Thessalonique: Protestation solidaire contre la menace d’expulsion d’une chômeuse

Avec comme mot d’ordre « Aucun logement entre les mains des banquiers », et à l’initiative de la section locale de SYRIZA ( Pavlos Melas), des solidaires ont organisé une manifestation de protestation contre la Banque du Pirée, qui a mis en œuvre une procédure d’expulsion à l’encontre d’ Ev.Saridou, âgée de 48 ans.

Habitante du quartier, chômeuse, cette femme a été prévenue il y a quelques jours par un huissier de justice que les serrures de sa maison allaient être changées, du fait que la banque sollicitée n’avait pas accepté sa demande de report de son expulsion fondée sur la perte de son travail et son incapacité de s’acquitter de son « énorme » dette de 3800 euros…

Ev.Saridou, 48 ans, agent de nettoyage de son métier, est restée au chômage depuis le début de la crise, et elle n’a pu travailler depuis, qu’occasionnellement chez des particuliers et dans un hôtel de la ville. Sa maison a été vendue aux enchères en 2008, en raison de son impossibilité de procéder aux remboursements du prêt de son acquisition, contracté auprès de la Banque du Pirée. A la suite de la mise aux enchères, sa maison s’est trouvée entre les mains de la banque, à qui elle devait désormais rembourser un loyer mensuel de 250 euros. Mme Saridou, qui a par ailleurs déposé un recours en justice – qui sera jugé en 2016 – fondé sur l’ insaisissabilité de la résidence principale prévue par la loi Katselis, incapable de rembourser ses loyers pendant 16 mois, elle a accumulé une dette d’environ 3800 euros dont l’exigibilité permet à la banque de l’expulser.

Les solidaires en interpellant les passants ils ont exposé l’incongruité de cette situation particulière qui illustre le traitement inéquitable réservé en règle générale aux particuliers, alors qu’en tant que contribuables, ils ont assumé à leurs propres frais les subventions à hauteur de 200 milliards d’euros accordées par le gouvernement aux banques ces dernières années.

Le cas de Mme Saridou n’est pas unique. Les expulsions vont se multiplier prochainement puisque à partir du 1er janvier les mises aux enchères des résidences principales seront débloquées à la demande de la Troïka. La population de Stavroupolis sensibilisée, elle a déjà commencé à organiser une structure de coordination contre les expulsions et les mises aux enchères. Une protestation analogue est d’ailleurs organisée les jours suivants devant l’agence principale de la Banque du Pirée.

« La lutte pour la défense du droit au logement et du droit à la dignité de la vie, est une lutte pour le renversement du gouvernement mémorandaire et de ses politiques. C’est une lutte qui cristallise les aspirations du peuple grec pour une politique plus humaine » cite le communiqué de SYRIZA qui s’est joint à cette revendication avec la présence de son député, T.Kourakis.

Notons également que le maire de la localité a pris contact avec la malheureuse victime de la politique gouvernementale, en s’engageant à intervenir auprès de la banque afin d’ arrêter la procédure d’expulsion, mais aussi pour lui signaler qu’elle pourra bénéficier des services de l’épicerie sociale de sa ville. Puisque Mme Saridou, comme plusieurs autre grecs, n’a pas non plus les moyens pour assurer son alimentation quotidienne.

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traduction : Ptoodorakis .