Manolis Glezos : « Il y a de quoi être fier de l’ Europe et de ses institution! » « La strangulation du peuple grec doit cesser »

Traduction: Emmanuel Kosadinos

Intervention de Manolis Glezos au Parlement européen, 21/05/15

 

Le député européen de SYRIZA, Manolis Glezos, largement connu de l’opinion publique française et européenne pour ses combats passés et présents, a fait l’intervention suivante lors de la séance du 21/05/2015 du Parlement européen, au point d’ordre du jour « Taux de croissance en Europe » après lecture du rapport de la Commission européenne.

Sources: http://kinisienergoipolites.blogspot.be/, https://youtu.be/rrcfLNw4N4Q

« Les chiffres prospèrent cher(e)s collègues et peuples souffrent. Les profits des monopoles augmentent et les travailleurs sont dans un enfer. La réalité est tout autre que celle qui est mentionnée au rapport. Le chômage s’accroît dans l’Europe entière, la malnutrition s’étend. Les fermetures de boutiques se poursuivent et les suicides de personnes qui ne s’en sortent pas financièrement continuent.

Pour sortir de cette situation la strangulation par les créanciers, tout en particulier la strangulation du peuple grec, de la Grèce, doit cesser.

Je mentionnerai seulement ceci : pendant toutes ces dernières années nous [les Grecs] avons reçu 226 milliards et nous avons rendu 270, donc 44 milliards de plus »

« IL EST L’HEURE DE PROUVER A TOUS QUE NOUS CONSERVONS LA MÉMOIRE DE LA LIBERTÉ, LES IDÉES DE LA RÉSISTANCE »

Bruxelles, 21 /05/2015

Source: http://iskra.gr/

L’asphyxie ! C’est le seul mot capable de rendre compte de ce qui est perpétré de manière sadique 4 mois durant contre notre peuple et son gouvernement par les fameux « partenaires », sous l’approbation incessante de leurs collaborateurs de l’intérieur. C’est comme si un sac en plastique était appliqué autour de la tête de chaque citoyen, ce supplice étant la sanction immédiate du fait qu’il s’est dressé pour dire : « Ça suffit ! »

Des vexations quotidiennes venant des échelons du pouvoir, des fuites spécieuses, des mensonges énoncés avec la certitude que seule la voix menteuse sera entendue car c’est la voix d’un Allemand puissant (bien que compromis), d’un Luxembourgeois respectable (résidant en paradis fiscal), d’un Français bien considéré (mais amnésique et invertébré), d’un Néerlandais lambda (et un peu fripouille), spécialistes de gracieusement s’incliner face aux plus puissants.

Il y a vraiment de quoi être fier de l’Europe et de ses institutions !

Et nous ? Qu’allons-nous faire ? Qu’allons-nous faire nous tous, Grecs? Resterons-nous chez nous passifs, devant la télé, en espérant – hors de toute logique – que le désastre du pays entier s’arrêtera devant notre porte ?

Je m’attriste d’être loin de la Grèce cet instant. Je m’attristerai davantage si je ne vois pas, dès demain, notre peuple sortir dans les rues avec une dignité courroucée, une colère juste, transformée en action politique, pour confronter ceux qui préparent son annihilation.

Nous avons le devoir envers les générations à venir de manifester dans la rue, pour clamer aux usuriers qu’il ne nous reste plus de sang à offrir. Sortir dans la rue pour dire aussi à notre gouvernement que nous sommes à ses côtés, pourvu qu’il ne recule d’un seul pas.

En milieu du 1er siècle de notre ère, un dont l’Histoire n’a pas retenu le nom, écrit : « Tant que la mémoire de la liberté est conservée et habite le peuple asservi, il ira à sa recherche et opposera de la résistance. Mais si le mal l’emportait, et les gens ne discouraient plus sur la manière de s’en débarrasser mais plutôt sur la manière de vivre avec moins de peine, le désastre serait total »

Frères grecs, il est l’heure de prouver à tous que nous conservons la mémoire de la liberté, les idées de la Résistance.

Manolis Glezos