Un monde sans OTAN est possible

 

La réitération, évidente, de la position stratégique du congrès de SYRIZA en faveur du désengagement progressif du pays de l’OTAN, en liaison avec la dissolution de ce Traité et la création de structures collectives pour la sécurité, a provoqué les foudres, dignes de la guerre froide, des atlantistes pro-mémorandum et de l’extrême droite de la Nouvelle Démocratie.
Et que n’ont-ils pas dit à Theodoros Dritsas parce qu’il a “osé” parler le langage de la gauche et de la franchise au Parlement! Malheureusement le KKE(Parti Communiste Grec) a de nouveau secondé les différents Georgiadis. Comme si la ND et le KKE s’étaient entendus pour faire de l’usure de SYRIZA … un but patriotique!

La position est SYRIZA est très claire et obéit à des principes. Elle ne reconnaît pas l’OTAN, ce résidu de la guerre froide, comme gendarme du monde. Elle ne cède pas à la théorie des « menaces asymétriques », sur laquelle les Etats-Unis et l’OTAN se fondent pour tenter de militariser la sécurité internationale en perpétuant les inégalités mondiales, tout comme des problèmes tels que la pauvreté dans le monde, la destruction de l’environnement et l’immigration, qu’on ne peut affronter par des guerres.

Dans un monde multipolaire, avec des inégalités nationales et sociales en constant accroissement, même au cœur du capitalisme développé, la sécurité ne peut pas être l’œuvre d’un shérif mondial. Cette logique correspondait au bipolarisme (avec le concours aussi de la doctrine soviétique de « souveraineté d’État limitée ») du temps de la première période qui a suivi la guerre froide. L’OTANisation des relations internationales se révèle dangereuse pour la paix et la sécurité internationales. Son rétablissement, dans des conditions de contestation grandissante du rôle de monopole impérialiste des États-Unis et de l’OTAN, l’invention de guerres, au nom de la lutte contre le terrorisme, et la politique conséquente d’ingérence dans les affaires intérieures des États voyous caractéristiques, ne sert ni l’intérêt général d’un règlement pacifique des crises ni, bien entendu, les intérêts nationaux particuliers.

Que reste-t-il, d’ailleurs, de la rhétorique américaine ambitieuse de « démocratisation » du Moyen-Orient, conçue comme  »but moral » des actions de guerre, immorales et terroristes des États-Unis et de leurs allies en Irak? Quelle sorte de « démocratisation » a résulté de l’intervention ouverte en Libye? Et le coup d’Etat en Egypte, pour renverser un gouvernement démocratiquement élu, en quoi est-il démocratique? De même, quels intérêts de la démocratie, du développement et de la prospérité, qui sont l’aboutissement tellement vanté de la théorie démentie de « fin de l’Histoire », sert-on avec le bain de sang en Ukraine et l’émergence de forces nazies dans un rôle de gouvernement à Kiev?

Il est donc évident que le gouvernement de gauche aura le mandat et le devoir de mener une politique internationale avec des valeurs et de façon radicalement différente. Sans le pilote automatique du Merkelisme et de l’euroatlantisme. La participation du pays aux alliances internationales, tandis que la Grèce va assurément rétablir sa position financière et son influence internationale, est une conjecture dynamique. L’opposition à l’OTAN n’est ni rhétorique ni inertie du passé. Elle se pose en nouveaux termes dans le monde multipolaire actuel, en association avec la création progressive et éprouvante de systèmes de sécurité collective et de développement. La militarisation des relations internationales ne peut résoudre aucun problème international. Comme par exemple, l’immigration, où les interventions de l’OTAN et l’émergence en retour du djihadisme provoquent nouvelles vagues de réfugiés et douleur.

Avec son analyse de guerre froide, le gouvernement cherche à justifier sa soumission et la transformation du pays en colonie de la dette. Cela devient dangereux pour le pays. Le fondateur de la Nouvelle Démocratie Constantin Karamanlis, l’un des principaux représentant de la bourgeoisie grec et pas du tout pro-Syriza, assortissait sa conviction que « la Grèce appartient à l’Occident » avec l’exercice d’une politique étrangère multilatérale, avec en tête, des ouvertures vers Moscou et les pays non alignés. Et quand l’intérêt national l’a exigé, C. Karamanlis n’a pas hésité à sortir le pays de la branche militaire de l’OTAN.

Nous ne confondons pas les périodes de l’histoire entre elles. Mais ces différentes périodes montrent qu’être soumis n’est pas le destin du pays. L’extrême ardeur atlantiste de Samaras confirme la mutation maligne de ce parti historiquement conservateur.

Traduction: Frédérique Bouvier


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