La Russie, c’est l’Europe aussi ,par Panos Trigazis

24.06.2015

Source : avgi.gr

Certains se sont ennuyés – à l’intérieur comme à l’extérieur du pays – par la récente participation du Premier ministre Alexis Tsipras au Forum économique de Saint-Pétersbourg en Russie. Certains d’entre eux ont fait des commentaires ironiques, comme par exemple le chroniqueur du quotidien « Kathimerini » qui a parlé de « tourisme idéologique et politique ». Il y a quelques mois, le 14 avril 2015, où l’ancien ministre de la Nouvelle Démocratie Konstantinos Arvanitopoulos, en écrivant un article au quotidien «Les Nouvelles», il nous avait demandé de faire attention afin de « ne pas se trouver du mauvais côté de l’histoire » à cause du gouvernement grec qui fait des ouvertures en Russie. Il a oublié que les premières ouvertures de la Grèce à Moscou, après 1974, se sont réalisées par Konstantinos Karamanlis, qui avait refusé d’impliquer notre pays au boycott des Jeux olympiques de Moscou par des pays occidentaux. À cette époque la guerre froide était à son apogée.

Nous comprenons les critiques mentionnées ci-dessus des chroniqueurs favorables aux mémorandums (d’austerite, qui sont incapables de comprendre en profondeur la décision du gouvernement à mener une politique étrangère pacifique et multidimensionnelle, afin d’améliorer le rôle et la position extérieure globale de notre pays dans les affaires européennes internationales, pour le bénéfice de nos thèmes nationaux.

Ils prétendent qu’ils sont européistes, en ignorant le fait que l’idée d’une Europe unie s’est formulée depuis le début comme un concept pacifique, démocratique et européen.

D’ailleurs, l’un des premiers à avoir formulé cette idée, il y a environ deux cents ans, était le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Ioannis Capodistrias, premier gouverneur de l’État grec indépendant qui a émergé de la Révolution de 1821.

En outre, les européistes conservateurs veulent ignorer que l’idée européenne, l’idée d’une Europe sans frontières et sans guerres, est née dans le mouvement syndical dès ses premiers pas.

Pour eux, l’Europe unie est une idée de la guerre froide et concernant la Grèce, elle est une idée qui appartient à Konstantinos Karamanlis. Les pouvoirs conservateurs de l’Europe refusent toujours, que la Russie, c’est l’Europe, comme la Turquie aussi. Cette position découle, non parce qu’ils sont réellement intéressés à la démocratie et les droits humains dans ces deux pays, mais parce qu’ils sont intéressés à préserver leurs privilèges. Tant la Russie que la Turquie, appartiennent à l’Europe géographiquement et historiquement.

Pour parler plus précisément de la Russie, nous rappelons que la convocation de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), il y a quarante ans, le 1er août 1975, était une initiative de l’URSS et, par extension, de la Russie. Une conférence connue de tous, qui – avec la contribution décisive de Willy Brant – avait créé la première crise majeure de la guerre froide et la division de l’Europe dans les années où notre continent entier vivait avec le cauchemar d’un holocauste nucléaire et risquait de devenir une «Eurosima».

A l’occasion que cette année nous honorons les 70 ans de la victoire antifasciste des peuples de la Seconde Guerre mondiale, n’oublions pas, tant les hommes de droite que de gauche, à l’exclusion des néo-nazis, que la libération de l’Europe s’est réalisée avec la contribution décisive de l’URSS et les batailles de Leningrad et Stalingrad.

Bien sûr, si certains veulent réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ou identifier le communisme au fascisme, ils pourront me reprocher de « stalinisme », parce que j’utilise les noms anciens, alors qu’aujourd’hui les deux villes sont appelées Saint-Pétersbourg et Volgogrand …

Traduction : Athina Vlachaki

Panos Trigazis est le coordinateur du département de la paix et des relations internationales de SYRIZA