Revenu minimal, charlatanisme maximal.

Par Panagopoulos Thanos

Source :avgi.gr

La violence des derniers chiffres de l’institut national de la statistique (ELSTAT) fait l’effet d’une bombe dans le bilan des gouvernements mémorandaires grecs.

Plus de quatre grecs sur dix (44,3%) vivent sous le seuil de pauvreté et de l’exclusion sociale par
rapport au revenu « normal » d’avant-crise (2008).

Et même si par ruse les «greek statistics» ont habilement baissé le seuil de pauvreté pour diminuer
le chiffre des pauvres et socialement exclus, les chiffres «officiels» sont en tout état de cause
inacceptables pour un pays européen: 35,7% ou 3.903.800 personnes, – soit la deuxième plus
mauvaise performance au niveau européen après la Bulgarie – , les familles monoparentales et les
familles nombreuses enregistrant un taux supérieur d’exposition à la pauvreté et à l’exclusion

Le «timing» de la publication de ces chiffres était plutôt malencontreux pour le gouvernement, à
peine 24 heures avant le début de la discussion au Parlement portant sur le budget de 2015.
Un projet de budget dont le contenu, au regard de ces chiffres, paraît encore plus incongru par
rapport à l’effarante réalité grecque.

Un signe révélateur de cette incongruité est l’ « entaille» de 495 millions d’euros sur le budget
social, dont les dépenses destinées à la sécurité sociale et à la santé sont passées des 14.390
millions d’euros prévus pour l’année 2014 à 13.931 millions d’euros pour l’année de 2015.

Derrière l’incongruité perce la fourberie du gouvernement, quand il annonce la réduction d’autres
ressources sociales pour la mise en œuvre du revenu minimum garanti à la page 33 de l’avant
projet: «pour la mise en application du programme à l’échelle nationale, les crédits seront
recouverts des ressources qui proviendront exclusivement de la refonte totale du système de
protection sociale du pays».

Là où cette duperie prend une ampleur colossale, c’est quand le gouvernement annonce vouloir
fixer l’enveloppe de cette dépense à la somme «astronomique» de… 20 millions d’euros – dans un
premier stade du projet – au profit de 20.000 personnes. Quand bien même son application
s’élargirait ultérieurement, l’enveloppe ne dépassera jamais la somme d’un milliard d’euros, et elle
sera destinée au bénéfice de seulement 300.000 foyers.

Il s’agit donc d’une mesure dont l’ efficacité minimale est équivalente à la valeur minimale du minimale est équivalente à la valeur minimale du revenu garanti.

Mais maximal en revanche est le cynisme d’un gouvernement dont l’institut national de la
statistique – ELSTAT – mentionne sans les inclure dans les 3,9 millions de pauvres et de
socialement exclus, les quatre grecs sur dix qui ne peuvent pas manger un repas complet tous les
deux jours , les cinq sur dix qui ne peuvent pas se permettre de chauffer leur domicile correctement
et les six sur dix incapables de payer leurs dépenses fixes avant leur exigibilité…
Traduction:Vassiliki Papadaki