Α.Tsipras à M. Draghi:Une grande partie de la dette publique grecque doit être effacée

 

 »Nous avons eu aujourd’hui l’occasion de faire part au président de la BCE de nos estimations concernant l’évolution de l’économie grecque, mais aussi de l’informer sur la situation sans précédent qui s’est développée au sein de la société grecque, après quatre années d’application d’une politique d’austérité du mémorandum impitoyable, qui a amené une grande partie de la population grecque à faire face à une crise humanitaire sans précédent et inacceptable.

Nous avons eu l’occasion d’informer le président de la BCE sur les développements politiques en Grèce, mais aussi sur nos positions, sur la façon dont nous croyons qu’il est possible de surmonter la crise, par la manière d’affronter les répercussions du mémorandum, par la consolidation de l’économie, et par un programme de développement pour la reconstruction productive. Nous lui avons exprimé notre conviction que les nouvelles mesures prises la semaine dernière par la BCE vont d’une part dans un sens positif pour l’Europe, mais d’autre part ne sont pas suffisantes, et particulièrement en Grèce où elles ne pourront pas fonctionner, à cause de la déflation et de la très mauvaise situation dans laquelle se trouvent les banques grecques, qui ne peuvent pas fournir de garanties.

Dans le même temps, nous lui avons expliqué que, selon notre propre conviction, la seule voie possible pour que l’Europe sorte de façon coordonnée de l’impasse économique, c’est de prendre des décisions politiques courageuses allant dans le sens d’un nouveau New Deal européen. Un nouvel accord européen, à partir des actions combinées de la BCE et de la Banque européenne d’investissement et avec l’approbation du Conseil Européen, permettra un puissant ensemble de développement exclusivement orienté vers des investissements productifs.

Enfin, nous avons insisté une fois encore sur la ferme certitude que nous avons que, sans un effacement d’une grande partie de la dette publique grecque, condition de développement, pour d’aller de l’avant vers une perspective de développement, nous ne pourrons pas échapper à la tourmente de la crise économique. Nous lui avons répété, donc, notre position en faveur d’une solution au cauchemar de la dette, analogue à celle appliquée à l’ Allemagne en 1953.

 

Ce fut une rencontre dans un climat constructif. Nous avons pu discuter des moyens de maintenir le contact et la collaboration entre les deux parties et surtout, nous avons pu faire entendre notre point de vue sur une solution européenne globale, un changement européen global de politique pour permettre à l’espace européen de sortir de la crise, à l’Europe d’aller dans une autre direction, et à la Grèce d’être à nouveau sur pied avec une société debout, et non dévastée, comme c’est le cas ces quatre dernières années, avec la troïka et les mémorandums ».

Traduction Frédérique Bouvier

Source: Avgi.gr