Arme puissante et lourde responsabilité, éditorial du journal avgi, le 7/7/2015

Aujourd’hui les négociations entre la Grèce et les créanciers reprennent, ces négociations soi-disant définitivement terminées et qu’il n’était pas question de reprendre avec ce gouvernement. Le référendum est intervenu.

Hier, lors de la rencontre des dirigeants politiques, les chefs des partis qui ont dit Oui à la réddition aux créanciers ont été contraints de consentir au plan de négociation du gouvernement. Le référendum a précédé. Les 61% de Non sont la grande arme d’Alexis Tsipras dans l’effort pour trouver une solution juste et viable.

Le Non, et plus encore les retentissants 61% du référendum, a choqué les dirigeants européens, qui considéraient – ou avaient été assurés par leurs serviteurs zélés d’Athènes – que le référendum en période de contrôle des capitaux, refermerait la parenthèse de gauche. Ils étaient « finement prêts » à « se débarrasser de Tsipras ». D’où aussi l’agacement manifeste chez certains politiciens européens qui s’étaient irrémédiablement exposés. Le résultat, cependant, a aussi surpris positivement les peuples de l’Europe entière, qui ont vu la Grèce blessée dire un Non absolu et sans ambiguïté à l’austérité et aux blocages, un non au « il n’y a pas d’autre choix »(ndlt: en référence au fameux TINA « There Is No Alternative » de Margaret Thatcher).

Ce Non du peuple, le caractère de classe du vote et la radicalisation enregistrée de la jeune génération, outre une arme est un lourd fardeau de responsabilité que le gouvernement emporte à Bruxelles.

Le peuple a prouvé que, lorsque son gouvernement lui demande, il n’a pas peur de se battre. C’est au tour du gouvernement de se montrer digne du soutien populaire et de parvenir à un accord qui mette fin au cercle vicieux de l’austérité épuisante et ouvre la porte à l’avenir.

Traduction Frédérique Bouvier