Si ce n’est pas nous, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? Par Vangelis Goulas

14 Juillet 2015

15 h 30

Si ce n’est pas nous, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors  

Cher(e)s camarades,

Cela fait des années que nous nous battons contre les politiques d’austérité et les injonctions du néolibéralisme, pour une solution politique alternative parce que nous croyons qu’il en existe.

Nous sommes dans une guerre, déclarée par les cercles néolibéraux, les plus extrêmes en Europe.

Le camarade Alexis Tsipras a donné avec persévérance la bataille pour mettre en œuvre nos exigences : NON aux mémorandums, NON à l’austérité …

Il m’est impossible de tolérer le cannibalisme des certains qui parlent trahison et pareilles choses. Lors d’un moment critique, dans un rapport de forces dramatiquement défavorable, nous avons perdu une bataille. Ce n’est pas le moment d’en attribuer les responsabilités éventuelles ; ce sera fait en deuxième temps à travers des processus collectifs. Être tout seul contre dix-huit pour lutter contre les chantages, n’est pas chose facile.

Alexis Tsipras doit immédiatement dévoiler en plein jour et dénoncer les chantages subis.

Un accord consenti avec un pistolet braqué sur la tempe ne peut être légitimé du point de vue politique, juridique, moral.

Le gouvernement de Syriza ne peut pas appliquer un accord économiquement et politiquement inapplicable. Un gouvernement de gauche ne peut pas mettre en œuvre le châtiment du peuple imaginé  par les créanciers. La solution donnée par le peuple est le NON à l’austérité, plébiscité à 61,3%.

Ce «NON» nous n’avons pu le gérer ; peut-être qu’on ne s’y attendait pas.

Camarades,

Rien n’est fini. Nous avons perdu une bataille, pas la guerre. En ce moment autant critique nous attendons des organes du parti le rejet des chantages des « institutions » et d’assurer l’unité du parti et du gouvernement.

Le pire de tout serait que Syriza devienne une force politique pro-mémorandum,  gestionnaire de l’austérité, gestionnaire d’un accord – châtiment du peuple grec – qui serait le revers obtenu du fait  qu’il s’est dressé debout.

Il n’est pas question d’être réduits à une parenthèse politique de gauche, ni de laisser champ libre à Aube Dorée pour qu’elle récupère la colère populaire.

Que le gouvernement revienne sur sa décision, même au dernier moment, de soumettre cet accord au vote parlementaire.

Encore maintenant, nous pouvons passer à la contre-attaque. Toutes ces années nous nous battons parce que nous sommes convaincus qu’il existe une alternative au néolibéralisme. Nous ne pouvons pas maintenant dire que la soumission aux diktats de l’Union européenne (Allemande) soit une voie à sens unique.

Des peuples déterminés ne s’égarent pas sans raison ni conséquences, ni ne disparaissent. Nous disons NON au catastrophisme NON à la peur, nous devons oser maintenant. Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? Si ce n’est pas nous, alors qui ?

Nous avons vu les limites de cette zone euro. L’Allemagne s’efforce de faire du néolibéralisme et de l’austérité la religion officielle de l’UE. Il faut maintenant nous avancer vers une solution alternative, d’affranchissement de la dictature de l’UE euro-germanique. Il y a toujours alternative, il n’y a pas d’impasses, la volonté démocratiquement exprimée d’un peuple ne peut être annulée par des chantages.

Que SYRIZA passe à la contre-attaque maintenant avec toutes ses forces unies.

Camarades, après le coup d’Etat du 13 juillet contre un gouvernement démocratiquement élu, rien ne sera plus pareil en Europe maintenant. Nous sommes passés vers une autre période et si ce gouvernement aurait réussi quelque chose d’important, ce serait de révéler le vrai visage de cette dictature financière.

La gauche française devra redéfinir son attitude à l’égard de la zone euro et ne pas laisser l’extrême droite récupérer la colère du peuple et sa volonté de résistance. Si j’étais à la place des députés de la Gauche Européenne, je ne pourrais jamais légitimer un accord – coup d’Etat imposé sur le gouvernement grec avec un pistolet sur sa tempe. L’adoption de cet accord ne se traduit pas en soutien à Alexis Tsipras ni au gouvernement grec. Tout le contraire.

Que passe avec toutes ses forces unies.

Passons maintenant à la contre-attaque, SYRIZA uni avec le gouvernement d’Alexis Tsipras.

Nous avons pour alliés la grande majorité du peuple grec, mais aussi l’opinion publique européenne. Il n’y a pas d’impasses, il y a toujours des alternatives.

Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? Si ce n’est pas nous, alors qui ?

Bien Fraternellement

Vangelis Goulas

Coordinateur de la section locale de Syriza à Pâris

Traduction : Athina Vlachaki