Législatives en Grèce : 100 000 jeunes électeurs privés de leur droit de vote

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I Kathimerini
Traduit par Laurelou Piguet
Sur la Toile :

Mise en ligne : mardi 13 janvier 2015
Les jeunes Grecs qui fêteront leur dix-huitième anniversaire cette année ne pourront pas voter lors des élections législatives du 25 janvier, alors que la loi leur en donne le droit. La faute au ministère de l’Intérieur, qui a traîné des pieds pour constituer les listes électorales avant la fin de l’année calendaire. En Grèce, on s’interroge : les autorités craignent-elles le vote des jeunes ?

Le ministre de l’Intérieur, Argyris Dinopoulos, a annoncé que les jeunes nés en 1997 ne pourraient pas voter cette année même s’ils fêteront au cours de cette année leurs 18 ans, ce qui du point de vue de la loi électorale devrait leur permettre d’exercer le droit de vote.


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En effet, les maires constituent les listes électorales en début d’année civile, à partir des registres communaux sur lesquels les jeunes citoyens s’enregistrent au cours du mois de janvier. Les listes constituées sont ensuite publiées au cours du mois de mars. Or, comme les élections de cette année précèdent cette procédure d’inscription, les jeunes nés en 1997 ne peuvent pas être enregistrés.

Un problème similaire se pose pour les électeurs qui résident sur une commune autre que celle où ils sont inscrits sur les listes électorales. Le délai entre l’annonce des élections et leur tenue est trop court pour que la procédure de changement d’inscription puisse se faire. On craint que cela ne provoque une abstention « contrainte », en particulier pour les personnes âgées qui se déplacent difficilement. Les derniers scrutins avaient d’ordinaire lieu au printemps et à l’automne, des saisons pendant lesquelles les déplacements sont plus faciles.

Procédure simple

Selon le journal I Efimerida ton syntakton, une procédure simple permettait de changer ce mode de constitution des listes électorales et d’en accélérer exceptionnellement le calendrier. Mais il fallait le faire avant la fin 2014, et le ministre a fait traîner les choses. Selon le journal, le ministre de l’Intérieur Dinopoulos, quoiqu’informé par sa hiérarchie, s’est ostensiblement désintéressé du dossier, excluant de fait du scrutin 100 000 jeunes qui auront 18 ans en 2015 et qui devaient obtenir le droit de voter le 25 janvier.

Le sujet a fait réagir dans le monde politique, à commencer par les jeunes eux-mêmes. Les élus du Parlement des Jeunes ont fait publier une lettre pour exprimer leur forte opposition à ce que des citoyens ne puissent pas exercer leur droit de vote. Ils considèrent qu’il reste assez de temps jusqu’au 25 janvier pour mettre en place la procédure d’inscription et que, même si ce n’est pas le cas, ils proposent que ces nouveaux électeurs soient inscrits le jour même des élections dans leur bureau de vote.

« Nous voulons croire que personne ne craint le vote des jeunes », est le message qu’ils veulent faire passer et veulent encore croire que tout sera mis en œuvre pour éviter que se concrétise cette incroyable « erreur » qui soulève beaucoup de questions aussi quant à l’application de la loi électorale.