Comité fédéral de la FGTB : Merci la Grèce, au revoir TINA.

Le nouveau gouvernement grec représente une chance pour l’ensemble de l’Europe. Un échec de Syriza serait un très mauvais signal pour tous ceux qui croient aux valeurs fondamentales européennes de respect de la démocratie, de justice sociale et de tolérance. Un échec pourrait ouvrir la voie à ceux qui cherchent aujourd’hui en Grèce comme partout ailleurs en Europe des solutions dans le rejet de l’autre, la xénophobie et le racisme.
Le peuple grec a rejeté le carcan imposé par les technocrates européens et internationaux de la Troïka. La Grèce est la preuve concrète que les politiques d’austérité et de précarisation ne fonctionnent pas. Six années de coupes budgétaires sans précédent, de désinvestissement dans le secteur public et de politique salariale régressive ont conduit le pays au chaos économique et social: réduction de 25% de l’économie, explosion de la pauvreté et des inégalités, un taux de chômage de 26% et qui touche plus d’un jeune sur deux, la destruction des services publics et du système de santé.
Il faut changer de cap. Poursuivre dans la même voie ne conduirait qu’à aggraver les inégalités et le chômage en Grèce mais aussi partout ailleurs en Europe. Il faut donner priorité à l’emploi, à la croissance, à l’investissement public et aux politiques de redistribution.
Bien sûr, la Grèce a ses particularités et le nouveau gouvernement devra enfin s’attaquer aux maux endémiques de sa société tels que la corruption ou les injustices inacceptables de son système fiscal. Mais la Grèce a le droit de vouloir renégocier sa dette. Et c’est aussi une opportunité pour l’Europe. L’histoire a montré que de telles opérations sont possibles et salutaires pour tous. Que l’on se rappelle simplement de la restructuration de la dette allemande au lendemain de la seconde guerre mondiale. L’idée était simple. Pour éviter les erreurs de la première guerre mondiale, les alliés ont reconnu que l’Allemagne devait d’abord retrouver le chemin de la croissance pour avoir les moyens de payer ensuite ses dettes. Le plan de restructuration a annulé 50% de la dette, le reste a été étalé sur plus de 50 ans et conditionné à l’existence d’un surplus commercial.

 

Une telle stratégie de coopération serait-elle devenue si absurde 60 ans plus tard? Ce qui fût possible pour l’Allemagne par le passé et lui a permis de se redresser économiquement et socialement n’est-il pas envisageable pour d’autres pays aujourd’hui?FGTB-Centrale Générale