La Grèce n’a pas abandonné ses objectifs pour sa dette

FABRICE SAVEL AVEC REUTERS
LUNDI, 30 MARS, 2015
HUMANITE.FR

« Les solutions sont connues – soit il y aura une décote, soit elle sera prolongée, ou (le remboursement) sera lié à une augmentation de la production ou des exportations, ou bien il y aura des taux d’intérêt plus bas », a dit Dimitris Mardas
La Grèce ne renonce pas à son objectif de renégocier les conditions de sa dette afin de la rendre plus gérable, a déclaré lundi, Dimitris Mardas, le vice-ministre des Finances du pays alors que se poursuivent les négociations sur une liste de réformes permettant de débloquer une nouvelle aide financière.

« Le gouvernement n’a abandonné aucune de ses réclamations en vue de rendre la dette du pays plus viable », a affirmé Dimitris Mardas, le vice-ministre grec des Finances au quotidien économique Naftemporiki. Le fardeau de la dette grecque a atteint plus de 177% du produit intérieur brut (PIB) du pays l’an dernier. Le nouveau gouvernement en place depuis janvier a promis d’exiger de ses créanciers l’effacement d’une grande partie de cette dette.

Mais il s’est peu exprimé à ce sujet ces dernières semaines, dans un contexte de négociations difficiles pour obtenir la dernière tranche d’aide indispensable pour éviter un défaut. « Les solutions sont connues – soit il y aura une décote, soit elle sera prolongée, ou (le remboursement) sera lié à une augmentation de la production ou des exportations, ou bien il y aura des taux d’intérêt plus bas », a dit Dimitris Mardas au journal. Il a réitéré la proposition grecque de lier le remboursement de la dette de 318 milliards d’euros à la croissance économique ou aux exportations, sur le modèle de l’accord conclu après la Seconde Guerre mondiale avec l’Allemagne.
La Grèce et ses créanciers ont discuté tout le week-end des réformes présentées par Athènes pour débloquer l’aide, mais la tonalité des déclarations n’est pas la même de part et d’autre. Si le gouvernement grec s’est montré plutôt optimiste dimanche, le « Groupe de Bruxelles » (Commission européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) attend des engagements plus concrets.
La Grèce risque de se trouver en défaut de paiement le 20 avril si elle n’obtient pas de nouvelle aide de la part de ses partenaires européennes. Le conseil des ministres grec a approuvé dimanche la liste de réformes censées rendre son économie plus compétitive et ses finances publiques viables, avec des objectifs d’un excédent budgétaire primaire de 1,5% du PIB cette année et d’une croissance à 1,4%, a indiqué un responsable du gouvernement. Des responsables grecs et européens poursuivent les négociations dans l’espoir d’avancer suffisamment pour permettre aux ministres des Finances de la zone euro de se réunir de nouveau sur le sujet.
Faute d’avancée, aucune date n’a encore été fixée pour cette réunion de l’Eurogroupe, a indiqué lundi un porte-parole du ministère allemand des Finances. « Il nous faut attendre que la partie grecque nous présente une liste globale de réformes qui servirait de base de discussion convenable pour les institutions puis l’Eurogroupe », a-t-il dit.
Le « groupe de travail Eurogroupe », instance préparatoire qui réunit des représentants des ministres des Finances et de la Commission européenne, pourrait toutefois tenir une conférence téléphonique « avant Pâques » en cas de progrès des discussions, a dit de son côté Margaritis Schinas, porte-parole de l’exécutif européen. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras doit s’exprimer sur le sujet des réformes envisagées lundi devant le Parlement.