Décidément, «il y a quelque chose de pourri» dans l’élection présidentielle grecque…

 

La sensation qu’il y a «quelque chose de pourri» dans l’élection présidentielle grecque est devenue plus palpable depuis l’annonce de la dénonciation par le député P. Chaïkalis de la tentative d’achat de son vote.

Membre du parti des Grecs Indépendants, celui ci a indiqué – en accompagnant ses révélations d’une vidéo déposée depuis quinze jours aux autorités judiciaires et divulguée depuis hier par plusieurs médias grecs – qu’une proposition d’achat de son vote pour l’élection de S. Dimas lui a été faite en échange d’une offre de 700.000 euros en liquide, du remboursement d’un de ses prêts et des contrats publicitaires.

Pendant que le gouvernement grec peine à assurer le nombre de 180 voix nécessaires à l’élection de son candidat, S. Dimas, cette dénonciation sème le trouble. L’absence de réaction des autorités de la justice qui ont été saisies depuis 15 jours, sous prétexte que la vidéo transmise était un « matériau obtenu illégalement »est tout aussi troublante.

Mais ce qui est encore plus troublant c’est le profil de l’auteur de cette tentative de corruption.

G. Apostolopoulos, serviteur de plusieurs maîtres, il a été entre autres, conseiller de deux premiers ministres, de trois dirigeants politiques, conseiller politique également de deux banquiers et de la Deutsche Bank et personne de confiance de plusieurs hommes d’affaires grecs.

Son parcours et sa démarche illustrent l’existence et les méthodes de l’état «profond», de la structure qui gouverne à l’ombre la politique grecque depuis des années.

Par ailleurs, le Premier Ministre grec, A. Samaras visé personnellement par cette affaire – puisque son nom est évoqué pendant la discussion enregistrée – , il a préféré porter plainte contre le député qui a dénoncé la tentative de corruption au lieu d’attaquer l’intermédiaire G. Apostolopoulos qui a utilisé son nom.

Il y a quelques mois, la divulgation par le député du parti néonazi grec Ilias Kassidiaris d’une vidéo prise pendant un de ses entretiens avec Panagiotis Baltakos, – collaborateur très proche du Premier Ministre et Secrétaire Général du gouvernement – avait discrédité le gouvernement Samaras en démontrant son double discours par rapport au parti de l’extrême droite. Comme aujourd’hui l’argument du «matériau obtenu illégalement» a été utilisé comme moyen pour écarter la révélation des méthodes compromettantes du gouvernement.

Et c’est ainsi que les pouvoirs grecs agissent au mépris des règles essentielles en sachant que les enquêtes judiciaires ou parlementaires s’enliseront dans le sable de la complexité de leurs procédés et de la lenteur…

Vassiliki Papadaki

Sources:avgi.gr, left.gr