».

Les élections européennes enverront, incontestablement, un message politique direct, elles confirmerons l’aspiration populaire à un renversement démocratique et à une défaite de l’austérité à un échelon européen. Le sondage réalisé hier par Kappa Research, qui donne une avance de cinq points pour SYRIZA , a une valeur particulière, car il a été réalisé dans des conditions d’élections et préfigure celles de dimanche prochain. Dans une semaine se confirmera la chute déjà en marche du système Samaras. La mutation accélérée et la contraction de la Nouvelle Démocratie, ajoutées à l’anéantissement du PASOK, accéléreront leur chute … Ils vont tomber!

 

Traduction Frédérique Bouvier