Gouvernement Grec : Le programme de Thessalonique est en ordre de marche

Source: http://left.gr

Résumé : « Tous les quatre piliers du programme de Thessalonique avancent à pas rapides en dépit des difficultés objectives ». Ceci est souligné par des sources grecques gouvernementales dans une dépêche informelle relative aux actions menées par le gouvernement de SYRIZA pendant les quatre premiers mois de son  mandat. Le nouveau gouvernement grec parachève quatre mois de responsabilités et, pendant ce court intervalle, il présente une œuvre importante dont le rendu fait apparaître l’intensité de l’effort déployé et le haut niveau de coordination.

 

Le programme de Thessalonique

Ceux qui ces derniers temps critiquent le gouvernement, s’efforcent de démontrer que la politique qu’il exerce s’éloigne du programme de Thessalonique, engagement fondamental de SYRIZA, associé à sa victoire, et de l’accord de programme du gouvernement de salut social. La vérité cependant est que, tous les quatre piliers du programme de Thessalonique avancent à pas rapides en dépit des difficultés objectives

  1. Crise humanitaire :
  • La loi 4320/15  pour le traitement de la crise humanitaire a été votée et le programme qui en découle s’applique en s’élargissant en permanence. Par cette voie la priorité fondamentale du programme gouvernemental, prendre soin des citoyens éprouvés par la crise économique et l’austérité des memoranda, se réalise. Dans une mesure importante, l’alimentation, le logement, l’énergie électrique pour des dizaines de milliers de foyers, sont assurés. Le nombre de demandes de bénéficier de la nouvelle loi est de 180.974
  • La participation de 5 euros, exigée pour tout acte médical dans les Hôpitaux publics, a été supprimée.
  • La décision interministérielle qui concerne la couverture maladie de toutes les personnes sans assurance, sans critère de revenu, est à la signature.
  • Les gardes des médecins dans les Hôpitaux publics de la période 2012-2014, impayées des gouvernements précédents, ont été payées.
  1. Relance de l’Economie :La loi qui concerne le règlement en 100 échéances des dettes non  recouvrées envers le Trésor Public et les Caisses d’Assurances a été votée, assortie d’amendements qui règlent des questions de lutte contre l’évasion fiscale et d’encaissement plus rapide de diverses recettes fiscales. Des centaines de milliers d’entreprises se sont soumises au régime prévu et ont ainsi obtenu les attestations administratives nécessaires à la poursuite de leurs activités.

Des coups ont été infligés à l’évasion fiscale par un amendement sur la taxation des transactions triangulaires et des mesures pour la localisation et la saisie de fonds issus d’activités « au noir ».

  1. Questions du travail. Le projet de loi sur la règlementation du travail, la restauration des Conventions Collectives négociées, le retour progressif du salaire minimum à 751 euros, est à son étape finale d’élaboration avec, à ce sujet, le soutien exprimé  de l’Organisation Internationale du Travail (OIT-ILO) et même encore de Jean-Claude Juncker.
  2. d. Le quatrième pilier du programme de Thessalonique se réalise par étapes:
  • Une législation sur l’efficacité de l’administration publique prévoit, entre autres, le retour à leurs postes des fonctionnaires licenciés par le gouvernement du mémorandum, celui des MM. Samaras et Venizélos. Déjà les femmes de ménage du Ministère des Finances et les auxiliaires des écoles ont réintégré leur travail, et il est aussi prévu le retour de 3.600 fonctionnaires licenciés.
  • ERT, l’audiovisuel public grec, démantelé par le précédent gouvernement et restauré par l’actuel de SYRIZA, va bientôt émettre.
  • Les dispositifs votés, ou en voie de l’être, sur l’Education, la Recherche et la Technologie introduisent d’urgencedes mesures pour pallier à la dégradation induite par les politiques du mémorandum, renforcer la Démocratie dans l’Enseignement Supérieur, redresser les injustices commises à l’égard des personnels, revaloriser le cadre de la recherche scientifique, conforter la reconnaissance de l’Education Spécialisée, enfin faciliter l’accès au Lycée et aux Etablissements Universitaires des classes défavorisées, notamment par la suppression des examens nationaux en 1ère et 2nde classes du Lycée et le recours obligatoire à une Banque de Sujets nationale .
  • La loi sur l’humanisation du système pénitentiaire assure la protection des droits des détenus, notamment des détenus malades, âgés ou handicapés, réforme le droit pénal des mineurs selon les acquis de la culture démocratique européenne, ouvre la voie à l’amélioration de la détention, harmonise le droit pénitentiaire de la Grèce avec celui de pays démocratiques. Un amendement à cette loi supprime certaines dérives liberticides des précédents gouvernements.

 

Des lignes rouges infranchissables

Les lignes rouges du gouvernement sur les questions du travail et des assurances sont maintenues à l’endroit ou elles ont été tracées. Non par obsession mais aussi parce que des acteurs officiels internationaux adhèrent maintenant au point de vue du gouvernement : que la mise en route des négociations collectives et l’augmentation progressive du salaire minimum sont au bénéfice de la croissance et de l’économie en général. A peine le vendredi 15-05-2015 l’Organisation Internationale du Travail (OIT-ILO), suite à la rencontre du Ministre grec du Travail Panos Skourletis avec le Directeur Général de l’Organisation, a salué le redémarrage du dialogue social en Grèce.

L’OIT, dans son communiqué, insiste sur l’appréciation positive des nouveaux efforts du gouvernement grec et des partenaires sociaux pour la promotion des négociations collectives, aussi de la tâche législative en cours visant à l’harmonisation avec des modèles internationaux. L’OIT remarque qu’elle va poursuivre les efforts de coopération avec les représentants grecs dans le but cité, et dans d’autres domaines prioritaires pour l’amélioration du marché grec du travail.

Par ailleurs, dans cette même direction se situe la déclaration commune (06-05-2015) du Président de la Commission Jean-Claude Juncker et du Président A.Tsipras. Dans leur déclaration les deux dirigeants on souligné que « il y a eu convergence d’opinions autour du rôle d’un système de négociations collectives moderne et efficace, qui doit être développé à travers un large débat et correspondre aux standards européens les plus élevés ». Encore, ils n’ont pas omis de remarquer « le besoin pour que les évolutions salariales et les institutions du marché du travail jouent un rôle de soutien à la création de postes d’emplois, à la compétitivité et à la cohésion sociale »

Cependant le FMI, contre l’avis des spécialistes et les volontés politiques, insiste qu’il ne faudrait pas renverser « des politiques déjà appliquées » et même que, dans un document relatif, « dans ce domaine les plus grands progrès ont été effectués dans le passé » ! C’est à évoquer les coupes des salaires, retraites, etc. par le gouvernement des MM. Samaras et Venizélos.

Le gouvernement grec par une loi sur les questions du travail va confirmer, aussi par voie législative, son refus de pérenniser les atteintes portées au droit du travail par le gouvernement Samaras/Venizélos. Ainsi :

  1. Il va annuler par voie législative la clause de déficit zéro pour les retraites complémentaires afin qu’elles se maintiennent au niveau du 31-12-2014.
  2. Il n’acceptera pas les licenciements collectifs
  3. Il va garder en vigueur la loi actuelle sur le syndicalisme

Les questions de fiscalité

Ces derniers jours l’opposition officielle de Droite s’est déchaînée dans une campagne de communication parlant d’un supposé « plan de pillage fiscal » du gouvernement. Ils ne tiennent pas compte de la devise qui dit que… il ne faut pas parler de corde avec la famille d’un pendu( !)

C’est bien M. Samaras et son gouvernement ont instauré l’Impôt Unique (inique) sur le Patrimoine Immobilier (ENFIA), qui ont pérennisé ladite « Contribution Extraordinaire de Solidarité », qui ont ravagé les ménages et les entreprises alors qu’ils détournaient le regard de l’évasion fiscale et feignaient l’indifférence confrontés à la révélation de la liste électronique des grands déposants – évadés fiscaux – livrée par Christine Lagarde, la fameuse « liste Lagarde ».

Le gouvernement a voté en mars la loi sur le règlement des créances non recouvrées, qui a donné un ballon d’air aux ménages, aux indépendants, aux entreprises. A titre indicatif, voici les éléments fournis par le Ministère des Finances.

  • Jusqu’au 11 mai, c’est-à-dire pour une période de 24 jours, 380.000 débiteurs ont fait la demande de se soumettre au nouveau règlement, pour une somme totale de dettes de 2,8 milliards.
  • En ce qui concerne les caisses d’assurances, jusqu’au 12 mai, environ 144.000 assurés se sont soumis au règlement de leurs dettes, pour une somme totale de dettes de 3,4 milliards.

 

Il mérite de comparer les sommes soumises à règlement selon le nouveau dispositif, le nombre contribuables et d’assurés y participant, avec les résultats obtenus par une  loi se prévalant de la même ambition, introduite par le gouvernement de M. Samaras.

Le gouvernement actuel a prouvé en actes que non seulement il porte la volonté politique de débarrasser les citoyens et les entreprises du nœud coulant  de la dette privée, que les gouvernements des mémorandums leur ont passé au cou, mais que déjà il réalise cette volonté.

 

Les scénarios d’un prétendu « pillage fiscal », l’opposition officielle de Droite peut se les garder pour se remémorer ses propres jours et travaux. Le gouvernement actuel n’a point comme objectif d’augmenter les charges sur les épaules de ceux qui en ont été à ce jour les habituels porteurs mais, au contraire, il a l’intention d’alléger les fardeaux des épaules des revenus modestes. 

Traduction E.Kosadinos