La Grèce s’est encore abstenue de voter à l’ONU pour la condamnation du nazisme et du racisme

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par Panagiotakis Michalis

Depuis quelques années, la Russie dépose régulièrement à l’Assemblée Générale de l’ONU une motion condamnant la glorification du nazisme et appelle à la prise des mesures nécessaires afin de limiter l’expansion du mouvement néonazi à l’échelle mondiale, en se référant notamment au problème de la «réhabilitation des Waffen SS», référence qui vise manifestement les pays baltes, et à toute célébration publique qui participe à la revalorisation du nazisme. Avec constance, les États-Unis et le Canada votent contre, et l’Union Européenne – la Grèce s’alignant à ses partenaires également – vote l’abstention. Les motivations du vote négatif ou de l’abstention s’appuient généralement sur des questions liées à la liberté d’expression ou des détails techniques qui ne sont que des prétextes afin de ne pas contrarier les ex démocraties soviétiques qui sont devenues les alliés de l’Union Européenne et des États Unis.

Ainsi, l’abstention de la Grèce lors du vote du 21/11/2014 à l’Assemblée Générale de l’ONU, tout en suscitant la consternation légitime, n’est pas en soi une surprise. Le titre de la motion qui a été finalement adoptée par la majorité des membres votants était: «Lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, des discriminations raciales, et de l’intolérance qui y est associée».

Cette fois cependant, et alors même que le contenu du texte suivait la même logique que les années précédentes, la motivation du vote d’abstention de l’Union Européenne, exprimée par le représentant italien à l’ONU, en sa qualité de porte parole de la présidence tournante de l’Union Européenne, était non seulement plus agressive à l’encontre de la Russie et de son rôle dans l’évolution des événements en Ukraine, mais elle a également adopté la théorie des «distances égales de toute forme de totalitarisme», l’équation de Stalinisme=Nazisme, en s’écartant du texte déposé qui ne visait que le nazisme et ses liens avec le racisme et la xénophobie:

«La focalisation de la lutte contre le racisme dans l’enseignement de l’histoire, à la construction de monuments ou à la référence incorrecte à des mouvements de libération nationale, non seulement s’écarte du cadre des droits des hommes mais elle vise de surcroît à monopoliser la lutte contre le nazisme en produisant une interprétation unilatérale de l’histoire, comme les tentatives récentes pour justifier le pacte Ribbentrop-Molotov le démontrent.
Nous rendons sincèrement hommage au rôle historique de forces alliées et de leurs sacrifices pour lutter contre le nazisme dans la Seconde Guerre mondiale. Mais de même, nous devons nous rappeler que la Seconde Guerre mondiale a entraîné des divisions douloureuses en Europe et sa fin n’a pas apporté la liberté à nombreux pays européens, mais d’autres crimes contre l’humanité commis à l’encontre de leurs peuples».

Parce que les références du texte russe sont et plausibles et plutôt convenues, son rejet systématique sans aucune autre proposition alternative par l’Union Européenne depuis une dizaine d’années, comme celui de la Grèce qui a été anéantie par le déferlement du nazisme pendant la deuxième guerre mondiale et se trouve aujourd’hui face au problème du renouveau du nazisme, provoque une inquiétude légitime.

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Communiqué de SYRIZA

Dans un communiqué le bureau de la politique extérieure et de défense de SYRIZA dénonce la position du gouvernement grec qui «encore une fois a procédé à un vote dans le cadre de l’ONU qui s’oppose à la volonté de la grande majorité du peuple grec et offense ses aspirations démocratiques […] Il est bien connu que la Grèce, ces dernières années, ne dispose pas de sa propre voix sur la scène internationale. Le gouvernement grec aurait dû au moins cette fois faire une «exception» à sa conduite générale, le problème du néonazisme étant bien plus préoccupant en Grèce que dans les autres pays de l’Union Européenne et de l’Occident».

Traduction:Vassiliki Papadaki