« Un monde merveilleux à vivre » Par Vangelis Goulas

profil« Jamais au monde dans le passé, depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il n’y a eut autant de réfugiés, autant de déplacés demandant l’asile et l’aide humanitaire. »
Cette phrase  du Secrétaire Général de l’O.N.U.  ,Ban Ki Moon ,ouvrait  les travaux de la 69éme Assemblée générale des Nations Unies.

Le détenteur du prix Nobel de la paix ,président des Nations-Unies ,ne pouvait bien-sur pas être du tout d’accord avec cette affirmation ,lui qui dans son discours ,comme s’il s’adressait au public d’un collège américain ,rapportait  entre-autres : « Il n’est  pas de meilleurs moment pour venir au monde que de nos jours » ,et de poursuivre : « Les probabilités d’une guerre entre les grandes puissances ont diminué ,il y a cependant de nouveaux dangers » , « Il faudra rénover  le système mondial et prendre des décisions importantes …Les Etats-Unis ont décidé d’agir en faisant le choix de l’espoir plutôt que de la peur ».

En faisant référence aux nombreux dangers, Barack Obama a cité en vrac la « menace Russe contre l’Europe», l’épidémie d’Ebola, ainsi que la barbarie des monstres à visage humain de l’autoproclamé « Etat islamique d’Irak et du Levant ».

Il semblerait que Mr. Obama ait oublié, parmi les dangers de son univers « angélique», d’inclure les crimes, l’hécatombe des victimes du régime Ukrainien d’extrême-droite, à Donetsk. Pas un mot pour  les crimes contre l’humanité commis par les Israéliens, les deux-mille morts Palestiniens.. Pas  non-plus un mot pour parler des enfants tués dans la bande de Gaza, eux,  qui n’étaient pas nés « au meilleur moment pour venir  au monde ».

Personne semble-t-il , n’avait informé Barack Obama que Cuba ,au lieu d’envoyer comme lui-même l’avait fait ,des soldats au Libéria ,y envoya 150 médecins afin d’enrayer la progression d’Ebola .

Oui, Cuba qui subit toujours de la part des Etats-Unis un embargo injuste !

Guerre contre la guerre, annonçait dans son discours Obama, une alliance des « va-en-guerre», dont les habitués de l’O.T.A.N. , et par ailleurs certaines monarchies du pétrole dans la péninsule arabique…comme l’Arabie Saoudique ,afin de frapper un état qui n’existe pas.
Une alliance de pays qui n’agissent pas autrement que ceux qu’ils veulent combattre. En dehors du cadre de l’O.N.U.  , loin de toute notion de droit international. Oui, « Daesh » est une Hydre de Lerne, un monstre, mais il est un monstre que vous auriez suscité, vous Mr Obama ,avec vos alliés ,les dictateurs du golfe arabique ,que vous souteniez ,équipiez et financiez pour  frapper Assad un an plus tôt.

Les « Faucons de la guerre » ,avec pour chef le détenteur du prix Nobel de la paix ,comme s’ils n’avaient tiré aucune leçon de l’échec total de leur politique ,suite à une guerre contre de supposées armes chimiques qu’ils ne trouvèrent jamais parce-que elles n’existaient pas ,suite au chaos que créa leurs interventions pour la « démocratisation » de l’Irak et de la Lybie ,ont déclenché une longue guerre ,comme tout nous le prouve actuellement ,et dont personne ne peut  prédire l’issue.

L’observatoire Syrien des Droits de l’Homme dénonce des bombardements aveugles sur des victimes civiles, lesquelles naturellement sont aussi utilisées comme bouclier humain par le « califat islamique » . Ce qui est sur, et ils le savent eux-mêmes, c’est que pour gagner cette guerre, les raids aériens ne suffisent pas.

Que Barack Obama arrive à convaincre l’opinion publique américaine et à envoyer des forces terrestres, parait peu probable et peut-être que lui-même ne  souhaite pas en payer le prix politique. Il ne reste par conséquent que la solution de l’armée d’un pays voisin, comme celle de la Turquie afin de combattre le « califat islamique», et par la même occasion de s’acquitter de multiples autres bénéfices.

La Turquie qui jusqu’à présent condamnait officiellement le « califat islamique » ,l’aidait simultanément à s’équiper ,en achetant du pétrole mais aussi en aidant les Djihadistes par la cession d’infrastructures sur son territoire ,d’hôpitaux de campagne , et en fermant les yeux sur le transit des volontaires intégristes candidats au djihad.

Parallèlement bien-sur elle ne fermait pas la porte aux alliés, et à ce qui semble concluait des accords pour l’Après-état islamique en faisant aussi des projets pour l’après Assad .  .

La Turquie en jouant un double jeu ,en fermant les yeux sur  le massacre imminent dans le cas où Kobané  tombe ,laisse les Djihadistes faire le sale boulot de façon à en finir avec les autonomistes Kurdes ,pénétrant par la suite en Syrie pour chasser Daesh en tirant eux-mêmes tous les bénéfices de cette « assistance » aux alliés.

Voilà pourquoi les alliés n’ont pas aidé les Kurdes du Y.P.G. aussi bien en armes qu’en raids aériens qui-là où ils avaient lieu-démontraient leur totale inefficacité. Les Combattants Kurdes du Y.P.G.  en réalité menaient un combat héroïque contre le califat sur les hauteurs de Kobané alors qu’ils sont  abandonnés par la communauté internationale.

Voilà pourquoi encore le califat constitue un ennemi « opportun » pour la Turquie qui ne voit pas du tout d’un bon œil une victoire et une reconnaissance internationale des Kurdes de Syrie du Y.P.G., lesquels  considère comme le prolongement du P.K.K. et du mouvement autonomiste Kurde. La Turquie par son attitude envers la Syrie espère en tirer nombre d’avantages rêvant d’un après Assad avec un régime positivement ouvert à  ses intérêts.

Cependant qui sème le vent récolte la tempète. Nul ne sait que serait la réponse de la Russie en cas d’invasion turque de la Syrie , ni la situation intérieure avec le P.K.K. qui a prévenu la fin des accords de paix avec Ankara dans le cas où tomberait Kobané.
Un échiquier avec plusieurs joueurs aux intérêts divergeant ,combattant un état fantoche . Une partie avec beaucoup de souffrance et de sang d’innocents, ainsi que de milliers de réfugiés victimes de la tentative d’établir un nouveau statu-quo , victimes  d’une aventure militariste et d’une politique néocolonialiste mise en place il y a des années dans cette région par Mr. Obama et ses prédécesseurs , ainsi que par ses serviles alliés.

Une conflagration généralisée est possible. Seule la médiation de l’O.N.U. pourrait arrêter un cycle sanglant infernal qui peut durer des années. Toute discussion concernant une action militaire contre l’état islamique devrait se tenir à l’ONU , ne peut pas y avoir de solution passant par les décisions unilatérales de certains états, ni par l’abandon de l’unique force démocratique qui mène actuellement un combat au sol contre Daesh, les Kurdes du YPG .L’Union Européenne doit immédiatement arrêter de considérer le P.K.K. comme une organisation terroriste. Pour en finir avec les Djihadistes  une solution viable (au problème) syrien est nécessaire. Une solution au sein de l’O.N.U. avec la participation de la Russie et non pas avec sa diabolisation.

Au lieu de cela l’O.T.A.N. se substitue à l’O.N.U. et le spectre d’une nouvelle guerre froide nous guette avec des nouveaux foyers de tension et des crises aiguës .

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Un monde de rêve à vivre !!!

Traduction :Ptoodorakis