Alexis Tsipras : Une large alliance électorale pour une nouvelle coalition de pouvoir

 

Source : Quotidien « Avgi », édition du dimanche 28 décembre 2014

« L’opération de chantage, de terreur est de peur » est le « dernier appui » de « l’alliance politique du Mémorandum » qui « s’aperçoit qu’elle s’effondre et s’enrage », note Alexis Tsipras dans son article au quotidien [de gauche] « Avgi ». Cependant, il souligne « la répétition de l’histoire aboutit habituellement à la farce. 2015 ne sera pas 2012 ». Le président de SYRIZA accentue [la prédiction] que « qu’ils le veuillent ou non SYRIZA, avec le soutien du peuple, jouera un premier rôle dans un grand changement politique ». Sa victoire électorale « sera le début d’un grand effort national pour le salut de la société et la reconstruction du pays ». Pour cette raison « SYRIZA [Coalition de Gauche Radicale] s’efforcera de rassembler autour d’elle le plus possible de forces du peuple » et de « larges consensus » à la base de son programme.

Aujourd’hui, accentue Alexis Tsipras, faisant référence à sa proposition de 2012, « c’est l’heure pour la traduire en acte, l’approfondir et gagner la victoire en constituant une large alliance électorale aux bases solides d’un programme ». C’est l’heure, il conclut, « de tourner la page pour le pays ensemble avec le peuple »

L’article complet d’Alexis Tsipras :ΤΣΙΠΡΑΣ ΔΑΧΤΥΛΟ ΣΤΟ ΤΡΑΠΕΖΙ (1)

 

Large alliance électorale pour une nouvelle coalition de pouvoir

Dimanche 28 décembre 2014

 

Malgré son effort désespéré pour se maintenir au pouvoir, le gouvernement Samaras s’effondre. La Grèce est sur le seuil d’un grand et historique changement politique. L’arrivée inéluctable d’élections et la perspective d’une grande victoire électorale de SYRIZA configurent déjà de nouvelles donnes.

Le climat change en Europe. Tous se font à l’idée que SYRIZA sera le gouvernement et qu’une nouvelle négociation va démarrer, avec comme enjeu une solution viable pour la dette et le dégagement de l’austérité pour la Grèce et l’Europe.

Un nombre croissant de médias internationaux d’information escomptent la victoire de SYRIZA aux imminentes élections comme [un événement qui sera] le début de la fin de l’austérité en Europe. Des officiels européens laissent de côté les exclamations de propagande et admettent qu’il n’y a pas d’autre choix pour l’Europe que d’accepter le choix démocratique du peuple grec. Alors même que des enseignes notoires [d’analyse financière] admettent dans leurs rapports que le plus probable scénario après la victoire électorale de SYRIZA serait le repli du leadership européen et l’acceptation d’un compromis avec le nouveau gouvernement grec, sans davantage d’austérité.

Toutefois, au moment même où certains en Europe s’adaptent et où certains, toujours plus nombreux, espèrent un virage plus large pour l’Europe par une victoire de SYRIZA, dans notre pays un establishment politique vieillot et en faillite, l’alliance politique du Mémorandum, s’aperçoit qu’elle s’effondre et s’enrage.

Leur dernier appui [est] l’opération de chantage, de terreur est de peur. Cependant, la répétition de l’histoire aboutit habituellement à la farce. 2015 ne sera pas 2012.

Les annonces [faites à la] cafétéria de l’Assemblée Nationale et des grandes gueules médiatiques de l’extrême droite ne sont plus convaincantes pour personne. Elles ne sont pas en mesure de dissimuler les [accords] préalables tacites que M. Samaras a déjà passés avec les bailleurs de fonds. Ce qui est réussi [par ces annonces] est de rendre encore plus manifeste l’angoisse [de ceux qui les font].

Que ça leur plaise ou non, le peuple arrive de nouveau sur le devant de la scène et SYRIZA, avec le soutien du peuple, jouera un premier rôle dans un grand changement politique. D’ailleurs notre peuple se tournait toujours vers la Gauche [de combat et de transformation sociale] lorsqu’il fallait lutter pour sa survie et pour sa dignité. Sans succomber à [la tentation de] la lâcheté. C’est exactement la même chose qui se produit maintenant.

SYRIZA puise sa force du soutien d’une grande majorité sociale et politique qui lutte pour la dignité et la justice. Sa victoire électorale sera le début d’un grand effort national pour le salut de la société et la reconstruction du pays. Un effort national qui aura cependant un impact international, puisque notre responsabilité nationale est de frayer la voie d’une politique alternative en Europe, en transformant un pays de l’Eurozone [de lieu] d’expérimentation néolibérale en exemple de protection sociale et de croissance. De prouver que lorsque les peuples le veulent, lorsqu’ils ont foi en leurs forces, ils le peuvent.

Le premier pas sera la réalisation du « programme de Thessalonique » pour le traitement de la crise humanitaire. Ceci n’est pas négociable. Il ne crée pas de besoin pour de nouveaux emprunts et ne sera pas posé sur la table des négociations.

Avec le soutien et la confiance du peuple nous appliquerons notre programme et nous irons de l’avant. Le maintien de la Grèce dans la situation d’impasse actuelle n’existe même pas en pensée pour nous, encore moins donc ne pourrait être un choix sous aucune condition.

Sur la base de cet engagement, SYRIZA [Coaltion de Gauche Radicale] s’efforcera de rassembler autour d’elle le plus possible de forces du peuple afin d’avoir la majorité au nouveau Parlement dans le but de réaliser son programme. Dans tous les cas,  à la base de ce programme, nous nous efforcerons d’obtenir de larges consensus.

Nous avons pleinement conscience que la Gauche [de combat et de transformation sociale] ce retrouve encore une fois sur le seuil de l’Histoire pour assumer les [tâches les plus] difficiles. Pour reconstruire sur les ruines s’une société soumise au pillage. Pour cela aussi le gouvernement de SYRIZA ne sera pas le gouvernement d’un [seul] bord politique. Il sera le gouvernement du peuple tout entier.

Les militants et les cadres de SYRIZA ont pleinement conscience à la fois des possibilités et des difficultés qui se présentent devant nous. SYRIZA ne distribue pas des positions de pouvoir mais des positions de combat. Elle ne distribue pas des privilèges, elle distribue des responsabilités. La crise profonde de l’establishment politique ne touche pas SYRIZA et notre peuple sait ça très bien. SYRIZA ne vient pas pour reconquérir les structures et les privilèges du pouvoir. Elle vient pour changer les structures et pour abolir les privilèges. Elle vient pour rendre de la justice, de l’équité, de la méritocratie.

Pendant la durée de la crise nous avons gagné la confiance de la société parce que nous avons échappé du cadre étroit d’un comportement arrogant mais aussi du sectarisme. Nous avons parlé d’une large majorité sociale et politique en temps opportun. [Nous avons parlé] d’une nouvelle coalition de pouvoir. Cette proposition [que nous avons énoncée] a été largement approuvée aux élections de 2012.

Aujourd’hui c’est l’heure pour la traduire en acte, l’approfondir et gagner la victoire en constituant une large alliance électorale aux bases solides d’un programme.

L’heure critique est arrivée. Et nous allons tous nous confronter à l’Histoire. Notre devoir est de faire tout ce qui passe par nous pour que la victoire de notre peuple devienne encore plus large, encore plus certaine.

Pendant cette heure critique il n’y a pas de place pour des arrières pensées. Toute notre pensée, toute notre action, toute notre inspiration est pour la réussite.

Ensemble avec le peuple, tournons la page pour le pays. 

traduction Manolis K