Terre brûlée ou renaissance du pays?

12.10.2014

Editorial : avgi.gr

Comme c’était clair dès le début, le gouvernement a obtenu un vote de confiance, mais seulement pour quatre mois. Il est impossible d’obtenir une majorité présidentielle de 180 votes en Février. Ce Parlement n’a en réalité d’existence que jusqu’au vote du budget, qui obéit aux dures conditions du Mémorandum, bien que Samaras et Venizélos aient menacé que … le pays quitterait le Mémorandum !

Le débat au Parlement a montré que la crise de la représentation s’accentue. Même les députés du gouvernement suggèrent l’investiture d’un nouveau gouvernement au Parlement. C’est-à-dire qu’ils mettent en question la survie du gouvernement Samaras. Mais la crise de la représentation, qui produit une crise politique qui se nourrit d’elle-même, s’aggrave aussi du fait de la stratégie choisie par Samaras pour la dette. La stratégie de la soi-disant sortie du Mémorandum, qui dans la pratique équivaut à la démission du pays en ce qui concerne le reste du prêt du FMI, passe après février à la charge du nouveau gouvernement avec la recherche urgente de 25 milliards d’euros dans les marchés. Le pays a endossé un prêt très lourd et cela, de plus, dans des conditions de plus grande incertitude, puisque la demande sur les marchés (y compris le Plan B avec le « financement de précaution» du FMI et un nouveau Mémorandum) se fera à un moment où l’ensemble de la zone euro glisse dans la récession qui se profile et où les marchés font la sourde oreille.

Samaras a recours aux tactiques de la terre brûlée. Il s’efforce d’engager le pays par des accords qui le condamnent à la dette, à la pauvreté et au chômage, et qui entravent la reprise du pays. Il « organise » la dette sans donner la priorité aux intérêts du peuple et à la coupe budgétaire, mais pour faire en sorte de protéger les intérêts des créanciers. On va continuer de payer jusqu’au bout la totalité de la dette, a averti le ministre des Finances G. Chardouvelis hier à la Chambre des Députés, ce qui indique la persistance du Mémorandum et de l’austérité.

La sortie de la crise économique présuppose la sortie de la crise politique. Ceci est largement accepté, même au sein des partis de gouvernement. La formation du consensus nécessaire pour s’attaquer à de gros problèmes exige un changement politique. Un nouveau Parlement qui reflètera le nouveau système. L’ancien système du Mémorandum en faillite sape l’unité interne et le consensus, et expose le pays, sans défense, aux réclamations des créanciers. Le recours à des élections n’est donc pas une revendication partisane, mais une nécessité nationale et populaire.

Les sondages expriment la possibilité d’une majorité pour SYRIZA. Le programme représente une nouvelle alliance sociale, celle des classes moyennes et des travailleurs, qui ont été détruits ou sont menacés par le Mémorandum et la rigueur. Le vote populaire n’est pas un facteur de déstabilisation. Au contraire, il renforce la position du pays, pour livrer et gagner la bataille pour la renaissance démocratique et  la reconstruction productive, et retrouver la dignité du pays sur un plan international. Pour envoyer un message à un niveau européen, à un moment où l’Europe cherche un nouveau chemin.

cropped-cropped-399201_4514250906904_1995366827_n.jpgTrad : A. Garidis