La NERIT s’effondre. La seule solution est la réouverture de l’ERT

1004419_10201047122207700_80246195_n« Les déclarations à propos d’un organisme indépendant sont en lambeaux. »

de Nikos Michalitsis

Cela fait maintenant quinze mois qu’a eu lieu le « coup d’état » de l’arrêt de la chaîne de télévision ERT. Après quelques mois d’écran noir, le gouvernement a remplacé la radiotélévision publique, d’abord par la DT et ensuite par la NERIT. D’autre part, les employés de l’ERT qui se sont opposés au « coup d’état du noir », continuent de produire un programme radiophonique et télévisuel et conservent un site Internet très populaire, sur la base du bénévolat.

Il est intéressant, quinze mois après l’écran noir, d’analyser dans quel état se trouvent les deux parties, en relation avec les buts proclamés.

Les « réalisations » de la NERIT

Commençons par le côté du gouvernement et de la NERIT. Les raisons de la fermeture de l’ERT et de la mise en place de la NERIT étaient la création d’un organisme qui serait indépendant du gouvernement, exempt de gaspillage et de corruption et dont le personnel serait recruté selon des critères liés au mérite. Enfin, ce serait un organisme dont les téléspectateurs et l’audimat augmenteraient d’une façon significative. Tout ceci, selon le gouvernement, ne pouvait se faire tant que l’ERT existerait.

Aujourd’hui, toutes ces déclarations sont en lambeaux. Le contrôle gouvernemental est étouffant. Ce n’est pas seulement le contenu des programmes d’informations, prétendant que « les femmes de ménage s’étaient attaquées aux CRS », mais aussi le fait que soit les leurs, soit des institutions proches, dénoncent le contraire. L’EBU, dans sa lettre à Samaras, l’accuse d’avoir transformé la NERIT en succursale gouvernementale, après l’amendement récent, selon lequel l’administration de la NERIT est nommée surtout par le ministre responsable. Kapsis a balbutié la même chose, après bien sûr avoir ouvert la voie à cette évolution. On en a eu l’exemple le plus récent avant-hier avec la démission des deux cadres principaux de la NERIT, son directeur, Antonis Makridimitris, et du Directeur Général Adjoint, Rodolphe Moronis, qui dénoncent le contrôle étouffant du gouvernement. Comme l’a révélé le journal « Avgi » (l’Aube), la goutte qui a fait déborder le vase a été l’intervention d’un Samaras pris de panique, pour que le discours très attendu du chef de l’opposition, Alexis Tsipras, à Salonique, ne soit pas diffusé – une première dans les annales.

L’intervention de l’avocat dans l’enquête menée sur les nombreuses plaintes à propos d’actes répréhensibles, de faveurs accordées et de faux certificats dans la manière de recruter de la NERIT. Avant Makridimitris (qui a aussi provoqué l’intervention d’un avocat, puisqu’il a été vice-président de la ΜΚΟ, contrôlée pour des scandales incroyables) et Moronis, les deux cadres principaux de la NERIT, le directeur M. Prokopakis et la Directrice Générale Adjointe Mme Evaggelakou, avaient démissionné ou avaient été renvoyés pour cause d’échec ou de népotisme.

Encore une révélation récente, venant de deux des derniers grands seigneurs de l’ERT, Thanassis Papageorgiou et Nikos Simos, qui est parue dans la colonne « Typologies » du journal « To paron » (le présent), montre que l’ERT était excédentaire, jusqu’au jour de sa fermeture, et qu’il n’y avait aucune raison pour qu’elle ferme. Au contraire, la NERIT a dépassé tout ce qu’on a connu jusque là en termes de gaspillage, de sinécures innombrables, de commissions directes et a montré surtout son incapacité à s’acquitter de ses obligations envers la télévision numérique, puisqu’elle en est arrivée à déléguer à la Digea le passage au numérique, contre une somme excessive, comme nous le savons, qui n’est pourtant pas publiée dans le site de la « Diavgia » (Clarté), ce qui est illégal.

Enfin, en ce qui concerne le public et l’audience, les chiffres sont renversants et sous-multiples par rapport à ceux de l’ERT. Il est caractéristique que le programme d’information du matin de la NERIT ait « réussi » à « remporter » un zéro tout rond d’audience !

et les victoires de la ERT

De l’autre côté, les employés de la ERT qui ont résisté et ont refusé de légaliser l’écran noir, étant donné qu’ils n’ont pas participé aux constructions du gouvernement, ont remporté des victoires continues et pas seulement sur le plan moral. Il y a quelques jours la décision du Tribunal de première instance d’Athènes pour les employés de l’ERT contre l’Etat et la NERIT a été connue de tous. Cette décision proclame les licenciements comme non valides et oblige l’Etat grec, en tant que successeur de l’ERT, à reprendre les plaignants dans les fonctions qu’ils exerçaient avant leur licenciement. De plus, elle impose le versement des arriérés aux plaignants correspondant à leurs salaires pendant leur dernier mois de travail et non une somme unique rétrospective. Il est caractéristique qu’en cas de non respect de la part de l’Etat, la Cour l’oblige à payer 100 euros par jour de non-respect, à chacun des plaignants. Tous les montants payables sont augmentés de l’intérêt légal sur les arriérés (au taux de 6% par an). Il est certain que le gouvernement fera appel de cette décision. Cependant, les derniers événements montrent que la carte NERIT jouée par le gouvernement s’est déjà effondrée.

Pour faire cesser cette situation humiliante, tant pour la radiotélévision publique que pour le pays, il existe une solution : rouvrir l’ERT maintenant ! Et que l’on remédie à cette situation anormale avec l’ERT en activité. Quinze mois plus tard, les connaissances techniques, tout comme la volonté, existent.

http://www.epohi.gr/portal/koinonia/17603-i-nerit-katarreei-moni-lysi-i-epanaleitourgia-tis-ert

Traduction : Anguéliki Garidis