Un avenir commun contre l’austérité et la déflation. Par Fotiou Theano*

MERCREDI, 7 JANVIER, 2015

La Grèce a été le pays d’Europe où les classes populaires ont subi la plus violente politique
néolibérale d’austérité décidée par la troika, par le biais des mémorandums.
Les objectifs étaient évidents: suppression des conventions collectives et des droits acquis,
abandon de l’état social (Education – Santé – Sécurité) au privé, privatisations et liquidation du
patrimoine public grec et des richesses naturelles du pays, confiscation des patrimoines privés grecs
par la surimposition au profit des vautours étrangers des marchés.
Dans un laps de temps de 5 ans l’économie a été détruite, le chômage a atteint 27% et 62% pour
les jeunes, les revenus ont été réduits de 50%, les retraités ont été anéantis, 3,5 millions de
citoyens se sont retrouvés en dessous du seuil de pauvreté. Les jeunes émigrent massivement et la
dette publique est passée de 120% en 2009 à 175% du PIB. Et naturellement elle ne peut pas être
remboursée.
Le peuple grec devait être puni de façon exemplaire, à titre d’avertissement pour le reste des peuples
européens.
L’économie et la société ont subi des dommages d’une guerre non déclarée.
Le peuple souffre.
La Grèce, un pays de l’UE en temps de paix, se trouve face à une crise humanitaire: suicides,
enfants qui s’évanouissent de faim à l’école, propagation des maladies infantiles puisque les enfants
ne sont plus vaccinés et 35% des familles se trouve en dessous du seuil de pauvreté.
Le peuple grec n’a pas plié.
Des vagues de grèves et des manifestations massives ont mobilisé le pays, tandis que les citoyens
se sont retournés pour la première fois depuis la deuxième guerre mondiale vers la gauche radicale,
vers SYRIZA.
En même temps le peuple grec a commencé à s’ auto-organiser en créant des structures de solidarité
sociale sur tout le pays afin de survivre et de résister. Personne ne restera seul face à la crise –
Solidarité – Résistance, ont été les mots d’ordre.
Des centres de santé et des pharmacies solidaires, des cantines sociales, des distributions de colis
alimentaires, des nouveaux marchés sans intermédiaires de distribution, des écoles solidaires
pour les grecs et les étrangers et tous les jours nous voyons apparaître de nouvelles formes des
collaborations sociales. Suivant les règles de la démocratie participative leurs décisions sont prises
en assemblées générales ouvertes garantissant la participation égalitaire de tous, solidaires et
bénéficiaires, grecs et étrangers. Par leur action, ces cellules d’autogestion renversent le modèle
idéologique du néolibéralisme: Concurrence – personnalisation – privatisation.
La crise transforme les identités. Les structures de solidarité sociale accélèrent les transmutations
identitaires et politiques.
Les structures de la solidarité révèlent le caractère politique de la crise.
Parallèlement le besoin de survie devient créateur des nouveaux savoir faire de la pauvreté.
Il démontre l’effet multiplicateur de la participation citoyenne.
Les structures alimentaires qui se développent sur l’étendue du territoire grec, se sont très
rapidement intéressées aux surplus, au gaspillage, aux produits terrés par les producteurs ou détruits
par les usines, aux aliments jetés par les restaurants et les magasins, aux médicaments et aux habits
dont les familles ne se servent plus. Des produits qui sauvent des vies alors que le capitalisme
préfère détruire pour accroître la valeur ajoutée du capital.
Cette Europe là doit changer
Un cordon ombilical lie les structures de solidarité avec la gauche radicale.
Leurs pratiques journalières ont enrichi le discours et le programme de Syriza.
La lutte contre la crise humanitaire constitue un des grands axes du programme politique de Syriza
et englobe les mesures immédiates qui vont être prises afin que personne ne se trouve plus sans toit,
sans médicaments, sans chauffage, sans courant électrique.
Syriza désire devenir le porte parole de tous ceux qui ont nourri sa réflexion, qui ont amplifié
sa force et sa voix pour revendiquer aujourd’hui la gouvernance du pays, pour supprimer les
mémorandums et l’austérité, pour négocier l’effacement de la plus grande partie de la dette, non
seulement pour le peuple grec mais pour le bien de toute l’Europe. Pour devenir l’initiateur d’un
changement historique qui aura comme devise : « Cette Europe là, elle se change ou elle
s’autodétruit »
C’est pour cela que nous demandons aujourd’hui la solidarité de tous les peuples de l’Europe pour un
avenir commun contre l’austérité et la déflation, contre l’expansion du fascisme et du racisme.
Pour l’ Europe de la cohésion sociale et de la solidarité. Pour l’humain avant le gain et pour un
autre monde [qui] est possible, deux devises qui revendiquent les valeurs du socialisme comme
des valeurs intemporelles de la gauche.
Voilà le message du 25 janvier
Traduction:Vassiliki

*Fotiou Theano. (députée de Syriza)