Gages d’une nouvelle éthique politique

577569_3503448317471_2037740010_n (Publié dans le journal AVGI, le 01.04.2015)

La période mémorandaire laissera derrière elle des séquelles non seulement dans l’économie et dans la société, mais aussi dans le fonctionnement démocratique. Dans une période où la crise de la représentation s’aggrave et où la crédibilité des partis diminue, l’éthique politique n’est pas une exigence conservatrice et moralisatrice. Au contraire, elle se révèle être une incitation à la participation sociale et au renouvellement des institutions démocratiques, conditions préalables au renversement du régime mémorandaire.

SYRIZA est le nouveau parti de la Gauche. Et il s’engage sur des positions concrètes pour le retour de l’éthique démocratique au cœur de la nouvelle politique. Premier gage de ce discours: le Code de déontologie des candidats à la députation qui a été voté aujourd’hui au Congrès permanent. Les candidats s’accordent sur des engagements, tant sur le fonctionnement collectif (ils acceptent le principe démocratique qu’un siège de député n’est pas une propriété personnelle) que sur le désintéressement, s’engageant plus précisément au financement des actions de solidarité sociale. La participation à la politique ne doit pas être l’occasion d’enrichissement, en particulier et surtout dans des conditions de crise profonde.

Le deuxième gage de ce discours de SYRIZA est le réel engagement de prendre des initiatives afin de réhabiliter la politique aux yeux du citoyen. Les actions sociales et l’emploi constituent des priorités contrairement à l’économisme vulgaire du néolibéralisme. SYRIZA s’engage à ne pas transiger avec la corruption et la collusion, à ne pas étouffer les scandales et les comportements répréhensibles du passé mémorandaire. Et tout cela sans esprit de revanche politique mais avec attachement au besoin de démocratisation des institutions.

Le troisième gage de ce discours concerne la conception unitaire de SYRIZA pour constituer une alliance des forces politiques et sociales en vue d’un changement démocratique. Loin de la pratique désuète bipartite de la toute-puissance arrogante, sans promesses à des arrangements clientélistes. Il s’agit de la conception d’une nouvelle gouvernance qui s’appuiera sur un mandat populaire fort, sur une majorité absolue parlementaire et simultanément sur une recherche constante de plus larges alliances politiques et sociales dans le respect du programme voté par le peuple.

La nouvelle éthique politique que prône SYRIZA ramène les besoins de la société au cœur de la politique. Et constitue un puissant rempart contre la démagogie d’extrême-droite galopante dans d’autres pays européens en raison des impasses sociales créées par le néolibéralisme. L’acquis moral de la gauche se transforme en programme politique avec des valeurs inspirées par le socialisme démocratique qui respecte les libertés.

SYRIZA prend, lors de son Congrès permanent, ces engagements qui répondent aux questions cruciales de la crise que nous vivons.

Traduction Fr.Bouvier