Les priorités d’un gouvernement de gauche en Grèce. Par D. Stratoulis

Député de Syriza, responsable de la politique d’emploi

MERCREDI, 7 JANVIER, 2015

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La coalition gouvernementale de Samaras – Venizelos, qui après avoir pillé la société pendant deux ans et demi a consenti récemment à des nouveaux engagements envers la troïka des créanciers pour
l’imposition de mesures antisociales supplémentaires, appartient désormais au passé. SYRIZA a atteint l’ objectif de son renversement.
Le peuple grec a maintenant la parole. C’est lui qui imposera son choix avec son vote le 25/1/2015.
Devant les urnes, deux options s’ouvrent à lui. La première est celle de la continuation des
politiques désastreuses de l’austérité. La seconde est leur renversement et leur remplacement par un
plan de développement qui vise le redressement productif et social effectif du pays.
Le gouvernement et ses amis en Grèce et à l’étranger tentent avec la diffusion de la peur et d’un
discours alarmiste autour de SYRIZA et de la perspective d’un gouvernement de gauche d’intimider
un peuple exsangue après 5 ans d’application des mémorandums antisociaux. Des mesures qui ont
ruiné ses salaires, ses retraites, ses droits acquis et ont propulsé la récession, le chômage et la
pauvreté à des niveaux stratosphériques.
L’alarmisme du gouvernement grec, des cercles dirigeants du FMI, de la zone euro et de
l’Allemagne avec le chantage des hypothétiques attaques des «marchés» ne font pas peur à
SYRIZA. Au contraire, ils renforcent notre détermination en tant que futur gouvernement de
gauche soutenu par les combats et le vote du peuple grec à promouvoir et à appliquer à la lettre les
dispositions de notre programme, sans succomber ni aux menaces ni aux chantages ni aux pressions
de l’establishment national et international relayées à profusion par les médias dévoués à leur cause.
Les critères de nos décisions, en tant que gouvernement progressiste de la gauche ne seront pas les
exigences brutales et humiliantes des créanciers et des fonds spéculatifs, mais la survie du peuple, la
dignité de notre pays, l’avenir de la jeune génération et aussi le besoin de frayer des nouvelles voies
prometteuses pour tous les peuples de l’Europe, en renversant les politiques destructrices d’une
austérité sans fin.
L’ objectif de SYRIZA est d’obtenir une majorité parlementaire aux élections et la formation d’une
alliance – indépendamment du résultat électoral – avec d’autres forces de la gauche et de l’écologie
radicale pour former un gouvernement.
Ce gouvernement de gauche aura comme priorités essentielles l’annulation des mémorandums de
rigueur et leur remplacement par un plan de développement qui favorisera la restructuration
productive. Il s’attaquera immédiatement aux problèmes urgents du chômage, du rétablissement des
revenus de la classe ouvrière, des droits sociaux, de la protection législative du travail et de tous les
droits démocratiques qui ont été abrogés les dernières années.
Dans ce but, la renégociation des accords de prêt avec les créanciers afin d’annuler les clauses
abusives, les clauses «coloniales» qui étranglent la population et d’effacer une grande partie de la
dette publique, est nécessaire et primordiale.
Pour faire face aux problèmes sociaux immédiats des victimes de la crise économique et pour
relancer l’économie, un plan d’action sera présenté immédiatement au Parlement.
Les projets de loi qui seront soumis en priorité au vote des députés concernent:
– le rétablissement du salaire minimum à 751€ (celui ci ayant été réduit à 586 par le lois
mémorandaires) et du treizième mois pour les retraites inférieures à 700€
– la suppression des mesures législatives qui ont permis les licenciements abusifs dans la
fonction publique et la réembauche des victimes concernés
– le rétablissement des lois de travail qui protègent les salariés du privé contre les
licenciements abusifs et la suppression des mesures antidémocratiques qui permettent au
gouvernement de réquisitionner abusivement et autoritairement les grévistes
– la mise en oeuvre des mesures qui facilitent le remboursement des dettes des personnes
physiques et des PME envers les caisses de l’état ou des assurances, des dettes des foyers
surendettés envers les banques, en prévoyant même la possibilité de l’effacement d’une
partie de leur dette égale à la perte des revenus liée à l’application des mesures
mémorandaires.
En même temps, le gouvernement mettra en oeuvre une série des mesures pour remédier aux
problèmes liés à la crise humanitaire:
– accès au courant électrique pour les ménages pauvres
– des coupons alimentaires pour les personnes démunies
– mise en disposition des logements pour les sans abri
– accès aux services de santé pour les personnes sans couverture sociale
– accès gratuit aux moyens de transport publics pour les chômeurs et les pauvres
– réduction de la taxe appliquée sur le fioul de chauffage.
Ces mesures constitueront le premier pas de l’application de notre plan de développement
antimémorandaire. Son application présuppose la mobilisation et le soutien du peuple grec, la
solidarité des peuples européens, l’alliance avec toutes les forces syndicales progressistes de la
gauche européenne et aussi avec les gouvernements du sud frappés par la pauvreté.
La coalition gouvernementale de Samaras-Venizelos et l’élite politique et économique qui dirige
actuellement l’Europe utilisent la peur comme arme. Syriza et le Parti de la Gauche Européenne
représentent l’espoir de notre peuple et de tous les peuples européens pour un meilleur avenir.
L’avenir est en marche.
Optimistes, nous croyons que nous pouvons changer la situation en Grèce et en Europe.
Traduction:Vassiliki Papadaki