Grèce:Un gouvernement qui cherche à détourner la voix du peuple

 

L’ éditorial du journal Avgi

 La prodigieuse et emphatique «stabilité politique» était le cri de ralliement et l’argument19318681_6
d’intimidation de la coalition gouvernementale de M.Samaras et de M.Venizelos afin de
détourner -vainement- les voix des électeurs le 25 juin.

Mais aussitôt les urnes fermées, les voilà ahuris, qu’ils combinent, qu’ils machinent, qu’ils manigancent en échafaudant une majorité présidentielle fictive au moyen de promesses des ministères ou de chantages habiles. Car la perspective d’un nouveau recours aux urnes les effraie.

Nous assistons ainsi, à la représentation scénique d’un coup d’état méta-moderne. Nous voyons la Nouvelle démocratie et le Pasoc, avec leur majorité additionnelle de 31%, s’obstiner à gouverner et s’apprêter à élire «leur» Président de la République en attirant farouchement vers leurs rangs, des députés avides des postes vides ou à créer.

La Gauche démocrate (DIMAR) aussi, et plus particulièrement son leader Ph.Kouvelis, et le parti des Grecs indépendants, ils sont tous poursuivis sans relâche par des rapaces avec la complicité de médias dont le paroxysme atteint des sommets tous les soirs sur les plateaux télévisuels. Il paraît que la brigade financière grecque (SDOE) est aussi utilisée dernièrement comme une arme dans cette noble lutte de persuasion coercitive.

Et l’apostasie est arrachée par le forceps de la collusion triangulaire (partis pro-mémorandums, médias, banques) en camouflant l’attirail des promesses et des chantages sous l’appellation probe de «procédés de la recomposition de centre gauche».

Paniqué par les résultats des élections européennes et la perspective d’une victoire de SYRIZA aux
prochaines élections nationales, le système tente de faire satelliser toutes les forces politiques du
centre autour du dispositif: Samaras – Venizelos. Ou encore les disqualifier politiquement.

Parce que les élections européennes ont confirmé l’évolution vers un renversement du rapport des forces déjà ébauchée en juin 2012. Cette nouvelle bipolarité politique va s’accentuer à l’image du
renforcement de la bipolarisation sociale.

Pendant le temps qui nous reste avant les prochaines élections nationales, la vie politique sera
dominée par deux blocs: le bloc néolibéral autour de la Nouvelle démocratie et le bloc contre
l’austérité et la corruption autour de SYRIZA. Les forces intermédiaires devront choisir par le jeu
des alliances politiques leurs camps. Il est donc urgent pour Samaras et Venizelos d’absorber
immédiatement les formations «limitrophes» avant qu’elles n’aient le temps de décider par elles
mêmes. L’organisation par les médias complices d’une culpabilisation systématique de tout
membre de la Gauche démocratique qui envisage l’éventualité d’un rapprochement avec SYRIZA
en est la démonstration. Car ses liens traditionnels avec la vraie gauche, sa popularité malgré son
dernier échec électoral, la perspicacité politique de certains de ses membres et le glissement d’une
grande partie de ses sympathisants vers SYRIZA inquiètent les constructeurs du centre gauche pro¬
mémorandum.

Cependant, et quoi qu’ils fassent, les résultats des élections européennes remettent en cause la
légitimité du Parlement actuel qui ne reflète plus le paysage politique actuel. Certains partis
bénéficient d’une sur-présentation et d’autres ne disposent d’aucun siège. Un très grand nombre de
députés – et notamment de la majorité parlementaire – ne sont plus représentatifs et vont même à
l’encontre de l’opinion de leurs électeurs, qui ont fui entre temps leurs partis.

Dans une telle scénographie, les contours paraissent flous et l’espace qui nous sépare de l’élection
présidentielle ne sera pas une allée rectiligne aux limites fixes.

Et la demande de SYRIZA s’impose par son évidence rationnelle: le gouvernement actuel ne doit
plus prendre des décisions unilatérales créant des obligations contraignantes pour le pays et
dépassant la durée de l’exercice de son pouvoir.

Et c’est cette même incongruité de la situation actuelle qui va contre le savoir-vivre démocratique
qui dicte aussi la demande des élections nationales de SYRIZA.

Naturellement, A. Samaras réfute ces arguments en s’accrochant à la confiance de la majorité
parlementaire exprimée jadis, au début de son mandat.
Mais alors, Monsieur le Premier Ministre, si vous êtes si attaché à la confiance de la majorité
parlementaire: « Hic Rhodus, Hic salta! »
Source: avgi.gr Η αποστασία στα χρόνια του Μνημονίου – Η Αυγή Onlinehttp://t.co/nb8LgU42bZ v
Traduction: Vassiliki Papadaki