Le Peuple Souverain !

éditorial du journal avgi, le 06/07/2015

C’est peut-être la première fois au temps de la mondialisation, de l’Internet et de la démocratie télévisuelle, qu’une proposition politique à laquelle s’opposent en bloc des intérêts économiques, politiques et médiatiques bien établis, non seulement à l’intérieur du pays mais aussi hors de ses frontières, a remporté une écrasante majorité avec le soutien d’un peuple bien déterminé qu’il n’a pas cédé sous la pression cruelle de l’asphyxie bancaire. Les poches vides, mais il a dit Non.

Un peuple souverain! Le scénario de la « parenthèse de la gauche » prévu par les adversaires du gouvernement actuel a été effondré à grand fracas, et avec lui le projet d’une sanction exemplaire de la Grèce qui devait servir de leçon aux autres peuples européens qui attendent des élections, et plus généralement aux classes laborieuses de toute l’Europe.

La monoculture de l’austérité a reçu un second et encore plus puissant NON, après celui du 25 Janvier.

Sur le front intérieur, le résultat du référendum a déjà déclenché des processus qui sont restés dernièrement en suspens, en raison toujours du même espoir vain, de la parenthèse de la gauche. A. Samaras a déjà démissionné et le vieux personnel politique qui s’est rassemblé derrière le Oui, montre des signes d’effritement. Le NON n’en laisse pas moins intact la nouvelle garde des représentants de l’ordre établi qui a également échoué à convaincre.

Alexis Tsipras a réitéré à maintes reprises que lui et Syriza rejettent tout esprit de revanche. Le 38% du peuple qui a voté Oui est représenté, et sa représentation est respectée dans la mesure bien sûr de sa propre acceptation du choix de la majorité absolue de 61%.

Maintenant, avec un mandat plus fort dans ses bagages, et après avoir clairement démontré et à l’extérieur du pays que c’était lui et son gouvernement qui décident de la politique grecque, Alexis Tsipras cherchera une solution appropriée et viable au problème grec.

Un accord satisfaisant, un accord gagnant-gagnant est possible. La Grèce le souhaite et elle en a besoin. Et pour l’Europe c’est une opportunité et un défi démocratique.

Traduction:Vassiliki Papadaki